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  <title>Les philosophes antiques à notre secours - Sénèque  - Commentaires</title>
  <link>http://www.philalethe.net/</link>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Fri, 09 May 2008 11:28:09 +0200</pubDate>
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    <item>
    <title>Sénèque (6) : de la valeur des déplacements. - philalèthe</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2008/02/11/Seneque-6-%3A-de-la-valeur-des-deplacements#c6480474</link>
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    <pubDate>Wed, 13 Feb 2008 08:52:10 +0100</pubDate>
    <dc:creator>philalèthe</dc:creator>
    
    <description>&lt;p&gt;Merci pour ce post substantiel et très intéressant. J'en retiens
particulièrement que Montaigne interprète comme humanité ce que Sénèque
identifie à une maladie de l'âme et j'apprécie la belle formule: cultiver le
courage d'avoir peur.&lt;/p&gt;</description>
  </item>
      
    
    <item>
    <title>Sénèque (6) : de la valeur des déplacements. - Nicotinamide</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2008/02/11/Seneque-6-%3A-de-la-valeur-des-deplacements#c6472092</link>
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    <pubDate>Wed, 13 Feb 2008 00:14:31 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Nicotinamide</dc:creator>
    
    <description>&lt;p&gt;« C’est un autre Sénèque en nostre langue » Pasquier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montaigne confesse adorer les Oeuvres morales de Plutarque et les lettres à
Lucilius. Ces auteurs ont écrit à « pièces décousues ». La lecture et le parler
décousu siéent à Montaigne. Voir II 10 p. 392 (pléiade 1962) ou II 17 p.621. Je
lis celle-là : « Je n’ay dressé commerce avec aucun livre solide, sinon
Plutarque et Seneque, où je puisse comme les danaïdes remplissant et versant
sans cesse. » I 26 p. 144. L’influence de Sénèque est immense, l’influence de
Sénèque est considérable, l’influence de Sénèque est ambiguë. Il prend sa
défense (II 32 essais intitulé defence de Seneque et Plutarque). Il le cite
partout, il cite son suicide II 35. Il saute de joie comme un chien galeux
lorsqu’il découvre dans la bibliothèque du Vatican un manuscrit de Sénèque (p.
1221) Il l’approuve par exemple en considérant que l’on doit se placer sous la
protection de la nécessité (Lettre 54, 107), que l’on se prête à autrui mais
que l’on ne se donne qu’à soi-même ou que l’art d’écrire se pose dans la
simplicité (lettre 100) etc etc... Montaigne suit la tradition antique reprise
par Sénèque (Lettre 82) où la vieillesse achève les activités politiques par un
retour à l’oisiveté et à la méditation. Un renoncement au monde (I 8 de
l’oisiveté p. 33-34). Pourtant dans bien des cas, l’approbation ne correspond
qu’à une incitation au dépassement ou à un rétrécissement. Montaigne admire la
description psychologique des infirmités mais néglige les avertissements moraux
et la rigueur douloureuse du directeur de conscience. La maladie morale à
soigner selon Sénèque ne manifeste que la nature de l’humanité selon Montaigne.
Le I 39 (de la solitude) reprend des arguments des lettres 28 et 69 sur le
voyage et la dispersion de soi. Mais Montaigne les détourne. Il s’accorde avec
le romain sur le retour à soi mais il s’avère en même temps être un amateur de
voyage dont il défend la fécondité (III 9). Il montre que le voyage et la
concentration de soi ne sont pas incompatibles. Je n’ai pas le loisir de
multiplier les exemples c’est pourquoi je n’en prendrai qu’un de plus : la
présence de la mort. Il admire ceux qui ont appris à mourir en s’ouvrant en
plus des veines du poignet celles des cuisses. Au début du II 6 (chute de
cheval), il s’appuie sur un exemple emprunté à Sénèque. Il loue Canius Julius,
condamné à mort qui souffre à fond pour savoir que devient l’âme lorsqu’on la
déloge. Pourtant son expérience anticipée de la mort, la chute, le détache et
le ramène aux sentiments. Il ne s’agit plus de se contenir (Lettre 77).
Montaigne se blottit dans sa souffrance, il cultive le courage d’avoir peur. Sa
vision de la mort évolue au cours des essais. Merleau Ponty le souligne
(Signes) : « Non, ce n’est pas la méditation de la mort qui surmonte la mort :
les bons arguments sont « ceux qui font mourir un paysan aussi constamment
qu’un philosophe » (Montaigne) et il se ramènent à un seul : nous sommes
vivants, c’est ici que nous avons nos tâches. » D’un philosopher c’est
apprendre à mourir (I 20), on passerait à un philosopher c’est apprendre à
vivre…Sénèque sert une éthique de la résistante, Montaigne utilise ce point
pour atteindre une éthique de l’impassibilité. Il lit Sénèque plus pour sa
finesse psychologique, pour son talent à diagnostiquer les situations
singulières de la vie quotidienne que pour les leçons de morale. Les
insuffisances humaines que révèlent Sénèque sont pour l’un source de
prescriptions et de recommandations salutaires, pour l’autre une manière
d’être.&lt;/p&gt;</description>
  </item>
      
    
    <item>
    <title>Sénèque (6) : de la valeur des déplacements. - philalethe</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2008/02/11/Seneque-6-%3A-de-la-valeur-des-deplacements#c6457394</link>
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    <pubDate>Mon, 11 Feb 2008 22:51:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>philalethe</dc:creator>
    
    <description>&lt;p&gt;Merci de contribuer à clarifier quelque chose qui m'intéresse mais qui reste
encore pour moi assez obscur: la relation de Montaigne avec Sénèque.&lt;br /&gt;
Quant à l'examen de conscience chrétien, quel hasard ! j'en parle demain dans
un billet consacré aux jugements de Nietzsche sur Sénèque...&lt;/p&gt;</description>
  </item>
      
    
    <item>
    <title>Sénèque (6) : de la valeur des déplacements. - Nicotinamide</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2008/02/11/Seneque-6-%3A-de-la-valeur-des-deplacements#c6457173</link>
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    <pubDate>Mon, 11 Feb 2008 21:05:35 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Nicotinamide</dc:creator>
    
    <description>&lt;p&gt;Montaigne semble ne pas suivre les conseils de Sénèque. Les trois commerces
(&amp;quot;je ne voyage jamais sans livre&amp;quot;), de la presomption (&amp;quot;je feuillette les
livres, je ne les étudie pas&amp;quot;), des livres sont des essais où Montaigne se
présente en papillon. Il lit trois lignes, change de livre, oublit l'auteur,
s'arrête, tourne quelques pages, se concentre une minute, trouve une
difficulté, rêve, enjambe quelques paragraphe, relit et passe encore à du
nouveau. Néanmoins dans sa librairie, où il saute d'un livre à l'autre, des
sentences courtes comme des serpents qui digèrent surplombent cette lecture
nonchalente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne votre dernier paragraphe, Foucault a montré comment le
pli chrétien a transformé l'examen de conscience en assujetissement&lt;/p&gt;</description>
  </item>
      
    
    <item>
    <title>Sénèque (4): le conseiller est-il exemplaire ? - philalethe</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2008/02/09/Seneque-4%3A#c6452250</link>
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    <pubDate>Mon, 11 Feb 2008 16:36:25 +0100</pubDate>
    <dc:creator>philalethe</dc:creator>
    
    <description>&lt;p&gt;On peut y voir aussi bien un signe de lucidité concernant la distance sans
doute infranchissable entre l'homme stoïcien et l'homme réel.&lt;/p&gt;</description>
  </item>
      
    
    <item>
    <title>Sénèque (4): le conseiller est-il exemplaire ? - Alex</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2008/02/09/Seneque-4%3A#c6445572</link>
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    <pubDate>Mon, 11 Feb 2008 14:00:46 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Alex</dc:creator>
    
    <description>&lt;p&gt;&amp;gt;Il me semble que c’est un trait de Sénèque de se présenter en maître
bien imparfait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on dire de Sénèque qu'il use de cette figure de rhétorique appelée
&amp;quot;chleuasme&amp;quot;? Il se dévalorise pour attirer les bonnes grâces de son
&amp;quot;audience&amp;quot;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne connais pas bien cet auteur à vrai dire. Mais c'est une méthode
éprouvée pour retenir l'attention et une attention plutôt bienveillante...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Félicitations pour votre blog par ailleurs, le mien semble bien médiocre en
comparaison (&amp;quot;chleuasmé&amp;quot;-je? ;o))&lt;/p&gt;</description>
  </item>
      
    
    <item>
    <title>Sénèque (5): être pauvre, est-ce croire qu'on est pauvre ? - Nicotinamide</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2008/02/10/Seneque-5%3A-etre-pauvre-est-ce-croire-quon-est-pauvre#c6430599</link>
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    <pubDate>Sun, 10 Feb 2008 20:55:01 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Nicotinamide</dc:creator>
    
    <description>&lt;p&gt;Il dit dans cette lettre : &amp;quot;je n’estime point pauvre l’homme qui, si peu
qu’il lui demeure, est content.&amp;quot; Comme vous l'avez écrit : &amp;quot;pauvreté : c’est
l’incapacité de se contenter de ce qu’on a.&amp;quot; ou &amp;quot;le pauvre est celui qui ne se
considère pas riche.&amp;quot; (à condition que se considérer riche puisse contenter.)
Néanmoins il me semble que la richesse ne relève pas seulement d'un &amp;quot;moi j'suis
content avec ce j'ai, que ferais-je d'un 4x4 en ville ?&amp;quot; mais aussi d'un
contentement lié au mépris de la richesse : &amp;quot;tu vois la boule blanche que tu
portes à l'annuaire là, eh bien c'est de la merde d'huitres.&amp;quot;&lt;br /&gt;
Ainsi pour Sénèque, la pauvreté possède des agréments. Héritage de Démétrius,
cynique illustre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Démétrius, le meilleur des hommes, me suit partout, et je laisse de côté ces
gens empourprés, pour causer avec cet homme demi-nu et l'admirer. Et pourquoi
ne l'admirerais-je pas? je vois qu'il ne lui manque rien. On peut tout
mépriser; mais posséder tout est impossible. La plus courte voie pour être
riche, c'est le mépris de la richesse. Mais telle est la manière d'être de
notre Démétrius, qu'il semble moins professer le mépris de la fortune, qu'en
abandonner la possession aux autres.&lt;br /&gt;
Lettre 62&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;je prends encore Epicure pour mon trésorier: « Croyez-moi, dit-il, vos
discours seront plus imposants, si vous les prononcez sur un grabat, et sous
les haillons : en cet état, on fait plus que parler, on prouve. » Quant à moi,
les paroles de notre Démétrius me font une bien autre impression, depuis que
j'ai vu ce philosophe nu et couché sur un lit qui eût fait honte à de la
litière ; ce n'est plus à mes yeux l'interprète, c'est le martyr de la
vérité.&lt;br /&gt;
Lettre 20&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce Demetrius si quelque dieu voulait livrer la possession de toutes nos
propriétes, à la condition expresse qu'il ne pût donner à son gré, j'ose
affirmer qu'il les rejetterait en disant : &amp;quot;Non, je ne me chargerai pas d'un
fardeau si embarrassant, et je ne plongerai point un homme libre dans cette
fange profonde. Pourquoi m'apporter les maux réunis de tous les peuples? Je
n'accepterais pas même vos richesses avec la permission de les distribuer,
parce que je vois bien des choses qu'il ne me convient pas de donner. Je veux
embrasser d'un coup d'oeil ces objets qui éblouissent les yeux des peuples et
des rois. Je veux voir les objets que vous achetez au prix de votre sang et de
votre existence. Présentez-moi d'abord les dépouilles du luxe étalées
méthodiquement, ou, ce qui vaut mieux, accumulées en masse, je vois l'écaille
de la tortue artistement découpée en lames déliées ; je vois l'enveloppe des
animaux les plus lents et les plus difformes achetée des sommes énormes, et
cette bigarrure qu'on admire, imitée au naturel à l'aide de couleurs composées.
Je vois plus loin des tables dont la valeur est estimée égale à la fortune d'un
sénateur, et faites d'un bois d'autant plus précieux, que l'arbre, plus
maltraité de la nature, s'est contourné en un plus grand nombre de noeuds. Je
vois des vases de cristal, dont la fragilité augmente le prix car le péril, qui
devrait mettre en fuite le plaisir, en est pour les insensés le principal
assaisonnement. Je vois des vases murrhins: c'eût été, en effet, trop peu pour
la fureur du luxe, si l'on ne se passait à la ronde dans d'immenses pierres
précieuses les breuvages qu'on va bientôt vomir. Je vois des perles qui ne sont
pas uniques pour chaque oreille; car déjà les oreilles sont accoutumées à
porter des fardeaux. On les accouple deux à deux, et, par-dessus, on en met
d'autres. Les hommes ne se croiraient pas assez asservis à la folie des femmes,
s'ils ne suspendaient deux ou trois de leurs patrimoines à chaque oreille de
leur maîtresse. Je vois des vêtements de soie, si l'on doit nommer vêtement ce
qui ne protège ni le corps, ni la pudeur; des habillements avec lesquels une
femme ne pourrait jurer qu'elle n'est pas nue. Voilà ce qu'on cherche à grand
prix, ce qu'on va demander à des nations dont le commerce nous était inconnu,
afin que, dans leur chambre à coucher, nos matrones ne puissent pas montrer à
leurs amants plus qu'elles ne montrent au public&amp;quot; (…)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est pourquoi, lorsque l'empereur Caïus offrit à Démétrius deux cent mille
sesterces, il les refusa en riant, ne pensant pas même qu'une pareille somme
méritât qu'on se fit honneur du refus. Grand dieux! à quel bas prix on voulait
honorer ou corrompre cette âme ! Rendons hommage à ce grand homme. Je
l'entendis prononcer une belle parole, lorsque, étonné de la folie du prince,
qui avait cru pouvoir le gagner à si bon marché, il dit: &amp;quot;Si l'empereur avait
résolu de m'éprouver, ce n'eût pas été trop que l'offre de tout son
empire&amp;quot;.&lt;br /&gt;
Des bienfaits, VII&lt;/p&gt;</description>
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