Les philosophes antiques à notre secours

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

vendredi 16 septembre 2005

Anaximène: une nouvelle version du Principe.

On ne devient pas philosophe tout seul. Anaximène a écouté Anaximandre. Mais comme on ne devient pas non plus philosophe en étant excessivement fidèle à son maître, il innove. Certes il reprend à son compte l'entreprise milésienne, identifier le fondement de la nature, mais ce qui était pour Thalès l'Eau et pour Anaximandre l'Illimité, est devenu chez lui l'Air. En l'air il a les yeux assurément, ce philosophe dont on ne conserve aucun propos sur l'homme. A l'exception de ce que lui fait dire Galien, médecin grec du 2ème siècle ap. JC :

"L'homme est totalement composé d'air" (Sur la nature de l'homme d'Hippocrate, XV, 25).

Ne pas conclure que l'homme est creux ou vide, c'est tout le contraire. Plutôt un compliment que fait Anaximène, en nous identifiant à la matière originaire du monde. Epargnés que nous sommes par les raréfactions et les condensations, deux concepts anaximènéens pour rendre compte de la genèse de la multiplicité à partir de l'unité primordiale. Préoccupé par les lointains, par le soleil et la lune, Anaximène en parle pourtant comme des objets proches. Qu'on en juge:

" Il dit que les astres ne se meuvent pas sous la Terre, ainsi que d'autres l'avaient supposé, mais autour de la Terre, comme autour de notre tête pivote le bonnet ". C'est ce que rapporte le saint évêque Hippolyte dans sa Réfutation de toutes les hérésies (I, 7)

Mais de source sûre on sait que "bonnet" est un terme d' Anaximène en personne. Comme "clous", si l'on en croit le doxographe Aétius:

"(Il) disait que les astres sont comme des clous enfoncés dans la voûte cristalline" (Opinions, II, XIV, 6)

La mobilier quotidien est aussi au rendez-vous:

" Anaximène dit que la Terre a la forme d'une table." (III, X, 3)

Diogène Laërce, lui, n'a vraiment pas grand-chose à écrire sur Anaximène: une dizaine de lignes en tout. Mais je lui sais gré de nous avoir transmis une lettre (bien sûr apocryphe) adressée par lui à Pythagore à propos de Thalès. Elle contient en effet une nouvelle version, un peu énigmatique, de la chute thalésienne:

" De nuit, comme il en avait l'habitude, s'avançant hors de son logis accompagné de sa servante, il observait les astres; et - bien sûr il ne s'en souvint pas-, étant descendu, en les observant jusqu'à l'escarpement, il tombe." (II, 4)

Et il en meurt. Ceci dit, j'ai du mal à comprendre comment il peut à la fois avoir l'habitude de l'astronomique excursion et ne pas se souvenir de la nécessité d'une marche prudente. Je note aussi que, si la servante est toujours la bien inutile accompagnatrice, elle a au moins ici la pudeur de rester muette et donc de taire ses moqueries. C'est vrai aussi que généralement on ne réprimande pas un mort. Diogène rapporte une deuxième lettre d'Anaximène adressée encore à Pythagore. Il y félicite ce dernier d'avoir fui les tyrans de Samos pour s'installer à Crotone et semble même l'envier un peu pour la tranquillité et la célébrité dont il jouit. Par comparaison, il évoque les tyrans milésiens et la menace que fait peser sur la ville la domination perse. C'est alors que ce philosophe au regard tourné vers le haut dit très bien que les conditions de la contemplation réussie se trouvent en bas, dans la paix civique:

"Comment donc Anaximène aurait-il eu encore le coeur de parler du ciel, quand il est dans la crainte de la mort ou de l'esclavage ?" (II, 5)

Le stoïcisme n'a pas encore été inventé: ce philosophe nous ressemble , comme nous, il a peur des malheurs.

mercredi 14 septembre 2005

Anaximandre et les enfants.

Diogène Laërce est le seul à rapporter, concernant Anaximandre, une étrange anecdote:

"Alors qu'il chantait, dit-on, les enfants se moquèrent: lui, s'en étant aperçu, dit: "En effet, pour un public d'enfants, il nous faut chanter mieux." (II, 2)

Bien sûr cela rappelle la moquerie dont Thalès est l'objet (cf note du 09-05-05), mais les différences sont importantes. En premier lieu, ce n'est plus une femme qui se moque mais des enfants. Certes on peut penser qu'il n'y guère de différences au sens où autant les enfants que la femme ne semblent pas pouvoir rivaliser en raison avec le philosophe. Ensuite l'activité d'Anaximandre n'a rien de contemplatif (il n'a pas le regard tourné vers le Ciel et son ordre), elle est ordinaire et ludique: il chante (c'est, si ma mémoire est bonne, le premier philosophe à qui Diogène attribue une telle action). Du coup la raison de la moquerie est énigmatique, alors qu'il n'est pas difficile de comprendre la femme moqueuse: en effet on peut trouver ridicule de chercher à s'orienter dans le ciel si l'on ne sait pas déjà cheminer sur terre. Mais pourquoi donc ces enfants se moquent-ils ? Anaximandre chante-t-il mal tout simplement ? Un philosophe n'aurait-il pas dû chanter ? Enfin, alors qu'on ne sait rien de la réaction de Thalès mais qu'on la devine (j'imagine que les rires féminins le laissent froid), celle d'Anaximandre va de manière surprenante à premiere vue dans le sens de la moquerie. Le philosophe se rendrait-il compte du modèle qu'il représente pour les enfants ? Veut-il dire que ce qu'on peut se permettre devant des adultes on ne le peut pas devant des enfants, tant ils sont portés à imiter ? Ceci dit, l'hypothèse selon laquelle des enfants seraient juges des mérites et donc instructifs par leur critique même me paraît bien douteuse, vu qu'aucun autre texte ne donne à l'enfant une telle clairvoyance. Faut-il donc appliquer plutôt à cette histoire le pseudo-proverbe: "à moqueur, moqueur et demi" ? Par son apparente approbation, Anaximandre tournerait ironiquement en dérision la prétention enfantine. Reste qu'une telle attention prêtée à la moquerie n'annonce pas du tout ce que des philosophies plus tardives s'attacheront à faire. Par exemple qu'est-ce que le stoïcisme, sinon l'apprentissage de l'indifférence à la moquerie ? Et les cyniques déjà s'entraînent à rester impassibles face aux rires ignorants. Certes ils étaient eux des moqueurs mais du haut de leur perfection ! J'ai beau avoir cherché à clarifier cette histoire: je ne sais pas si Anaximandre prend ou non les enfants au sérieux. Certes la traduction que Jean-Paul Dumont donne du passage pousse nettement à déprécier les petits juges, vu qu'il ne s'agit plus d'enfants mais de "marmaille". Il est vrai que m'entraîne dans le même sens un passage de la biographie que Diogène consacre à Empédocle:

" Diodore d'Ephèse, écrivant à propos d'Anaximandre, dit qu'Empédocle l'imita, en affectant une superbe théâtrale et une pompeuse tenue vestimentaire." (VIII, 70).

Cela sent sérieusement la vanité mais d'un autre côté j'ai appris à me méfier des philosophes quand ils parlent des philosophes...

mardi 13 septembre 2005

Anaximandre et la mer.

"Il fut aussi le premier à dessiner le contour de la terre et de la mer" (Laërce Vies et doctrines des philosophes illustres II, 1)

Pour Anaximandre, la mer n'est pas seulement la limite de la terre, mais aussi le produit d'une genèse. En effet la Terre, telle qu'on la voit, n'est pas ce qu'elle était à l'origine. C'est Aristote dans les Météorologiques qui est encore ici le premier porte-parole d'Anaximandre :

"Au commencement tout l'espace autour de la Terre était occupé par l'humide premier; puis le Soleil l'assécha et une partie, disent-ils (Aristote attribue cette position non seulement à Anaximandre mais à tous les philosophes originaires de Milet) produisit par son évaporation les vents et les mouvements du Soleil et de la Lune, tandis que la partie qui restait forma la mer; c'est pourquoi, à leur avis la mer devient de plus en plus petite en s'asséchant et finira par être un jour entièrement desséchée" (II,1, 353 b6)

La mer est donc un reste, un état intermédiaire entre le plein et le vide. Loin d'être, comme chez son maître Thalès, la matrice d'où tout est issu, l'eau, du moins en tant qu'elle est eau de mer, peut disparaître sans que la Nature cesse d'être identique à elle-même (à noter que de Thalès nous n'avons conservé aucun texte sur la mer en général, si l'on excepte le témoignage d'Hérodote selon lequel il aurait expliqué les crues du Nil par un reflux à l'intérieur des terres des eaux marines poussées par les vents). Si l'eau perd avec Anaximandre son rôle d'élément premier, elle reste tout de même de manière étonnamment moderne la source de la vie. Evolutionniste avant la lettre, Anaximandre fait naître les hommes des poissons, eux-mêmes nés de l'eau. Plutarque dans les Propos de table discute même assez précisément la pertinence de la position anaximandréenne. Finalement fort conformiste, il lui oppose l'usage cultuel traditionnel:

"Les descendants de l'antique Hellène sacrifient aussi à Poséidon né dans leur pays, car ils estiment, comme encore les Syriens, que l'homme est né de la substance humide. C'est pourquoi ils vénèrent aussi le poisson comme ayant même race et parenté que l'homme, ce qui est meilleure façon de philosopher que celle d'Anaximandre, car il ne se borne pas à affirmer que les poissons et les hommes sont de la même espèce, mais assure qu'au commencement les hommes sont nés dans les poissons et se nourrissaient comme les requins, mais que, devenus ensuite capables de subvenir eux-mêmes à leurs besoins, ils se mirent à marcher et prirent pied sur terre. Et de même que le feu dévore le bois dont il est né et qui est sa mère et son père, ainsi que l'a dit celui qui a interpolé dans les vers d'Hésiode le mariage de Céyx, de même Anaximandre, après avoir dit que le poisson est le père et la mère des hommes, osa le leur jeter en pâture." (VIII, 8, 4, 730E)

En somme Plutarque, s'il accepte la parenté entre l'homme et le poisson, refuse le lien de filiation et le parricide qui en découlerait. Filiation que plus tard en 238 l'astrologue latin Censorinus éclaire d'un jour qui n'enlève rien au mystère d'une telle genèse:

"C'est au sein de ces animaux (il s'agit de poissons ou d'animaux tout à fait semblables aux poissons) qu'ont été formés les hommes et que les embryons ont été retenus prisonniers jusqu'à l'âge de la puberté; alors seulement, après que ces animaux eurent éclaté, en sortirent les hommes et des femmes désormais aptes à se nourrir." (Du jour de la naissance IV, 7)

Je rêve sur ces premiers êtres humains nés adolescents d'une explosion animale... Le Pseudo-Plutarque justifie une telle naissance tardive:

" Anaximandre affirme encore que l'homme a été au commencement engendré à partir d'animaux d'espèce différente, compte tenu du fait que les autres animaux se nourrissent très tôt par leurs propres moyens, alors que l'homme est le seul à réclamer un allaitement prolongé: c'est pourquoi, au commencement, l'homme n'aurait pas pu trouver son salut, si sa nature avait déjà été telle qu'elle est maintenant." (Stromates, 2)

Anaximandre résout le problème de la poule ou de l'oeuf en choisissant clairement la poule ! Si, à la différence d'Adam et Eve, les premiers humains ne sont pas créés par Dieu, ils apparaissent pourtant comme eux près à enfanter, sauf qu'il semble que ces proto-poissons les aient portés sans vouloir les faire !

lundi 12 septembre 2005

Anaximandre: un naturaliste plus qu'un moraliste.

C'est la Terre qui paraît avoir été au centre des recherches d'Anaximandre. Parfaitement géocentriste, il la place au milieu du tout mais lui donne une forme sphérique. C'est du moins ce que rapporte Diogène qui lui confère aussi le beau rôle d'être le premier cartographe. Il aurait construit une sphère. J.P. Dumont en 1988 pense qu'il peut s'agir d'une sphère armillaire, c'est-à-dire d'un assemblage de plusieurs cercles en métal ou en bois représentant le ciel et le mouvement des astres et au centre desquels est placé un globe représentant notre planète. Michel Narcy écrit lui en 1999 dans l'édition des Vies à laquelle je me réfère:

"Il semble exclu qu'il s'agisse d'une sphère armillaire, incompatible avec ce qu'on sait par ailleurs de la cosmologie d'Anaximandre. Il faut probablement comprendre qu'il s'agit d'une représentation en deux dimensions de la voûte céleste, c'est-à-dire d'une carte du ciel" (p.210, note1)

A vrai dire, si on va voir ailleurs que dans Diogène, la représentation qu'Anaximandre a de la Terre s'éloigne de la sphère. Pour cet autre compilateur connu sous le nom de Pseudo-Plutarque, " la Terre, à ce qu'il prétend, a la forme d'un cylindre dont la profondeur est trois fois plus grande que la largeur." (Stromates, 2). Aétius, dont le Pseudo-Plutarque s'est inspiré, lui attribue la comparaison de la Terre à une colonne de pierre. Saint Hippolyte, évêque et martyr du 3ème siècle, précise dans sa Réfutation de toutes les hérésies:

"L'une de ses extrémités planes est la surface que nous foulons, alors que l'autre se trouve à l'extrémité opposée" (I,6).

Quant à savoir si la Terre est en mouvement, les témoignages divergent. Aristote dans le Traité du ciel fait d'Anaximandre un partisan de l'immobilité:

"Certains disent que la Terre demeure en repos du fait de son équilibre, ainsi que parmi les Anciens le dit Anaximandre. Ce qui en effet est établi au centre et dont l'équilibre est réalisé par rapport aux extrémités, ne saurait se mouvoir davantage vers le haut, vers le bas ou vers les côtés; et comme il est impossible que le mouvement se produise en même temps dans des directions contraires, il s'ensuit que la Terre demeure nécessairement en repos" (II,XIII, 295 b 10)

Théon de Smyrne, mathématicien et philosophe platonicien du 2ème siècle, lui attribue une position étrangement moderne, à condition bien sûr d'identifier anachroniquement le monde au système solaire !

"Anaximandre disait que la Terre est en suspens dans l'air. Elle se meut circulairement au centre du monde" (Commentaires, 198, 18).

Je suis étonné par le mélange d'anticipations exactes et d'erreurs que contient la cosmologie qu'on lui attribue. Rien à redire par exemple à sa position sur la Lune, rapportée, elle, par Diogène:

"Il affirmait (...) que la lune n'émet pas vraiment de lumière et qu'elle est éclairée par le soleil" (II, 1)

Quant à sa description du soleil, on ne peut pas ne pas la préférer à celle d'Epicure pour qui le soleil n'était pas plus grand qu'il ne le voyait:

"Le soleil n'est pas plus petit que la Terre et il est un feu très pur" (ibid.)

Comme ces peintres qui ont représenté les scènes bibliques en habillant les personnages des vêtements de leurs contemporains, Anaximandre se rapporte aux instruments et aux métiers de la vie quotidienne au moment d'expliquer le fonctionnement du soleil, ce qui donne un bel exemple d'"obstacle épistémologique" pour parler comme Bachelard:

"Anaximandre disait que le cercle du Soleil est vingt-huit fois plus grand que celui de la Terre, qu'il est semblable à une roue de char ayant un moyeu creux, rempli de feu, irradiant de toutes parts, en projetant le feu à travers une petite embouchure comparable au bec d'un soufflet de forge" (Aétius Opinions, II, XX, I. j'ai souligné en caractères gras les expressions qu'on pense avoir été celles-mêmes d'Anaximandre)

C'est sûr: même préoccupé d'astronomie, Anaximandre a bel et bien les pieds sur terre.

dimanche 11 septembre 2005

Anaximandre: l'inventeur de l'Illimité.

Anaximandre, né à Milet à la fin du 7ème siècle, va me mener doucement à Socrate via Anaximène, Anaxagore et enfin Archélaos. Il est l'élève de Thalès. Platon n'a pas connu son oeuvre, pas un mot sur lui dans l'ensemble des dialogues. En revanche Aristote l'a fréquentée et la présente à plusieurs reprises de manière critique dans la Physique autant que dans la Métaphysique. D'où une difficulté: dégager la pensée d'Anaximandre de la conceptualisation aristotélicienne. Le résultat de l'opération permet d'attribuer néanmoins avec certitude à Anaximandre le concept d' apeiron qu'on traduit par l'Illimité de préférence à l'Infini, terme qui a immédiatement de fâcheuses connotations théologiques. Autre concept dont Anaximandre semble avoir été l'inventeur: celui d'arkhê, le principe (ce qui commence et ce qui commande, qu'on pense au prince...). Conjoints, les deux concepts donnent la thèse d'Anaximandre: l'Illimité est le principe. Fidèle donc à son maître, il recherche l'originaire mais, en cela infidèle, il ne l'identifie pas à l'eau, ni à un autre des quatre éléments (l'air, le feu, la terre) mais à l'illimité. Si l'on cherche à préciser la nature de ce fondement, il faut se retenir de mobiliser l'opposition matière/esprit, dont Anaximandre ne paraît pas avoir disposé. Jamais il n'associa l'illimité à l'intelligence, ce qui fut dénoncé comme une insuffisance autant par celui grâce auquel on le connaît, Aristote, que par Cicéron et Saint-Augustin. Mais tenant compte de la remarque précédente, on ne parlera pas pour autant de son matérialisme... Ce qui frappe en lisant moins Diogène Laërce, assez pauvre à son sujet, que toutes les autres sources dont on dispose (pas d'effroi: ce ne sont que 16 pages dans l'excellente édition que Jean-Paul Dumont a donnée des Présocratiques dans la collection de la Pléiade), c'est qu'Anaximandre semble avoir eu à coeur, bien avant Epicure, d'expliquer la nature en remplaçant systématiquement l'invocation des raisons par la détermination des causes. Autrement dit, en faisant le deuil de la finalité et de l'intention, d'où les critiques de tous ceux qui, dans le droit fil d'Aristote, sont à la recherche d'une cause finale. Sénèque, qui, en stoïcien, devait aussi voir les limites (sic) d'une telle cosmologie, restitue en tout cas lumineusement ce mode d'explication:

"Anaximandre ramène au souffle de l'air tous ces phénomènes. Les coups de tonnerre, dit-il, sont les sons produits par les coups portés contre les nuages. Pourquoi leur force est-elle inégale ? Parce que le souffle lui-même est inégal. Pourquoi le tonnerre retentit-il même dans un ciel serein ? Parce que alors le souffle jaillit encore à travers l'air épais et déchiré." (Questions naturelles, II, 18)

Exit les dieux. A s'en tenir à la biographie de Diogène, ils ne sont mêmes plus mentionnés. Si j'en crois pourtant Aétius, appartenant comme Laërce à la confrérie des doxographes, "Anaximandre déclara que les cieux illimités sont des dieux" (Opinions, I, VII, 12). C'est un refus net de les personnifier. Anaximandre a bien déclaré la guerre à la mythologie.

page 2 de 2 -