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  <title>Les philosophes antiques à notre secours - Philosophie antique</title>
  <link>http://www.philalethe.net/</link>
  <description></description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Thu, 24 Jul 2008 21:41:38 +0200</pubDate>
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    <title>La philosophie des professeurs !</title>
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    <pubDate>Thu, 22 Nov 2007 06:44:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Philosophie antique</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&amp;quot; En Grèce un penseur n'était pas un existant diminué qui produisait des
chefs d'oeuvre mais était lui-même un chef d'oeuvre d'existant (...) Que les
dires sur la pensée ne se rédupliquent pas dans l'idée qu'on a du penseur,
autrement dit, que son existence contredise sa pensée, cela montre que l'on est
simplement en présence d'un professeur &amp;quot; écrit Kierkegaard en 1846 dans le
&lt;strong&gt;Post-scriptum non-scientifique et définitif aux Miettes
philosophiques&lt;/strong&gt; ( 2ème partie 2ème section chap. 3 par.1 trad.
Tisseau).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Redonner à la philosophie sa fonction grecque: on peut voir sous ce jour une
partie de l'oeuvre de Pierre Hadot.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Est-ce sage de voyager ?</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2007/06/19/Est-ce-sage-de-voyager</link>
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    <pubDate>Tue, 19 Jun 2007 18:53:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Philosophie antique</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Diogène de Sinope écrit dans une courte lettre pseudépigraphe adressée à
Rhésos:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot;Phrynicos de Larissa, mon disciple, brûle de voir Argos, nourricière de
chevaux, mais comme il est philosophe, il ne te demandera pas grand chose.&amp;quot;
(&lt;strong&gt;Lettres de Diogène et Cratès&lt;/strong&gt; Actes Sud p.87)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui me donne l'idée de quatre sages conseils portant sur les voyages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord d'inspiration cynique:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot;Tu ne voyageras pas car seuls le font ceux qui attendent du plaisir d'un
tel déplacement mais tu sais que tu vas déjà à ta perte en recherchant le
plaisir là où tu es; certes il se peut que tu sois chassé de ta ville mais
là-bas comme ici tu auras toujours de quoi vivre selon la nature. Quant aux
hommes que tu rencontrerais au bout du monde, n'imagine pas qu'ils ne soient
pas comme ici: aux trois quarts fous.&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite l'épicurien avertirait:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot;Ne quitte surtout pas la communauté de tes amis ! A te hasarder sur le
chemin, tu ne ferais que risquer de perdre ce qui ici déjà assure ton bonheur.
Certes la beauté des paysages inconnus attire les hommes ordinaires mais la
campagne calme et douce qui entoure notre cité doit te donner tout le plaisir
que peut t'apporter la vue des belles formes naturelles. Ne sais-tu pas que si
tu cours le monde à la recherche de paysages encore plus éblouissants, tu
mourras toujours trop tôt ?&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin le stoïcien rappellerait:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot;Est-ce ton devoir de voyager ? Examine ce que te commande ta fonction
et ne dépasse pas les limites décentes qu'elle implique. Sache en effet que le
voyage, et cela d'autant plus qu'il est inhabituel et lointain, mettra à
l'épreuve ton principe directeur. Il te faudra de la force pour savoir ni
condamner ni louanger les usages nouveaux que tu découvriras. Une réserve
excessive ferait des gens de la nouvelle cité autant de personnes hostiles à
ton égard et une souplesse infinie te réduirait à faire ce qu'eux jugent dignes
de faire. Voyage donc peu et à condition expresse que la nécessité t'y oblige,
en outre prends soin de voir cette excursion en dehors de nos frontières comme
une épreuve et un exercice ! Ne sois pas l'homme de ta ville dans la cité
des autres, ne deviens pas non plus un des leurs. Conduis-toi ici comme
ailleurs en homme raisonnable et ne respecte les moeurs étrangères, comme les
nôtres d'ailleurs, que dans la stricte mesure où la raison le commande !&amp;quot;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Descartes et Pascal s’intéressaient-ils à la philosophie antique ? (3)</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2006/09/15/306-descartes-et-pascal-sinteressaient-ils-a-la-philosophie-antique-3</link>
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    <pubDate>Fri, 15 Sep 2006 19:03:15 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Philosophie antique</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;C&amp;#8217;est un passage canonique de la première partie du &lt;strong&gt;Discours de la méthode&lt;/strong&gt; (1637). Descartes y passe en revue les disciplines qu&amp;#8217;on lui a enseignées. Après avoir traité de l&amp;#8217;éloquence et de la poésie, il passe aux mathématiques&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Je me plaisais surtout aux mathématiques, à cause de la certitude et de l&amp;#8217;évidence de leurs raisons&amp;nbsp;; mais je ne remarquais point encore leur vrai usage, et pensant qu&amp;#8217;elles ne servaient qu&amp;#8217;aux arts mécaniques, je m&amp;#8217;étonnais de ce que, leurs fondements étant si fermes et si solides, on n&amp;#8217;avait rien bâti dessus de plus relevé.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C&amp;#8217;est par opposition aux mathématiques qu&amp;#8217;il introduit son jugement sur les philosophes antiques&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Comme, au contraire, je comparais les écrits des anciens païens qui traitent des m&amp;#339;urs, à des palais fort superbes et fort magnifiques qui n&amp;#8217;étaient bâtis que sur du sable et sur de la boue.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Bien que Descartes prenne souvent l&amp;#8217;architecte comme métaphore du bâtisseur de  savoir, si je n&amp;#8217;ai pas de mal à imaginer un palais inesthétique reposant sur des fondations inébranlables, il me coûte de penser qu&amp;#8217;il est possible de construire un monument remarquable sans assurer les fondations. &lt;br /&gt;
Reste l&amp;#8217;idée, d&amp;#8217;une grande clarté&amp;nbsp;: les affirmations fondamentales des anciens philosophes ne valent rien, jugement qu&amp;#8217; on comprend aisément si on se rappelle que dans son opus magnum, les &lt;strong&gt;Méditations métaphysiques&lt;/strong&gt; (1641), Descartes se donne comme tâche de démontrer, outre la distinction entre l&amp;#8217;âme et le corps, l&amp;#8217;existence de Dieu.&lt;br /&gt;
Il va alors de soi que les systèmes épicurien ou stoïcien, entre autres, n&amp;#8217;ont pas à ses yeux des ontologies correctes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La suite du texte suggère que Descartes vise au premier plan le stoïcisme&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Ils élèvent fort haut les vertus, et les font paraître estimables par-dessus toutes les choses qui sont au monde&amp;nbsp;; mais ils n&amp;#8217;enseignent pas assez à les connaître, et souvent ce qu&amp;#8217;ils appellent d&amp;#8217;un si beau nom n&amp;#8217;est qu&amp;#8217;une insensibilité ou un orgueil, ou un désespoir ou un parricide.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il suffirait d&amp;#8217;enlever à cette citation un court passage («&amp;nbsp;mais&amp;#8230;connaître&amp;nbsp;») pour en faire un texte digne de La Rochefoucauld, qui alors ne traiterait pas de certains philosophes anciens mais des hommes en général en tant que mus par l&amp;#8217;amour-propre, «&amp;nbsp;le plus grand de tous les flatteurs&amp;nbsp;» (&lt;strong&gt;Maxime 4&lt;/strong&gt; Edition de 1678). Rappelons qu&amp;#8217;en exergue du recueil, La Rochefoucauld a écrit&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Nos vertus me sont, le plus souvent, que des vices déguisés&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans le droit fil de l&amp;#8217;interprétation cartésienne, Pascal pathologise aussi, si on me permet l'expression, le stoïcisme&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Ils (&lt;em&gt;les stoïques&lt;/em&gt;) concluent qu&amp;#8217;on peut toujours ce qu&amp;#8217;on peut quelquefois et que, puisque le désir de la gloire fait bien faire à ceux qu&amp;#8217;il possède quelque chose, les autres le pourront bien aussi.
Ce sont des mouvements fiévreux que la santé ne peut imiter.&amp;nbsp;» ( &lt;strong&gt;Pensée 136&lt;/strong&gt; Ed. le Guern).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pascal identifie clairement l'origine des errances de ces philosophes pré-chrétiens&amp;nbsp;: leur manque de connaissance des Ecritures, d&amp;#8217;où ces deux travers symétriques que sont l&amp;#8217;orgueil (les stoïciens) et la paresse (les sceptiques)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Sans ces divines connaissances, qu&amp;#8217;ont pu faire les hommes sinon ou s&amp;#8217;élever dans le sentiment intérieur qui leur reste de leur grandeur passée (&lt;em&gt;c&amp;#8217;est le péché originel que les stoïciens ne prennent pas en compte&lt;/em&gt;), ou s&amp;#8217;abattre dans la vue de leur faiblesse présente (&lt;em&gt;c&amp;#8217;est leur source divine que les sceptiques ignorent&lt;/em&gt;). Car ne voyant pas la vérité entière, ils n&amp;#8217;ont pu arriver à une parfaite vertu&amp;nbsp;; les uns considérant la nature comme incorrompue, les autres comme irréparable, ils n&amp;#8217;ont pu fuir ou l&amp;#8217;orgueil ou la paresse qui sont les deux sources de tous les vices, puisqu&amp;#8217;il ne peut sinon ou s&amp;#8217;y abandonner par lâcheté, ou en sortir par l&amp;#8217;orgueil. Car s&amp;#8217;ils connaissaient l&amp;#8217;excellence de l&amp;#8217;homme, ils en ignorent la corruption, de sorte qu&amp;#8217;ils évitaient bien la paresse, mais ils se perdaient dans la superbe et s&amp;#8217;ils reconnaissaient l&amp;#8217;infirmité de la nature, ils en ignorent la dignité, de sorte qu&amp;#8217;ils pouvaient bien éviter la vanité (&lt;em&gt;entendons celle des stoïciens&lt;/em&gt;) mais c&amp;#8217;était en se précipitant dans le désespoir.
De là viennent les diverses sectes des stoïques et des épicuriens, des dogmatistes et des académiciens etc.&amp;nbsp;» (&lt;strong&gt;Pensée 194&lt;/strong&gt;)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pascal mène ici une entreprise de psychologisation de la philosophie ancienne&amp;nbsp;: pour lui pas de philosophie saine sans confiance dans la Révélation.&lt;br /&gt;
Descartes, lui, a essayé de construire avec les seules armes de la raison bien dirigée un édifice qui ne doive rien aux croyances, même si ce qu&amp;#8217;il fait monter de la terre ne se heurtera jamais à quoi que ce soit venu du Ciel.&lt;br /&gt;
D&amp;#8217;ailleurs Pascal a écrit sur lui quatre mots assassins&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Descartes inutile et incertain&amp;nbsp;» (&lt;strong&gt;Pensée 702&lt;/strong&gt;)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A ses yeux, les vies philosophiques ne valent pas mieux que les vies ordinaires. Réfléchissant sur l&amp;#8217;ordre de présentation de ses pensées, il évoque une possibilité&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Pour  montrer la vanité de toutes sortes de conditions, montrer la vanité des vies communes et puis la vanité des vies philosophiques, pyrrhoniennes, stoïques.&amp;nbsp;» (&lt;strong&gt;Pensée 588&lt;/strong&gt;).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Curieux&amp;nbsp;: le cynique, qui pourtant aurait fait pour ces philosophes classiques une cible idéale, n&amp;#8217;est, à ma connaissance, pas mentionné.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Qui s'intéresse encore aux philosophes antiques ? (2)</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2006/09/09/305-qui-s-interesse-encore-aux-philosophes-antiques-2</link>
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    <pubDate>Sat, 09 Sep 2006 13:52:44 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Philosophie antique</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Socrate et Aristodème  se rendent ensemble au banquet organisé par Agathon&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Or, chemin faisant, Socrate, qui s&amp;#8217;était absorbé en lui-même, resta un peu en arrière&amp;nbsp;; et comme je l&amp;#8217;attendais, il me pria de continuer. Arrivé devant la maison d&amp;#8217;Agathon, j&amp;#8217;en trouvai la porte ouverte&amp;nbsp;; une plaisante aventure m&amp;#8217;attendait. En effet, un esclave sortit aussitôt à ma rencontre pour me conduire où étaient installés les convives que je trouvai déjà sur le point de souper&amp;nbsp;; sitôt qu&amp;#8217;il m&amp;#8217;eut aperçu, Agathon s&amp;#8217;écria&amp;nbsp;: - Aristodème, tu arrives à point pour te joindre à nous&amp;nbsp;; si quelque autre affaire t&amp;#8217;amenait, fais-moi la grâce de la remettre à plus tard&amp;nbsp;! Hier d&amp;#8217;ailleurs, je t&amp;#8217;avais cherché partout pour t&amp;#8217;inviter&amp;#8230; Mais, Socrate&amp;nbsp;? Comment se fait- il que tu ne nous l&amp;#8217;amènes pas&amp;nbsp;? Je me retourne&amp;nbsp;: plus de Socrate&amp;nbsp;! J&amp;#8217;expliquai que j&amp;#8217;étais pourtant venu avec lui, que c&amp;#8217;était même lui qui m&amp;#8217;avait décidé. &amp;#8211; Et tu as fort bien fait&amp;nbsp;! dit Agathon. Mais où peut-il bien être&amp;nbsp;? &amp;#8211; Il était encore derrière moi à l&amp;#8217;instant&amp;nbsp;; je me demande moi aussi où il sera passé. &amp;#8211; Va voir&amp;nbsp;! dit Agathon à un esclave, et ramène-le nous&amp;nbsp;! Et toi, Aristodème, prends place ici, à côté d&amp;#8217;Eryximaque. A ce moment, continua-t-il, comme un garçon me lavait les pieds pour me permettre de m&amp;#8217;étendre, un autre accourut, annonçant que ce monsieur Socrate, réfugié dans le vestibule des voisins, y restait planté sans vouloir écouter ses appels. &amp;#8211; Que me chantes-tu là&amp;nbsp;? dit Agathon. Cours l&amp;#8217;appeler et ne le laisse pas filer&amp;nbsp;! &amp;#8211; Non, non&amp;nbsp;! laissez-le, intervins-je, c&amp;#8217;est son habitude de s&amp;#8217;isoler ainsi et de rester planté où bon lui semble. Il ne tardera pas, croyez-moi. Ne le dérangez pas. &amp;#8211; A ton gré, dit Agathon.&amp;nbsp;» (&lt;strong&gt;Le Banquet&lt;/strong&gt; Platon traduction de Jaccottet)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;&lt;ins&gt;Dignité perdue&lt;/ins&gt;.&lt;br /&gt;
La méditation a perdu toute sa dignité de forme, on a tourné au ridicule le cérémonial et l&amp;#8217;attitude solennelle de celui qui réfléchit et l&amp;#8217;on ne tolérerait plus un homme sage du vieux style. Nous pensons trop vite, nous pensons en chemin, tout en marchant, au milieu des affaires de toute espèce, même lorsqu&amp;#8217;il s&amp;#8217;agit de penser aux choses les plus sérieuses&amp;nbsp;; il ne nous faut que peu de préparation, et même peu de silence&amp;nbsp;: c&amp;#8217;est comme si nous portions une machine d&amp;#8217;un mouvement incessant, qui continue à travailler, même dans les conditions les plus défavorables. Autrefois on s&amp;#8217;apercevait au visage de chacun qu&amp;#8217;il voulait se mettre à penser &amp;#8211; c&amp;#8217;était là chose exceptionnelle&amp;nbsp;! &amp;#8211; qu&amp;#8217;il voulait devenir plus sage et se préparait à une idée&amp;nbsp;: on contractait le visage comme pour une prière et l&amp;#8217;on s&amp;#8217;arrêtait de marcher&amp;nbsp;; on se tenait même immobile pendant des heures dans la rue, lorsque la pensée «&amp;nbsp;venait&amp;nbsp;» - sur ou deux jambes. C&amp;#8217;est ainsi que cela «&amp;nbsp;en valait la peine&amp;nbsp;»&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» (&lt;strong&gt;Le gai savoir&lt;/strong&gt;  I 6 Nietzsche trad. de Albert révisée par Lacoste)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Qui s’intéresse encore aux philosophes antiques ? (1)</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2006/09/08/304-qui-sinteresse-encore-aux-philosophes-antiques</link>
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    <pubDate>Fri, 08 Sep 2006 19:07:06 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Philosophie antique</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Dans les premières pages de &lt;strong&gt;L&amp;#8217;homme sans qualités&lt;/strong&gt;, Robert Musil constatait que «&amp;nbsp;l&amp;#8217;époque avait déjà commencé où l&amp;#8217;on se mettait à parler des génies du football et de la boxe&amp;nbsp;». Afin d&amp;#8217;expliquer le nouvel usage du mot, il écrivit&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Il n&amp;#8217;y a pas si longtemps encore, un homme digne d&amp;#8217;admiration était un être dont le courage est un courage moral, la force une force de conviction, la fermeté celle du c&amp;#339;ur et de la vertu, un être qui juge la rapidité puérile, les feintes illicites, la mobilité et l&amp;#8217;élan contraires à la dignité. Cet être, il est vrai, a fini par ne plus subsister que dans le corps enseignant secondaire (&lt;em&gt;sic&lt;/em&gt;) et dans toute espèce de déclarations purement littéraires&amp;nbsp;; c&amp;#8217;était devenu un fantôme idéologique, et la vie a dû se trouver un nouveau type de virilité. Comme elle le cherchait des yeux autour d&amp;#8217;elle, elle découvrit que les prises et les ruses dont se sert un esprit inventif pour résoudre un problème logique ne diffèrent réellement pas beaucoup des prises d&amp;#8217;un lutteur bien entraîné&amp;nbsp;; et il existe une combativité psychique que les difficultés et les improbabilités rendent froide et habile, qu&amp;#8217;il s&amp;#8217;agisse de deviner le point faible d&amp;#8217;un problème ou celui d&amp;#8217;un ennemi en chair et en os. Si l&amp;#8217;on devait analyser un grand esprit et un champion national de boxe du point de vue psychotechnique, il est probable que leur astuce, leur courage, leur précision, leur puissance combinatoire comme la rapidité de leurs réactions sur le terrain qui leur importe, seraient en effet les mêmes&amp;nbsp;: bien plus, il est à prévoir que les vertus et les capacités qui font leur succès à chacun ne les distinguerait pas beaucoup de tel célèbre steeple-chaser&amp;nbsp;; on ne doit pas sous-estimer les qualités considérables qu&amp;#8217;il faut mettre en jeu pour sauter une haie. Puis, un cheval et un champion de boxe ont encore cet autre avantage sur un grand esprit, que leurs exploits et leur importance peuvent se mesurer sans contestation possible et que le meilleur d&amp;#8217;entre eux est véritablement reconnu comme tel&amp;nbsp;; ainsi donc, le sport et l&amp;#8217;objectivité ont pu évincer à bon droit les idées démodées qu&amp;#8217;on se faisait  jusqu&amp;#8217;à eux du génie et de la grandeur humaine.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Neurologues, à vos caméras à positrons pour qu&amp;#8217;on sache enfin si c&amp;#8217;est scientifiquement fondé d&amp;#8217;accorder le titre de génie à un cheval ou à Zidane&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Mais à quoi bon méditer sur les philosophes antiques ?</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2006/03/01/244-mais-a-quoi-bon-mediter-sur-les-philosophes-antiques</link>
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    <pubDate>Wed, 01 Mar 2006 10:13:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Philosophie antique</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&amp;quot; Il est mort du coeur finalement dans des conditions pas pépères... d'un
grand coup d'angine de poitrine, d'une crise qui a duré vingt minutes. Il a
bien tenu cent vingt secondes avec tous ses souvenirs classiques, ses
résolutions, l'exemple à César... mais pendant dix-huit minutes il a gueulé
comme un putois...Qu'on lui arrachait le diaphragme, toutes les tripes
vivantes... Qu'on lui passait dix mille lames ouvertes dans l'aorte... Il
essayait de nous les vomir... C'était pas du charre. Il rampait pour ça dans le
salon... Il se défonçait la poitrine... Il rugissait dans son tapis... Malgré
la morphine. Ça résonnait dans les étages jusque devant sa maison... Il a fini
sous le piano.&amp;quot; (Céline &lt;strong&gt;Mort à crédit&lt;/strong&gt; 1936 La Pléiade
p.525)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot;Une chose si terrible et si affreuse qui fait la conclusion de la tragédie,
et qui dépouille le roi du théâtre de toute sa grandeur, et l'égale au plus vil
acteur de la pièce.&amp;quot; (Jean de Silhon &lt;strong&gt;De l'immortalité de l'âme&lt;/strong&gt;
1634)&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.philalethe.net/post/2006/03/01/244-mais-a-quoi-bon-mediter-sur-les-philosophes-antiques#comment-form</comments>
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    <title>Les philosophes antiques viennent-ils vraiment à mon secours ?</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2005/06/23/79-les-philosophes-antiques-viennent-ils-vraiment-a-mon-secours</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:889c9db69b0ce26ecfc1a76a041e3210</guid>
    <pubDate>Thu, 23 Jun 2005 20:31:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Philosophie antique</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Je vis dans une grande ville d’Europe où le 23 Juin au soir c’est la coutume
de sortir dans la rue pour participer à la liesse populaire et je vais
respecter l’usage, bien que j’aie lu ce conseil de Cléobule :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Quand on sort de sa maison, il faut se demander tout d’abord ce que
l’on va faire ; et lorsqu’on rentre il faut se demander ce qu’on a
fait. » (I, 92)&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.philalethe.net/post/2005/06/23/79-les-philosophes-antiques-viennent-ils-vraiment-a-mon-secours#comment-form</comments>
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    <title>Peut-on faire la psychanalyse des philosophes (antiques) ?</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2005/02/12/192-peut-on-faire-la-psychanalyse-des-philosophes-antiques</link>
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    <pubDate>Sat, 12 Feb 2005 14:53:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Philosophie antique</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Un psychanalyste (que je remercie au passage) a écrit quelques commentaires
qui suscitent ma réflexion et me permettent de préciser ce que j’entends par
« lire les philosophes antiques » ou plus honnêtement par « lire
les philosophes » tout court. Il allègue en premier lieu que « chaque
auteur à son insu ne fait d’abord que nous renseigner un peu sur son
fonctionnement psychique personnel ». Cela revient finalement à transformer
Epicure en antique analysé : mais n’y a-t-il pas un monde entre la parole
« libre » du patient et l’argumentation philosophique ?
L’argumentation d’Epicure se construit dans le cadre d’un héritage et d’une
histoire spécifiques, qui le relient à ceux dont il a écouté les leçons, qu’il
a lus etc. Alors que l’analysé parle de lui, Epicure vise une connaissance qui
n’a rien d’épicurien mais qui est simplement vraie. En tout cas, dans ce
feuilleton philosophique, je ne prétends en aucune manière identifier l’esprit
de celui qui a écrit le texte qui m’intéresse mais bien plutôt relever ses
raisons et si possible les évaluer, les mesurer aux nôtres. Je ne prétends pas
non plus percer le sens des textes pour arriver au plus profond (je ne crois
pas qu’un bon lecteur soit un mineur) ; je veux juste, à la lumière de mes
autres lectures, en restant à leur surface, ai-je envie d’écrire, par
comparaison et contraste, déterminer comment je comprends non Epicure, mais ces
textes qu’on lui attribue. On me dira bien sûr que ces textes ont été écrits
par un homme défini ; certes, mais je ne pense pas qu’on puisse assimiler
des textes philosophiques à des symptômes. Un cri, un hoquet, un halètement ne
sont pas des chants : entre le bruit spontané et la voix modulée, il y a
l’histoire collective, sociale et longue du chant comme travail de la voix avec
ses styles, ses exercices etc. Dans ces conditions, je ne me demande pas
« s’il est possible de retrouver l’espace et le mode de fonctionnement
psychique antique ». Epicure n’est pas un astre lointain dont je recueillerai
deux mille trois cents ans plus tard les lumières atténuées et vagues ;
c’est juste le nom propre que les historiens me disent qu’il est correct
d’associer à ces textes tout à fait présents, bien étudiés, longuement annotés,
magnifiquement édités, que la tradition à laquelle j’appartiens me livre. Je
veux dire clairement que mes chroniques ne sont pas un face à face entre
Epicure et moi. Entre les textes d’Epicure et moi-même, il y a heureusement la
médiation des lectures , des réflexions, des cours, des dialogues et des
rencontres qui font que je juge juste d’écrire, en ce moment, ceci ou cela.
Comme je serais sans nul doute aveugle, si je n’avais pas lu d’autres livres
que ceux écrits par Epicure, écouté d’autres voix que celles qui serinent
l’épicurisme comme si c’était la voie ! Je prends en revanche beaucoup
plus au sérieux le doute concernant la possibilité de « mettre exactement
le même contenu de sens aux mots des antiques, a fortiori traduits (tradittore)
dans notre langue quotidienne ». Mais, là encore, une précision qui découle, à
dire vrai, de ce que j’ai soutenu plus haut : cerner la spécificité des
concepts épicuriens ne revient pas pour moi à entrer par effraction dans la
boîte noire de l’esprit du philosophe mais à augmenter ma connaissance des
textes en lisant les meilleurs commentateurs. De même qu’une caméra à
positrons, filmant le cerveau d’un philosophe, ne nous serait d’aucun secours
pour déterminer la logique de son discours, de même la connaissance du vécu du
philosophe, au moment de rédiger le texte que nous analysons, serait sans doute
d’une piètre aide. D’ailleurs, que serait ce vécu tant qu’il ne serait pas dit,
écrit, agi ? Une bien mystérieuse et inutile intériorité.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
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    <title>Qu'attendre des philosophes antiques ?</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2005/01/16/2-qu-attendre-des-philosophes-antiques</link>
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    <pubDate>Sun, 16 Jan 2005 18:30:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Philosophie antique</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Les philosophes antiques sont-ils loin de nous ? Il faut trouver la
juste distance: si nous les voyons de trop loin , ils ne seront que des témoins
d'une époque dépassée; si nous les voyons de trop près, nous penserons à tort
qu'ils ont eu nos problèmes et que finalement ils sont comme nous. Entre
l'historicisme et l'anachronisme, une voie du milieu donc. Mais qu'attendre
d'eux ? Des manières de voir et de faire qui nous aident à mieux voir et à
mieux faire. Cela ne veut pas dire qu'on verra plus juste ou qu'on agira mieux
mais que, dans certains cas, après les avoir lus, on ne se posera plus le
problème de savoir comment voir ou comment faire. Par qui commencer ? Par
les plus souriants, les Epicuriens et d'abord Epicure. Nous verrons qu'ils ne
sont guère épicuristes mais il nous suffira de comprendre en quoi ils sont
épicuriens. Pour compenser cette première facilité, nous choisirons de les voir
à l'oeuvre face à ce qui n'est guère souriant: la mort.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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