J'annonçais dans un billet précédent une recension de l'avant-dernier livre de Jacques Bouveresse Que peut-on faire de la religion ? (Agone, 2011). On peut désormais la lire sur le site de La vie des idées.
Wittgenstein
vendredi 3 février 2012
Bouveresse sur la religion vue par Wittgenstein et Russell.
Par Philalèthe le vendredi 3 février 2012, 16:25
jeudi 8 décembre 2011
Une version wittgensteinienne de l'allégorie de la caverne.
Par Philalèthe le jeudi 8 décembre 2011, 17:58
Il a fallu attendre la parution chez Agone début janvier 2011 du dernier livre, très intéressant, de Jacques Bouveresse Que peut-on faire de la religion ? pour découvrir un inédit de Wittgenstein datant sans doute de 1925 et évoquant irrésistiblement comme une variante de l'allégorie platonicienne de la caverne. Voici ce texte extraordinaire (pour l'interprétation, je renvoie à l'ouvrage de Bouveresse et de Ilse Somavilla, puis, accessoirement, à ma recension à paraître bientôt. Le titre en est : l'homme dans la cloche de verre rouge.
" Si on compare l'idéal spirituel (l'idéal religieux) pur avec la lumière
blanche, alors on peut comparer les idéaux des différentes cultures avec les
lumières colorées qui sont produites lorsque la lumière pure apparaît à travers
des verres colorées qui sont produites lorsque la lumière pure apparaît à
travers des verres colorés. Imagine-toi un homme qui depuis sa naissance vit
toujours dans un espace où la lumière ne pénètre qu'à travers des vitres
rouges. Celui-ci ne pourra peut-être pas s'imaginer qu'il y ait une autre
lumière que la sienne (la rouge) ; il considérera la qualité rouge comme
essentielle à la lumière ; et même, en un certain sens, il ne remarquera
pas du tout la rougeur de la lumière qui l'environne. En d'autres termes, il
considérera sa lumière comme la lumière et non pas comme une espèce
particulière d'obscurcissement de la seule et unique lumière (ce
qu'elle est pourtant en réalité). Cet homme se déplace à présent d'un endroit à
un autre dans son espace, examine les objets, formule des jugements sur eux,
etc. Mais, étant donné que son espace n'est pas l'espace, mais seulement une
partie de l'espace - limitée par le verre rouge -, il se heurtera
forcément, pour peu qu'il se déplace suffisamment loin, à la limite de cet
espace. À ce moment-là, des choses différentes peuvent se produire.
L'un reconnaîtra à présent l'existence d'une limite ; mais il ne peut pas
pénétrer à travers le verre et il va maintenant se résigner. Il dira : "
Ma lumière n'était donc sans doute quand même pas la lumière.
La lumière, nous ne pouvons que la pressentir et nous devons nous
satisfaire de la lumière obscurcie que nous avons." Cet homme deviendra alors
ou doué d'humour ou mélancolique ou les deux alternativement.
Car l'humour + la mélancolie sont des états de l'homme qui se résigne. C'est
pourquoi l'homme ne les connaît pas autrement avant d'être parvenu à la limite
de son espace, bien qu'il puisse naturellement aussi être joyeux + triste (mais
joyeux + triste n'est pas plein d'humour + mélancolique). Un autre homme se
heurtera à la limite qui circonscrit l'espace, mais n'aura pas les idées tout à
fait claires sur le fait que c'est la limite et il prendra la chose comme s'il
avait buté sur un corps à l'intérieur de l'espace. Pour celui-là rien
ne change véritablement, il continue à vivre comme auparavant.
Un troisième enfin dit : je dois traverser pour aller dans
l'espace et dans la lumière. Il passe à travers le verre et
il sort de la limite qui le borne et arrive à l'air libre.
L'application : l'homme dans la cloche de verre rouge est l'humanité dans
une culture particulière, par exemple dans la culture occidentale qui a
commencé à peu près avec la migration des peuples et a atteint au XVIIIème un
de ses sommets - son dernier, je crois. La lumière est l'idéal, et la lumière
obscurcie l'idéal culturel. Celui-ci est considéré comme l'idéal tant
que l'humanité n'est pas encore parvenue à la limite de cette culture. Mais tôt
ou tard elle arrivera à cette limite, car toute culture n'est qu'une partie
limitée de l'espace. - Avec le début du XIXème siècle (du XIXème siècle
spirituel), l'humanité s'est heurtée à la limite de la culture occidentale. Et
maintenant arrive l'acidité : la mélancolie + l'humour (car les
deux sont acides). Et à présent on peut dire assurément : tout homme
qui compte à cette époque (au XIXème siècle) est ou bien humoriste ou bien
mélancolique (ou bien les deux), et l'est de façon d'autant plus intense qu'il
compte davantage ; ou bien il passe à travers la barrière et devient
religieux ; et là, à vrai dire, il arrive aussi que quelqu'un ait déjà mis
la tête à l'air libre, mais, aveuglé par le soleil, il la retire à nouveau, et
maintenant, avec mauvaise conscience, il continue de vivre dans la cloche de
verre. On peut donc dire : l'homme qui compte a toujours d'une manière ou
d'une autre affaire à la lumière (c'est cela qui fait de lui un homme qui
compte) ; s'il vit au milieu de la culture, alors il a affaire à la
lumière colorée ; s'il arrive à la limite de la culture, alors il doit
s'explique avec elle et maintenant c'est cette explication, son espèce
+ son intensité qui nous intéressent en lui, qui nous empoignent dans
son oeuvre.
( Elles nous empoignent ) d'autant plus fortement que cette intensité est plus
grande, d'autant moins qu'elle est moindre. Le talent, même encore aussi
extraordinaire qu'on voudra, qui a senti la limite mais se débrouille avec elle
d'une façon qui n'est que superficielle + nébuleuse ne peut plus nous
empoigner par ses jeux, même par les plus beaux (ils ont plutôt à
proprement parler perdu l'élément essentiel de la beauté et ne nous plaisent
plus que parce qu'ils nous rappellent ce qui était beau dans une époque
passée) ; excepté là où les forces se rassemblent néanmoins en une
explication plus profonde. C'est - je crois -le cas de Mendelssohn. La
particularité - c'est-à-dire, l'originalité - même la plus prononcée n'est pas
ce qui empoigne (sans quoi Wagner devrait nous empoigner plus que tous
les autres) ; elle n'est pour ainsi dire que quelque chose d'animal.
L'explication avec l'esprit, avec la lumière, empoigne. - C'est assez pour une
fois." (traduit par Jacques Bouveresse)
jeudi 22 septembre 2011
Wittgenstein et le mal de dent inconscient (et autres expressions de même farine) ou que certaines découvertes ne sont pas aussi prodigieuses qu'on est porté à le croire.
Par Philalèthe le jeudi 22 septembre 2011, 07:19
Il est courant dans un esprit d'inspiration wittgensteinienne de déclarer que certains énoncés comme "le cerveau classe, pense, juge, croit en Dieu etc" sont absolument inintelligibles parce qu'ils reviennent à attribuer à un organe une activité humaine et sociale. Il me semble cependant que Wittgenstein ne rejette pas absolument de tels énoncés mais se contente de les suspecter aussi longtemps qu'ils ne sont pas traduisibles en propositions intelligibles. C'est ainsi que dans Le Cahier bleu, il écrit :
" On pourrait trouver pratique d'appeler "mal de dents inconscient" certaines caries qui ne sont pas accompagnées de ce que nous appelons communément mal de dent, et d'utiliser dans ce cas l'expression selon laquelle nous avons mal aux dents mais sans le savoir. C'est précisément en ce sens que la psychanalyse parle de pensées inconscientes, d'actes de volition inconscients, etc. Maintenant est-il faux de dire, en ce sens, que j'ai mal aux dents mais que je ne le sais pas ? Il n'y a là rien de faux, dans la mesure ou c'est seulement une nouvelle terminologie, qui peut être retraduite à chaque instant dans le langage ordinaire." (p. 64, Gallimard, 1996)
Sur le point qui m'intéresse aujourd'hui, l'essentiel me paraît dit. Mais quelques lignes plus loin, Wittgenstein est encore éclairant :
" Ainsi l'expression "mal de dent inconscient" peut ou bien vous induire à penser, a tort, qu'une découverte prodigieuse a été faite, une découverte qui en un sens laisse notre entendement complètement stupéfait ; ou bien il se peut que l'expression vous rende extrêmement perplexes (perplexité de la philosophie), et peut-être poserez-vous alors une question comme : " Comment un mal de dent inconscient est-il possible ?" Il se peut alors que vous soyez tentés de nier la possibilité d'un mal de dent inconscient ; mais le savant vous dira que l'existence d'une telle chose est un fait prouvé, et il le dira comme un homme qui est en train de détruire un préjugé répandu. Il dira : " En fait c'est assez simple ; il y a bien d'autres choses dont vous ne savez rien, et il se peut aussi qu'il y ait un mal de dent dont vous ne sachiez rien. C'est tout simplement une découverte récente." Vous ne serez pas satisfaits mais vous ne saurez pas quoi répondre. Le savant et le philosophe se retrouvent sans cesse dans cette situation." (ibid. p.65)
Wittgenstein ne rejette a priori aucun énoncé. Même "les célibataires sont mariés" est une proposition qui n'est contradictoire que dans l'usage reçu des concepts. Si quelqu'un parvient à traduire de manière intelligible pour autrui la proposition en question - ce qui supposera une redéfinition en termes intelligibles d'un au moins des deux concepts -, on aura alors non pas une découverte fantastique ("les célibataires ne sont pas ce qu'on croyait !") mais un nouvel usage des concepts ordinaires. Il est clair que cette manière de voir présuppose une sorte d'arrière-plan conceptuel immuable, servant précisément à ramener à l'ordinaire ce qui prétend être un bouleversement radical de la manière commune de voir les choses (il me semble que c'est cet arrière-plan que Jocelyn Benoist explore dans son dernier ouvrage Éléments de philosophie réaliste (2011) et que donc son travail s'inscrit dans la tradition ouverte par De la certitude, dernier texte de Wittgenstein ). Retraduite ainsi, la psychanalyse ne devrait pas se heurter aux critiques des conscientialistes, du genre d'Alain par exemple. Il en va de même pour toutes les manières de parler qui expliquent l'homme en attribuant au cerveau les propriétés de l'être humain vivant et social.
vendredi 27 mai 2011
Les philosophes antiques peuvent-ils nous aider ?
Par Philalèthe le vendredi 27 mai 2011, 13:16
Wittgenstein (1937) dans les Remarques mêlées (GF p.92-93):
" Qu'est-ce donc qui m'incline, moi aussi, à croire en la résurrection du Christ ? Je joue pour ainsi dire avec cette idée. S'il n'est pas ressuscité, alors il s'est décomposé dans la tombe, comme tout homme. Il est mort et décomposé. Dès lors il est un maître comme tous les autres, il ne peut plus nous aider ; et nous sommes de nouveau orphelins et seuls. Il nous est loisible alors de nous satisfaire de la sagesse et de la spéculation. Nous sommes, comme dans un enfer, où nous ne pouvons que rêver, séparés du ciel comme par une voûte. Mais si je dois réellement être sauvé, alors c'est la certitude qu'il me faut, non la sagesse, les rêves, la spéculation - et cette certitude est la Foi."
Zénon (le stoïcisme) , Épicure, Pyrrhon (le scepticisme) , pour ne citer que
trois fondateurs, ne nous apporteraient que des sagesses spéculatives.
J'entendrai par sagesse spéculative une sagesse qui prétend être déductible
d'une théorie, même si cela paraît bien peu sceptique de parler d'une théorie
sceptique ! Ils ne nous feraient que rêver, tant est grande la distance
entre la connaissance théorique de leur sagesse et la pratique de cette même
sagesse. Est-elle même franchissable ?
Il semble que leur faire confiance revient à faire confiance dans la terre (ce
sont des hommes comme nous, mortels qui ne nous parlent plus qu'à travers leurs
voix cacophoniques). Wittgenstein semble ici vouloir dire qu'on ne peut accéder
au ciel que par en haut. On ne se hisse pas vers le ciel, on est tiré par
lui ?
" Aussi peut-il se produire que si, au lieu de mettre ta confiance dans la terre, tu te suspends pour ainsi dire au ciel. Alors tout est autre, et il n'est "pas étonnant" que tu sois alors capable de ce dont tu es pour l'heure incapable. (Un homme suspendu a certes le même aspect qu'un homme debout, mais le jeu des forces en lui est tout autre, ce qui lui permet d'agir tout autrement que celui qui est debout.) (p.93)
Ce mécanisme de la suspension reste à déterminer. Il me semble que Wittgenstein ici exclut le volontarisme (on ne croit en Dieu par volonté) :
" Sois d'abord sauvé et tiens ferme à ta rédemption (tiens la fermement) - tu verras alors que tu tiens ferme sur cette foi."
Le texte allemand apporte une précision que ne rend pas la traduction :
" Sei erst erlöst und halte an Deiner Erlösung (halte deine Erlösung) fest - dann wirst du sehen, dass Du an diesem Glauben festhältst."
On voit que Wittgenstein utilise le même mot sous forme de substantif (die Erlösung) et de verbe (erlösen). Alors on pourrait traduire ainsi :
" D'abord sois délivré et tiens ferme à ta délivrance (tiens la fermement) - alors tu verras que tu tiens ferme à cette foi."
La question est alors de savoir par qui on est délivré. Par un autre que soi ? Non par l'amour, par la certitude que donne l'amour :
" L'amour seul peut croire en la résurrection "
D'autres textes sont clairs sur ce point : il ne s'agit pas de croire dans la résurrection du Christ comme on croit dans la mort de Franco le 20 Novembre 1975. Il ne s'agit pas non plus d'un pari pascalien (y croire parce que, si c'est vrai, on gagne infiniment alors que si c'est faux, on ne perd rien). La certitude religieuse ne paraît pas non plus être identifiable aux certitudes dont traite Wittgenstein dans son dernier ouvrage, précisément ces gonds sur lesquels les disputes peuvent tourner (655). Certes un enfant pourrait croire en Dieu ou ne pas croire en lui, comme il croit, parce qu'on le lui a dit, que les hommes sont allés sur la Lune (107, même si, en 1951, on disait que personne n'était allé sur la Lune). Mais la certitude à laquelle se réfère ici Wittgenstein n'est pas non plus celle de l'enfant crédule. Elle paraît avoir deux propriétés peut-être contradictoires : avoir une force indiscutable et être l'objet d'une quête.
Wittgenstein n'a-t-il pas rêvé (pour lui, d'abord) d'une conversion libre débouchant sur une foi qui précisément caractérise le charbonnier ?
jeudi 28 avril 2011
Du philosophe et du politique, qui est le fou ?
Par Philalèthe le jeudi 28 avril 2011, 17:39
1) Le politique !
Pascal :
" On ne s'imagine Platon et Aristote qu'avec de grandes robes de pédants. C'étaient des gens honnêtes et comme les autres, riant avec leurs amis. Et quand ils se sont divertis à faire leurs lois et leurs politiques, ils l'ont fait en se jouant. C'était la partie la moins philosophe et la moins sérieuse de leur vie ; la plus philosophe était de vivre simplement et tranquillement. S'ils ont écrit de politique, c'était comme pour régler un hôpital de fous. Et s'ils ont fait semblant d'en parler comme d'une grande chose, c'est qu'ils savaient que les fous à qui ils parlaient pensent être rois et empereurs. Ils entrent dans leurs principes pour modérer leur folie au moins mal qu'il se peut " (Pensée 472 éd. Le Guern)
Russell :
" Un homme qui a souffert quelque humiliation invente une théorie selon laquelle il est roi d'Angleterre et il trouve toutes sortes d'explications ingénieuses pour justifier le fait qu'il n'est pas traité avec tous les égards dus à sa haute situation. Dans ce cas particulier, son illusion ne provoque pas de sympathie de la part de ses voisins et c'est pourquoi ils l'enferment. Mais, si, au lieu d'affirmer sa propre grandeur, il affirme la grandeur de sa nation ou de sa classe ou de sa foi, il gagne des armées d'adhérents et devient un chef politique ou religieux, même si, pour un observateur impartial, son opinion semble aussi absurde que celle qu'on trouve dans les asiles de fous" (Essais sceptiques p.23 Les Belles Lettres 2011)
2) le philosophe !
Wittgenstein :
" Le philosophe est quelqu'un qui doit guérir en lui-même de nombreuses maladies de l'entendement avant de pouvoir parvenir aux saines notions du sens commun " (1944)
" Si dans la vie nous sommes environnés par la mort, pareillement dans la santé de l'entendement, nous sommes environnés par la folie " (1944)
mardi 12 avril 2011
L’enseignement de la philosophie : vérité chaude et vérité froide réchauffée.
Par Philalèthe le mardi 12 avril 2011, 19:18
« Wittgenstein se demandait si Norman continuerait d’enseigner la philosophie quand il serait plus vieux, et s’il en serait content. Au début de leur rencontre, il lui avait conseillé de ne pas le faire, et à maintes reprises. Plus tard, une fois que sa décision a été prise, W. a laissé tomber. Mais maintenant ? J’ai suggéré que W. lui-même n’avait pas tout le temps eu la même attitude à l’égard de son enseignement. Et ici, je crois qu’il a souhaité faire une distinction entre le fait que lui le faisait et le fait que quelqu’un d’autre le fasse. Il a dit qu’une fois il avait eu un étudiant – maintenant professeur à ***. Il lui a dit : « Supposez donc que je sache la vérité – chaude et incandescente – et que je puisse vous l’enseigner. S’ensuivrait que, vous aussi, vous pourriez l’enseigner – maintenant froide et réchauffée ? Bien sûr que non. Mais le pauvre est maintenant professeur, et très mauvais. » En tout cas, W. ne pouvait plus supporter maintenant d’enseigner à de futurs enseignants. Les étudiants à qui il est à peu près certain d’avoir fait du bien ne sont pas philosophes. L’un d’entre eux est médecin, le docteur Drury à Dublin, et quelques-uns sont mathématiciens. Il n’a pas fait mention de ceux qui sont par ailleurs ses proches amis en philosophie. De cette façon, la philosophie, son étude, est simplement un entraînement à mieux penser – à clarifier et éliminer les confusions. Une fois celles-ci clarifiées, nous voilà prêts pour un autre travail. » ( Bouwsma Conversations avec Wittgenstein 17 août 1949)
Le professeur de philosophie passerait donc son temps à réchauffer pour ses élèves un plat qu’il aurait dû avaler une fois pour toutes afin d’avoir l’esprit libre pour faire autre chose ? Ou bien se dévouerait-il à sacrifier sa vie à faire passer les plats réchauffés afin que quelques-uns parmi les nombreux qui l’ont écouté pussent être disponibles pour faire un travail non-philosophique ? Mais peut-on être à la fois malade et bon médecin ?
dimanche 10 avril 2011
Wittgenstein, Dieu et le voisin.
Par Philalèthe le dimanche 10 avril 2011, 17:06
Spinoza a intitulé De Deo (De Dieu) la première partie de
l' Éthique.
Wittgenstein ne voulait et ne pouvait donner ni recevoir des leçons sur Dieu.
Cependant il a désiré passionnément maintenir un lien avec Lui mais l'a-t-il pu
?
" Bach a écrit sur la page de titre de son Orgelbüchlein : " À la
gloire du Très-Haut, et que mon voisin puisse en bénéficier." C'est ce que
j'aurais aimé dire de mon travail."
C'est ce qu'il écrit à Drury dans une
lettre citée par Ray Monk
(p.531).
Pour Wittgenstein, la gloire de Dieu et l'utilité pour l'humanité ne semblent
pas être clairement séparables. L'un et l'autre sauvent de la vanité et
traduisent le fait que le problème de la vie ne se pose pas ou ne se pose
plus.
" Je me sens un étranger dans ce monde. Si rien ne vous relie à l'humanité ou à
Dieu, alors vous êtes un étranger." (28-7-1947)
vendredi 8 avril 2011
Platon, Wittgenstein et le soleil.
Par Philalèthe le vendredi 8 avril 2011, 10:21
Dans La République VII, Platon présente allégoriquement l'accès à la connaissance comme la sortie en dehors d'une caverne et, en ultime étape, la vue directe du soleil :
" - Alors, je pense que c'est seulement au terme de cela qu'il serait enfin capable de discerner le soleil, non pas dans ses manifestations sur les eaux ou dans un lieu qui lui est étranger, mais lui-même en lui-même, dans son espace propre, et de le contempler tel qu'il est ". (516b éd. Brisson)
" Ensuite, nous avons roulé jusqu'au sommet de la colline près de la bibliothèque et avons regardé la ville. La lune était dans le ciel. "Si j'avais dessiné les plans, je n'aurais jamais fait le soleil. Regardez ! Comme c'est beau ! Le soleil est trop brillant et trop chaud." Il a dit, peu après . " Et s'il n'y avait que la lune, il n'y aurait ni lecture, ni écriture." (Bouwsma Conversations avec Wittgenstein, 5 août 1949)
jeudi 7 avril 2011
Wittgenstein, Freud et l'ivresse des cours.
Par Philalèthe le jeudi 7 avril 2011, 22:04
" Avant, sur le banc, il avait dit aussi que toutes les années durant lesquelles il avait enseigné avaient fait plus de mal que de bien. Et il les a comparées à l'enseignement de Freud. Les cours, comme le vin, avaient enivré les gens. Ils ne savaient pas comment les utiliser sobrement. Est-ce que je comprenais ? Oh oui, ils avaient trouvé une formule. Exactement " (Conversations avec Wittgenstein, 5 Août 1949)
mercredi 6 avril 2011
À quoi donc servaient les cours de Wittgenstein ?
Par Philalèthe le mercredi 6 avril 2011, 21:12
" Mes cours se passent bien, ils ne se passeront jamais mieux. Mais quels effets laissent-ils derrière eux ? Cela aide-t-il quelqu'un ? Pas plus certainement que si j'étais un grand acteur interprétant pour eux de grands rôles tragiques. Ce qu'ils apprennent ne vaut pas la peine d'être appris ; et l'impression que je fais sur eux ne leur sert à rien. Cela vaut pour tous, à une ou deux exceptions près, peut-être" (19-11-1946)
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