<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="http://www.philalethe.net/feed/rss2/xslt" ?><rss version="2.0"
  xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
  xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
  xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/">
<channel>
  <title>Les philosophes antiques à notre secours - Wittgenstein</title>
  <link>http://www.philalethe.net/</link>
  <description></description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Fri, 09 May 2008 11:28:09 +0200</pubDate>
  <copyright></copyright>
  <docs>http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss</docs>
  <generator>Dotclear</generator>
  
    
  <item>
    <title>Digression automnale: en quoi peut-on légitimement dire que l'entreprise de Wittgenstein est &quot;socratique&quot; ?</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2007/09/16/En-quoi-peut-on-legitimement-dire-que-lentreprise-de-Wittgenstein-est-socratique</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:d0cb8335f0d531ece09acd94339d891f</guid>
    <pubDate>Sun, 16 Sep 2007 18:49:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Wittgenstein</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Dans &lt;strong&gt;L’animal cérémoniel, Wittgenstein et l’anthropologie&lt;/strong&gt;
(1982 L’âge d’homme), Jacques Bouveresse écrit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Wittgenstein conçoit, en effet, le travail philosophique uniquement
comme une entreprise « socratique » d’élucidation de ce qui est déjà
là devant les yeux : le philosophe n’a, en toute rigueur, rien à dire
d’original et de nouveau (dans un monde qui, par ailleurs, recherche la
nouveauté et l’originalité à tout prix), sa tâche consiste simplement à essayer
de tirer au clair ce qui a déjà été dit ou ce que l’on est spontanément tenté
de dire sur les phénomènes concernés » (p.51)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais clarifier pourquoi Bouveresse a raison d’écrire socratique entre
guillemets.&lt;br /&gt;
A première vue, on est un peu surpris de cette qualification car Wittgenstein a
été quelquefois dur avec l’enquête socratique. Par exemple, en 1931, il
écrit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Quand on lit les dialogues socratiques, on a le sentiment d’un
effroyable gaspillage de temps ! A quoi bon ces arguments qui ne prouvent
rien et n’éclaircissent rien ! » (&lt;strong&gt;Remarques mêlées&lt;/strong&gt;
p.67)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble que sépare Wittgenstein de Socrate la croyance chez le premier que
la possibilité de l’identification d’une essence dénotée par un mot (comme par
exemple le mot « courage » dans le &lt;strong&gt;Lachès&lt;/strong&gt;) est
donnée simplement par l’étroitesse de l’enquête. Dans une remarque de 1937,
essayant d’expliquer pourquoi Russel s’exclamait souvent : « Damnée
logique ! », Wittgenstein écrit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« La raison principale d’un tel sentiment était, je crois, dans le fait
que chaque nouveau phénomène de langue auquel il arrivait de penser après coup
pouvait faire apparaître l’explication antérieure comme inutilisable. (Notre
impression était que la langue pouvait faire surgir des exigences toujours
nouvelles et impossibles, et qu’ainsi toute explication était rendue
vaine.)&lt;br /&gt;
Mais c’est là la difficulté dans laquelle Socrate s’embarrasse quand il tente
de donner la définition d’un concept. Un nouvel emploi émerge sans cesse, qui
semble ne pouvoir être unifié avec le concept auquel les autres emplois nous
ont conduits. On dit alors : Il n’en &lt;em&gt;est&lt;/em&gt; pourtant pas
ainsi ! – mais il en &lt;em&gt;est&lt;/em&gt; pourtant bien ainsi ! – et l’on ne
peut rien faire d’autre que de se répéter constamment ses oppositions. »
(ibidem p. 89)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, « tirer au clair ce qui a été déjà dit » revient en un
sens à identifier aussi des essences. Bien sûr celles qui intéressent
Wittgenstein ne sont pas celles qui constituent le monde platonicien des Idées
mais celles qui se précisent au fur et à mesure où on s’efforce de déterminer
l’usage d’un concept. Il écrit dans les &lt;strong&gt;Recherches
philosophiques&lt;/strong&gt; (I 371) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Das Wesen ist in der Grammatik ausgesprochen” (“L’essence est
exprimée dans la grammaire” trad. Dastur et alii 2004)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elisabeth Anscombe explique dans une conférence donnée à l’Université de
Pamplune en 1988 que l’identification des essence peut se faire en considérant
des questions fondamentalement sans réponses comme : « &amp;quot;Où vit
l’oncle de ce crayon ?&amp;quot; &amp;quot;Quelle est la forme de la poussière ?&amp;quot; &amp;quot;De quoi est
fait l’arc-en-ciel ?&amp;quot; &amp;quot;Combien de jambes a un arbre ?&amp;quot; &amp;quot;Où une chaise sent-elle
?&amp;quot; &amp;quot;Une bactérie pense-t-elle ?&amp;quot; » (&lt;strong&gt;Human essence&lt;/strong&gt; in
&lt;strong&gt;Human life, actions and ethics&lt;/strong&gt; M.C.Gormally 2005 p.28
trad.personnelle). Ces questions sont absurdes au sens où elles pèchent contre
tous les usages possibles des termes qui les constituent (auquel renvoie le
concept wittgensteinien de &lt;ins&gt;grammaire&lt;/ins&gt;). C’est la diversité de l’usage
d’un même terme qui à la fois rend illusoire la quête socratique de l’Essence
et justifie l'enquête wittgensteinienne relative aux essences. E. Anscombe
précise utilement la pensée de Wittgenstein quand elle écrit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« L’essence – différents niveaux d’essence, pouvons-nous dire- est
exprimée dans la grammaire. » (ibid. p.32 )&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va de soi que ces niveaux ne constituent pas une hiérarchie (au mieux on
pourrait tous les identifier chronologiquement et établir entre certains
d’entre eux des relations logiques : ce serait l’analyse de ce que
Wittgenstein appelle l’air de famille).&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.philalethe.net/post/2007/09/16/En-quoi-peut-on-legitimement-dire-que-lentreprise-de-Wittgenstein-est-socratique#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.philalethe.net/post/2007/09/16/En-quoi-peut-on-legitimement-dire-que-lentreprise-de-Wittgenstein-est-socratique#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.philalethe.net/feed/rss2/comments/156147</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Perelman, Aristote et Wittgenstein.</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2006/12/02/327-perelman-aristote-et-wittgenstein</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:8590613c39964c406e3ff75c15058c3d</guid>
    <pubDate>Sat, 02 Dec 2006 17:19:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Wittgenstein</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&amp;quot;Le devoir de dialogue&amp;quot; me paraît une expression à la mode mais Perelman
dans son &lt;strong&gt;Traité de l'argumentation&lt;/strong&gt; (1958) l'associe au
philosophe italien Guido Calogero et précisément à son intervention intitulée
&amp;quot;Vérité et Liberté &amp;quot; au Xème Congrès International de Philosophie (1947).
Calogero y définit le devoir de dialogue comme:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot;liberté d'exprimer sa foi et de tâcher d'y convertir les autres, devoir de
laisser les autres faire la même chose avec nous et de les écouter avec la même
bonne volonté de comprendre leurs vérités et de les faire nôtres que nous
réclamons d'eux par rapport aux nôtres.&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est alors que Perelman relativise la valeur d'un tel impératif:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; Il s'agit là d'un idéal que poursuivent un très petit nombre de personnes
, celles qui accordent plus d'importance à la pensée qu' à l'action et encore,
parmi celles-là, ce principe ne vaudrait que pour les philosophes non
absolutistes (&lt;em&gt;je crois que Perelman appelle philosophe absolutiste celui
qui pense détenir par l'exercice solitaire de la raison les fondements et les
principes de la connaissance de la réalité&lt;/em&gt;).&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de soutenir sa position, il cite alors un passage d'Aristote:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; Il ne faut pas, du reste, examiner toute thèse, ni tout problème: c'est
seulement au cas où la difficulté est proposée par des gens en quête
d'arguments, et non pas quand c'est un châtiment qu'elle requiert , ou quand il
suffit d'ouvrir les yeux. Ceux qui, par exemple, se posent la question de
savoir s'il faut honorer ou non les dieux et aimer ses parents, n'ont besoin
que d'une bonne correction, et ceux qui se demandent si la neige est blanche ou
non n'ont qu'à regarder.&amp;quot; (&lt;strong&gt;Topiques&lt;/strong&gt; Livre I chap.11 105a)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes la référence à l'incontestabilité de la valeur du culte (et de
l'amour des parents ?) enlève apparemment un peu de force à la thèse
(remplaçons-la pour plus de commodité par : &amp;quot;s'il faut ou non prendre les
enfants comme partenaires sexuels&amp;quot;) mais cet appel péripatéticien à la
limitation de l'esprit critique me fait penser à certains passages de la
dernière oeuvre de Wittgenstein &lt;strong&gt;De la certitude&lt;/strong&gt; (1951), à la
réserve près (mais elle est certes de taille...) que le philosophe met en doute
la valeur de la mise en doute non de jugements de valeur mais de propositions
empiriques du type justement &amp;quot;la neige est blanche&amp;quot;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; 96. On pourrait se représenter certaines propositions empiriques de forme
(&lt;em&gt;je pense qu'il vaudrait mieux traduire: certaines propositions qui ont la
forme des propositions empiriques&lt;/em&gt;), comme solidifiées et fonctionnant tels
des conduits pour les propositions empiriques fluides, non solidifiées; et que
cette relation se modifierait avec le temps, des propositions fluides se
solidifiant (&lt;em&gt;la Terre tourne autour du soleil ?&lt;/em&gt;) et des propositions
durcies se liquéfiant (&lt;em&gt;le soleil tourne autour de la Terre ?&lt;/em&gt;)&lt;br /&gt;
97. La mythologie (&lt;em&gt;je crois que Wittgenstein appelle mythologie ici
l'ensemble des propositions empiriques solidifiées&lt;/em&gt;) peut se trouver prise
à nouveau dans le courant, le lit où coulent les pensées peut se déplacer. Mais
je distingue entre le flux de l'eau dans le lit de la rivière et le déplacement
de ce dernier; bien qu'il n'y ait pas entre les deux une division tranchée
(&lt;em&gt;il peut être impossible de classer certaines propositions ou dans la
catégorie des fluides ou dans celle des solidifiées&lt;/em&gt;).&amp;quot; (trad. de Jacques
Fauve cf note)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, 20 siècles avant que Descartes n'entreprenne son entreprise
fondationnaliste à grand renfort de doute hyperbolique, Aristote en avait déjà
questionné la pertinence. Je comprends mieux désormais le titre à première vue
énigmatique de l'excellent petit ouvrage de Roger Pouivet &lt;strong&gt;Après
Wittgenstein, Saint-Thomas&lt;/strong&gt; (PUF 1997)...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note: pour les germanistes, le texte de Wittgenstein en langue
originale:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot;96. Man könnte sich vorstellen, dass gewisse Sätze von der Form der
Erfahrungssätze erstarrt wären und als Leitung für die nicht erstarrten,
flüssigen Erfahrungssätze funktionierten; und dass sich dies Verhältnis mit der
Zeit änderte, indem flüssige Sätze erstarrten und feste flüssig würden.&lt;br /&gt;
97. Die Mythologie kann wieder in Fluss geraten, das Flussbett der Gedanken
sich verschieben. Aber ich unterscheide zwischen der Bewegung des Wassers im
Flussbett und der Verschiebung dieses; obwohl es eine scharfe Trennung der
beiden nicht gibt.&amp;quot; (&lt;strong&gt;Über Gewissheit&lt;/strong&gt;)&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.philalethe.net/post/2006/12/02/327-perelman-aristote-et-wittgenstein#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.philalethe.net/post/2006/12/02/327-perelman-aristote-et-wittgenstein#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.philalethe.net/feed/rss2/comments/81884</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Les philosophes antiques et Wittgenstein (2)</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2006/06/23/294-les-philosophes-antiques-et-wittgenstein-2</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:395b702e245e83f19a995ad0ca55da6e</guid>
    <pubDate>Fri, 23 Jun 2006 08:11:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Wittgenstein</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&amp;quot;Quand je pense à la sagesse, je pense principalement aux Cyniques de
l'Antiquité, en particulier à Diogène. C'est au font probablement mon modèle de
sagesse et je pense qu'il y a une certaine analogie entre l'attitude cynique,
au bon sens du terme, et le comportement d'un philosophe comme Wittgenstein
dans sa vie personnelle: n'accepter vraiment que le minimum de dépendances
inévitables et incompressibles par rapport à la réalité extérieure et
s'efforcer de manifester à l'égard de tout le reste une espèce de mépris
poli.&amp;quot;&lt;br /&gt;
Jacques Bouveresse &lt;strong&gt;Le philosophe et le réel&lt;/strong&gt; 1998 p.
252-253&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.philalethe.net/post/2006/06/23/294-les-philosophes-antiques-et-wittgenstein-2#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.philalethe.net/post/2006/06/23/294-les-philosophes-antiques-et-wittgenstein-2#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.philalethe.net/feed/rss2/comments/81851</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Les philosophes antiques et Wittgenstein (1)</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2006/06/21/293-les-philosophes-antiques-et-wittgenstein</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:8e0dc37255af2c30c74822c8bc2abd4c</guid>
    <pubDate>Wed, 21 Jun 2006 22:22:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Wittgenstein</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&amp;quot; Il y a deux manières fondamentalement antithétiques et inconciliables de
concevoir la philosophie. On peut la voir comme une activité de construction
théorique qui, nécessairement, se situe plus ou moins dans la continuité de
celle de la science et qui ne se distingue de celle-ci que par une généralité
et une abstraction plus grande, ou bien comme une activité ou un exercice qu'on
entreprend d'abord sur soi-même, qui porte sur la façon dont on voit le monde
et sur ce qu'on en attend, un travail d'analyse et de réforme de soi, qu'on
peut éventuellement aider les autres à réaliser sur eux-mêmes, mais que chacun
doit entreprendre pour soi. C'est la conception de Wittgenstein, qui le
rapproche plus de certains moralistes de l'Antiquité que de Russell ou de
Carnap. A cela correspond, d'ailleurs, chez lui un recours fréquent à la forme
dialoguée ou si l'on préfère, d'un côté le philosophe qu'il y a en chacun de
nous et ce qu'il a envie de dire et, de l'autre, le
philosophe-thérapeute.&amp;quot;&lt;br /&gt;
Jacques Bouveresse &lt;strong&gt;Le philosophe et le réel&lt;/strong&gt; 1998 p.121-122&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.philalethe.net/post/2006/06/21/293-les-philosophes-antiques-et-wittgenstein#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.philalethe.net/post/2006/06/21/293-les-philosophes-antiques-et-wittgenstein#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.philalethe.net/feed/rss2/comments/81850</wfw:commentRss>
      </item>
    
</channel>
</rss>