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  <title>Les philosophes antiques à notre secours</title>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Tue, 09 Feb 2010 07:54:30 +0100</pubDate>
  <copyright></copyright>
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  <item>
    <title>De deux immobilités (Socrate / Platon)</title>
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    <pubDate>Sun, 07 Feb 2010 18:17:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Socrate</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;La première est la plus connue, elle caractérise Socrate se rendant avec
Aristodème au souper offert par Agathon (source : &lt;strong&gt;Le
Banquet&lt;/strong&gt; de Platon). Ce n'est pas une immobilité subite, un
ralentissement l'annonce:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; Chemin faisant, Socrate, l'esprit en quelque sorte concentré en lui-même,
avançait en se laissant distancer.&amp;quot; (174 d éd. Brisson)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est liée essentiellement sinon à la solitude, du moins à
l'isolement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; Comme je l'attendais, il me recommanda de continuer à avancer.&amp;quot;
(ibid.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle casse les règles du jeu social et gêne, par là même, qui a l'intention
de continuer le jeu :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; Agathon : Mais, Socrate, comment se fait-il que tu ne nous l'amènes
pas ?&lt;br /&gt;
Aristodème : Je me retourne (...) et je constate qu'effectivement Socrate
ne m'a pas suivi. J'expliquai donc que c'était bien avec Socrate que j'étais
venu, et que c'était lui qui m'avait invité à venir souper.&amp;quot; (174 e)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle dure, Socrate devenant une statue pensante et asociale ; Agathon,
qui a envoyé un esclave le chercher, entend de la bouche de ce
dernier :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; Votre Socrate s'est retiré sous le porche de la maison des voisins, et il
s'y tient debout ; j'ai beau l'appeler, il ne veut pas venir.&amp;quot; (175 a)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'hôte ne lui trouve aucune bonne raison et est disposé à utiliser la
contrainte pour faire respecter les règles transgressées :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; Quel comportement étrange, s'écria Agathon. Va lui dire de venir, et ne le
lâche pas d'une semelle.&amp;quot; (ibid.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristodème, le disciple, &amp;quot;un des fanatiques de l'entourage&amp;quot; comme dit Léon
Robin (La Pléiade note 4 p.1349), explique sans pour autant justifier (il donne
à cette immobilité une cause, l'habitude, mais pas de sens) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; N'en faites rien (...), laissez-le plutôt. C'est une habitude qu'il a.
Parfois il se met à l'écart n'importe où, et il reste là debout. Il viendra
tout à l'heure, je pense. Ne le dérangez pas, laissez-le en paix.&amp;quot; (175 b)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc une immobilité régulière, du coup prévisible mais néanmoins
énigmatique.&lt;br /&gt;
Elle reste difficile à supporter pour les partenaires de jeu :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; Aristodème : Là-dessus (...) nous nous mettons à souper, mais Socrate
n'arrivait pas. Aussi Agathon demanda-t-il à maintes reprises qu'on allât le
chercher. , mais je m'interposai. &amp;quot; (175 c)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longue, quand elle prend fin, elle n'est pourtant pas justifiée par
l'intéressé mais c'est l'hôte qui en donne désormais une interprétation
généreuse :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; Aristodème : Enfin, Socrate arriva sans s'être attardé aussi
longtemps qu'à l'ordinaire ; en fait, les convives en étaient à peu près
au milieu de leur souper.&lt;br /&gt;
Agathon : (...) Viens, ici, Socrate, t'installer près de moi, pour que à
ton contact, je profite moi aussi du savoir qui t'est venu alors que tu te
trouvais dans le vestibule. Car il est évident que tu l'as trouvé et que tu le
tiens, ce savoir ; en effet, tu ne serais pas venu avant.&amp;quot; (175 d)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Socrate n' infirmera ni ne confirmera ce dire, précisant seulement que le
savoir ne se transmet pas par contact.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons à la seconde immobilité, celle du plus connu des disciples de
Socrate, Platon. Je l'aborde à travers la référence qu'y fait Sénèque dans le
&lt;strong&gt;De ira&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; Platon, irrité contre son esclave, ne put se donner du temps, mais il lui
ordonna d'enlever tout de suite sa tunique et de tendre les épaules aux coups,
afin de frapper de sa propre main ; comprenant qu'il était irrité, il
garda sa main en l'air comme il l'avait et resta dans l'attitude d'un homme qui
va frapper ; un ami qui survint justement lui demanda ce qu'il
faisait : &amp;quot; Je punis, répondit-il, un homme en colère&amp;quot;. Comme figé sur
place, il conservait le geste, déshonorant pour un sage, de l'homme qui va
sévir, et déjà il avait oublié l'esclave, ayant trouvé mieux à châtier.&amp;quot; (III
XII 5 ed.Veyne p.162).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La différence entre les deux immobilités est nette : certes les deux
exemplifient la maîtrise de l'esprit sur le corps. Mais le corps socratique est
un, dominé totalement par l'esprit qui le met au repos, alors que le corps
platonicien est deux ; en effet il se divise en corps emporté par la
passion et corps dominé par la raison ; la division ne passe pas au sein
du corps mais entre deux états d'un processus : le mouvement colérique
dynamique et ce même mouvement statique, statufié. C'est une immobilisation
spectaculaire, soudaine et offerte au public, comme indice et de l'absence
première de maîtrise et de la maîtrise, seconde, de cette même absence de
maîtrise. Loin d'être une position méditative, elle est moindre mal et effet
d'une capture : Platon se prend lui-même en flagrant délit et tel un agent
de l'ordre moral, immobilise le malfaisant et l'expose à la réprobation
publique.&lt;br /&gt;
Cependant, pareille en cela à la première, celle de Socrate, l'immobilité
décrite par Sénèque court-circuite la vie ordinaire et les échanges
quotidiens : comme son maître qui ne se rend pas où on l'attend, Platon ne
fait pas ce qu'on attend d'un maître : châtier son esclave si besoin est.
C'est le maître d'esclaves maîtrisé par le philosophe maître de soi.&lt;br /&gt;
Sa finalité est ne pas se répéter car les immobilisations successives, à la
différence des immobilités régulières, illustreraient l' échec constant et
visible de la raison.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Un jugement de Pierre Hadot sur Michel Foucault.</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2010/01/27/Un-jugement-de-Pierre-Hadot-sur-Michel-Foucault.2</link>
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    <pubDate>Wed, 27 Jan 2010 12:57:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Pierre Hadot</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Afin de mettre en perspective la position de Martha Nussbaum, voici tiré des
entretiens avec Arnold Davidson et Jeannie Carlier un passage éclairant le
jugement que Hadot portait sur Foucault :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; A.D. : &lt;em&gt;Pouvez-vous résumer vos divergences philosophiques avec
Foucault, et notamment votre critique de ses idées de culture de soi, sur
l'esthétique de l'existence ?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire tout d'abord que nos méthodes étaient très différentes.
Foucault était sans doute, en même temps que philosophe, un historien des faits
sociaux et des idées, mais il n'avait pas pratiqué la philologie, c'est-à-dire
tous les problèmes liés à la tradition des textes anciens, le déchiffrement des
manuscrits, le problème des éditions critiques, le choix des variantes
textuelles. En éditant et traduisant Marius Victorinus, Ambroise de Milan, les
fragments du commentaire du &lt;em&gt;Parménide&lt;/em&gt;, Marx-Aurèle, certains traités
de Plotin, j'ai acquis une certaine expérience qui me permettait d'aborder les
textes anciens dans une tout autre perspective que lui. Notamment, je me suis
toujours attaché à l'étude attentive du mouvement de la pensée de l'auteur et
la recherche de ses intentions. Il n'attachait pas beaucoup d'importance à
l'exactitude des traductions, utilisant souvent de vieilles traductions peu
sûres.&lt;br /&gt;
Ma première divergence se trouve dans la notion de plaisir. Pour Foucault,
l'éthique du monde gréco-romain est une éthique du plaisir que l'on prend en
soi-même. Cela pourrait être vrai pour les épicuriens, dont Foucault parle
finalement assez peu. Mais les stoïciens auraient rejeté cette idée d'une
éthique du plaisir. Ils distinguaient soigneusement le plaisir et la joie, et
la joie, pour eux - la joie, et non pas le plaisir -, se trouvait non pas dans
le moi tout court, mais dans la meilleure partie du moi. Sénèque ne trouve pas
sa joie dans Sénèque, mais dans Sénèque identifié à la Raison universelle. On
s'élève d'un niveau du moi à un autre , transcendant. Par ailleurs, dans sa
description de ce qu'il appelle les pratiques de soi, Foucault ne met pas
suffisamment en valeur la prise de conscience de l'appartenance au Tout
cosmique, et la prise de conscience de l'appartenance à la communauté humaine,
prises de conscience qui correspondent aussi à un dépassement de soi. Enfin, je
ne pense pas que le modèle éthique adapté à l'homme moderne puisse être un
esthétique de l'existence. Je crains que cela ne soit finalement qu'une
nouvelle forme du dandysme.&amp;quot; (&lt;strong&gt;La philosophie comme manière de
vivre&lt;/strong&gt; p.214-215 2001)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique centrale, la question de la compétence philologique laissée de
côté, touche juste. Post-kantien et nietzschéen, Foucault ne pouvait pas
prendre au sérieux le grandiose et bien fragile cadre métaphysique qui fonde
l'éthique stoïcienne (le problème intéressant est précisément de savoir que
garder alors du stoïcisme et comment le justifier). Pierre Hadot est donc en
mesure de reprocher à Michel Foucault son refus de toute transcendance et de
toute métaphysique ayant une portée cosmologique, sa méfiance vis-à-vis d'un
concept aussi chargé métaphysiquement que celui d'humanité et donc une forme de
nominalisme porté à prendre en compte les hommes concrets plutôt que l'Homme (à
ce niveau l'héritage marxiste est aussi manifeste). On peut alors appeler
dandysme une doctrine de la mise en forme de soi qui n'est pas en mesure de
s'adosser sur une métaphysique, au sens classique de ce terme (et non au sens
rajeuni que lui donnent certains philosophes analytiques).&lt;br /&gt;
Comme Martha Nussbaum, Pierre Hadot, à la différence de Foucault, ne
décontextualise pas les éthiques antiques de leur arrière-plan métaphysique. À
coup sûr, c'est le stoïcisme qui avec son finalisme providentiel semble le plus
difficile à mettre en harmonie avec nos connaissances. L'épicurisme, rejetant
le finalisme, dépeignant un univers sans raison et explicable exclusivement par
des causes atomiques, sensible avec Lucrèce à l'évolution, paraît moins lourd à
défendre dans la perspective d'un rationalisme post-Lumières. Ceci dit, c'est à
condition de ne pas prendre non plus au sérieux l'affirmation épicurienne de
l'existence des Dieux.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Michel Foucault jugé par Martha Nussbaum</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2010/01/22/Michel-Foucault-jug%C3%A9-par-Martha-Nussbaum2</link>
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    <pubDate>Fri, 22 Jan 2010 23:30:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Martha Nussbaum</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Dans l'introduction de &lt;strong&gt;Therapy of desire&lt;/strong&gt;(1994), Martha
Nussbaum présente ainsi la critique qu'elle fait de l'approche que Foucault a
eue des philosophies hellénistiques:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; There is one reclaiming of Hellenistic texts within philosophy -perhaps
the most widely known to the general public- that seems to me, though exciting,
also deeply problematic. This is Michel Foucault's appeal to the Hellenistic
thinkers, in the third volume of his &lt;em&gt;History of Sexuality&lt;/em&gt;, and in
lectures given toward the end of his life, as sources for the idea that
philosophy is a set of &lt;em&gt;techniques du soi&lt;/em&gt;, practices for the formation
of a certain sort of self. Certainly Foucault has brought out something very
fundamental about these philosophers when he stresses the extent to which they
are not just teaching lessons, but also engaging in complex practices of
self-shaping. But this the philosophers have in common with religious and
magical/superstitious movements of various types in their culture. Many people
purveyed a &lt;em&gt;biou techne&lt;/em&gt;, an &amp;quot;art of life.&amp;quot; What is distinctive about
the contribution of the philosophers is that they assert that
&lt;em&gt;philosophy&lt;/em&gt;, and not anything else, is the art we require, an art that
deals in valid and sound arguments, an art that is commited to the truth. These
philosophers claim that the pursuit of logical validity, intellectual
coherence, and truth delivers freedom from the tyranny of custom and
convention, creating a community of beings who can take charge of their own
life story and their own thought. (Skepticism is in some ways an exception, as
we shall see; but even Skeptics rely heavily on reason and argument, in a way
other popular &amp;quot;arts&amp;quot; do not.) It is questionable whether Foucault can even
admit the possibility of such a community of freedom, given his view that
knowledge and argument are themselves tools of power. In any case, his work on
this period, challenging though it is, fails to confront the fundamental
commitment to reason that divides philosophical &lt;em&gt;techniques du soi&lt;/em&gt; from
other such techniques. Perhaps that commitment is an illusion. I believe that
it is not. And I am sure that Foucault has not shown that it is. In any case,
this book will take that commitment as its focus, and try to ask why it should
have been thought that the philosophical use of reason is the technique by
which we can be truly thinking and truly flourishing.&amp;quot; (p.5-6)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut lire ce texte comme une défense, dans la tradition des Lumières, de
la raison comme moyen d'émancipation réelle. En dehors de tout relativisme et
de toute herméneutique du soupçon, Martha Nussbaum prend position en faveur de
la valeur non seulement gnoséologique mais aussi éthique de la cohérence et du
respect de la vérité. Elle tient ainsi à établir une frontière nette entre
l'usage de la raison à des fins libératrices et l'usage de techniques
irrationnelles, par exemple, religieuses. Il va de soi que le camp visé par
Martha Nussbaum pourra juger avec condescendance ce plaidoyer en faveur de la
raison qu'il taxera alors de naïf et illusoire. Mais aura-t-il
raison ?&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Martha Nussbaum et la conception de la philosophie comme thérapeutique.</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2010/01/21/Martha-Nussbaum-et-la-conception-de-la-philosophie-comme-th%C3%A9rapeutique.</link>
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    <pubDate>Thu, 21 Jan 2010 22:36:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Martha Nussbaum</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Le livre de Martha Nussbaum &lt;strong&gt;The therapy of desire. Theory and
practice in hellenistic ethics&lt;/strong&gt; (1994) vient d'être réédité avec une
nouvelle introduction. J'y trouve un passage qui clarifie le sens qu'elle donne
à l'expression &amp;quot;philosophie thérapeutique&amp;quot;. Je le transcris ici avec la volonté
non seulement d'accéder, de faire accéder à la pensée de Martha Nussbaum mais
aussi à celles - que je ne suppose pas d'emblée être tout à fait identiques sur
ce point à celle de Nussbaum - de Pierre Hadot et de Michel Foucault - qui
elles-mêmes bien sûr se distinguent entre elles ! - :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; The point of saying that philosophy should be therapeutic is not to say
that philosophy ought to subordinate its own characteristic commitments to some
other norms (e.g., flourishing, calm); it is, rather, to say that you can get
the good things you are searching for (flourishing, calm) only through a
lifelong commitment to the pursuit of argument. Other figures in the culture -
soothsayers, magicians, astrologers, politicians - all claim to provide what
people want , without asking them to think critically and argue. The
philosophers say : no, only in the life devoted to reason will you really
get what you want (Here, as I say in &lt;strong&gt;Therapy&lt;/strong&gt;, I locate a major
deficiency of Michel Foucault's otherwise illuminating writing on
self-fashioning in the Hellinistic period. Self-fashioning can take many forms;
the form it takes in the philosophers is a lifelong dedication to argument and
analysis.)&lt;br /&gt;
So if teachers of philosophy avoid Hellenistic texts because they think of them
as texts that persuade primarily through nonargumentative means, they are
incorrect; they have misunderstood what Hellenistic therapy is about.
Nonetheless, there are genuine difficulties involved in teaching these texts to
students who are used to more familiar argumentative strategies. Therapeutic
arguments have their own rhetoric and their own literary style. They cannot be
decoded by someone who simply ignores those aspects of the argument, as much
teaching of philosophy is apt to do. Only if one reads these arguments with
sensitivity to their therapeutic purpose will on be able, after quite a lot of
work, to see how good, as arguments, they really are.&amp;quot; (p.XI)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1995, un an après la publication de &lt;strong&gt;The therapy of
desire&lt;/strong&gt; , Pierre Hadot, qui me mentionne pas le livre de Nussbaum dans
sa bibiographie, écrivait des lignes qui paraissent aller dans la même
direction, par exemple :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; Il ne faudrait pas non plus opposer mode de vie et discours, comme s'ils
correspondaient respectivement à la pratique et à la théorie. Le discours peut
avoir un aspect pratique, dans la mesure où il tend à produire un effet sur
l'auditeur ou le lecteur (...) Il s'agit de montrer que le discours
philosophique fait partie du mode de vie (...) Le discours du maître de
philosophie pouvait d'ailleurs prendre lui-même la forme d'un exercice
spirituel, dans la mesure où ce discours était présenté sous une forme telle
que le disciple, en tant qu'auditeur, lecteur ou interlocuteur, pouvait
progresser spirituellement et se transformer intérieurement.&amp;quot;
(&lt;strong&gt;Qu'est-ce que la philosophie antique ?&lt;/strong&gt; p.20-21-22)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je note chez Martha Nussbaum est l'insistance sur la durée et la
difficulté de l'effort requis pour la compréhension des arguments (&amp;quot;life-long
commitment&amp;quot; &amp;quot;after quite a lot of work&amp;quot;) ainsi que sur la sensibilité requise
pour un tel effort intellectuel.&lt;br /&gt;
À première vue, ce qui distingue cette pensée de celle de Foucault est son
engagement réaliste au sens philosophique du terme : les bonnes choses que
les hommes recherchent (l'épanouissement, le calme) existent réellement et ne
sont pas simplement des objets de croyance ; non seulement elles existent
mais peuvent être aussi atteintes. Je fais l'hypothèse que Foucault aurait jugé
une telle ontologie trop simple et naïve. Il n'aurait sans doute pas distingué
les bonnes choses du discours et du training qui les visent. Ces points sont
très largement à préciser.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.philalethe.net/post/2010/01/21/Martha-Nussbaum-et-la-conception-de-la-philosophie-comme-th%C3%A9rapeutique.#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Philosophie et neurologie: Epicure et la SLA.</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2010/01/18/Philosophie-et-neurologie.</link>
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    <pubDate>Mon, 18 Jan 2010 18:00:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Épicurisme</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Je veux rappeler en premier lieu le rôle que la philosophie épicurienne
donne à la mémoire. Deux textes canoniques sont ici éclairants. D'abord la
lettre adressée par Épicure à Idoménée et rapportée par Diogène Laërce (X
22):&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; Je vous écris cette lettre alors que je passe et achève en même temps le
bienheureux jour de ma vie ; les douleurs que provoquent la rétention
d'urine et la dysenterie se sont succédé sans que s'atténue l'intensité extrême
qui est la leur ; mais à tout cela la joie qu'éprouve mon âme a résisté,
au souvenir de nos conversations passées.&amp;quot; (ed. Goulet-Cazé p.1252)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sentence vaticane 17 , elle, ne présente pas le souvenir comme un remède
à la souffrance physique mais comme la condition nécessaire et suffisante du
bonheur de l'homme âgé :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; Ce n'est pas le jeune qui est bienheureux, mais le vieux qui a bien
vécu : car le jeune, plein de vigueur, erre, l'esprit égaré par le
sort ; tandis que le vieux, dans la vieillesse comme dans un port, a ancré
ceux des biens qu'il avait auparavant espérés dans l'incertitude, les ayant mis
à l'abri par le moyen de la gratitude&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marcel Conche, auteur de la traduction, commente ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; Le vieillard n'est pas seulement heureux, comme le jeune, au moyen de la
philosophie, peut l'être, mais &amp;quot;bienheureux&amp;quot;, grâce à la mémoire qui lui permet
de puiser dans ses souvenirs heureux comme dans une réserve de bonheur. Le
plaisir joui, et de plus recueilli, médité, approprié par la gratitude, est
principe d'une suite illimitée de plaisirs. Car revivre en pensée, avec
reconnaissance, le plaisir joui, est un nouveau plaisir ; et par le
plaisir je me suis créé du plaisir pour toute la vie.&amp;quot; (&lt;strong&gt;Épicure Lettres
et Maximes&lt;/strong&gt; 1987)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut cependant se demander si la sentence 17 justifie un tel commentaire.
Au fond rien en elle ne semble exiger une référence à la mémoire. On pourrait
aussi bien comprendre que le vieillard possède les biens que jeune il craignait
de ne pas avoir et que la gratitude qu'il ressent à leur égard - gratitude
causée par le plaisir fourni par ces biens - est la raison pour laquelle il ne
risque pas de les abandonner. Ainsi on peut se demander si on a raison de lire
la sentence 17 à la lumière de la &lt;strong&gt;Lettre à Idoménée.&lt;/strong&gt; Reste
certes cette lettre qui me suffit pour mon propos d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je souhaite en effet mettre en rapport ces textes canoniques, qui donnent
comme un mode d'emploi de la mémoire, avec l'usage que Tony Judt dit faire de
ses propres souvenirs. En effet, dans l'édition du Monde du 17 Janvier,
l'historien anglais communique aux lecteurs l'expérience qu'il a de la terrible
maladie neurologique dont il souffre, la sclérose latérale amyotrophique ou
maladie de Charcot. Privé de la possibilité de tout contrôle de son propre
corps, l'auteur décrit ainsi l'usage qu'il est parvenu à faire de ses
souvenirs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; Imaginez un instant que vous soyez obligé de rester allongé absolument
immobile sur le dos pendant sept heures d'affilée et de trouver le moyen de
rendre ce calvaire supportable non seulement pour une nuit, mais pour le
restant de votre existence. La solution que j'ai trouvée consiste à faire
défiler mentalement ma vie, mes pensées, mes fantasmes, mes souvenirs, mes faux
souvenirs et autres, jusqu'à ce que je tombe par hasard sur des événements, des
gens ou des récits dont je peux me servir pour détourner mon esprit du corps
dans lequel il est enfermé. Ces exercices mentaux doivent être assez
intéressants pour captiver mon attention et me faire oublier une démangeaison
insupportable à l'intérieur d'une oreille ou au bas des reins. Mais ils doivent
être également assez ennuyeux et prévisibles pour servir de prélude et
d'incitation efficace au sommeil. Il m'a fallu un certain temps pour découvrir
que cette méthode constituait une alternative possible à l'insomnie et à
l'inconfort physique, et aussi qu'elle n'était pas infaillible.&lt;br /&gt;
Mais de temps à autre, quand j'y pense, je suis stupéfait par la relative
facilité avec laquelle je surmonte ce qui était autrefois une épreuve nocturne
presque insupportable. Je me réveille exactement dans la même position, la même
disposition d'esprit et le même état de désespoir en sursis que la veille.&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre la théorie épicurienne et la pratique réelle de Tony Judt, on relèvera
les différences suivantes : d'abord la valeur du recours que le malade
fait à sa mémoire n'est pas conditionnée par la sagesse de la vie antérieure,
ce qui est plutôt une bonne nouvelle, vu que nombreux sont ceux qui pensent que
l'idéal de vie épicurien a un côté, disons, livresque ou, plus clairement dit,
est irréalisable psychologiquement ; ensuite le souvenir n'a pas une
fonction différente du faux souvenir ou du fantasme, ce qui là aussi ouvre les
horizons de ceux qui, donnant une valeur prioritaire au réellement vécu,
pourraient se désespérer de la pauvreté du leur ; ajoutons que la
recherche de l'élément utile n'obéit à aucune méthode difficile car il suffit
d'inventorier ce dont on dispose mentalement jusqu'au moment où on est absorbé
par le contenu au point de ne prêter attention qu'à lui (ce qui est remarquable
ici, c'est que Tony Judt décrit l'exploration de son esprit comme une
découverte jamais déçue et non comme une routine répétitive et passablement
obsessionnelle : on peut supposer que joue sur ce point un rôle majeur
l'excellente qualité de sa mémoire). Enfin la finalité de l'exercice pratiqué
par le malade est bien distincte de celle visée par le philosophe puisqu'il
s'agit dans son malheureux cas de fuir dans le sommeil alors que la pratique
épicurienne est une conscience pleine et plaisante d'une béatitude stable et
gagnée pour toujours.&lt;br /&gt;
Néanmoins le point commun à l'expérience réelle et à la théorie épicurienne
saute aux yeux : quelque chose d'insupportable est évacué de la
conscience. Certes l'insupportable a des degrés et il va de soi que cette
méthode a donc des limites qui peuvent d'ailleurs tout à fait varier selon les
individus et les circonstances. Reste que cette pratique volontaire de la
mémorisation systématique parvient à donner l'impression de pouvoir échapper à
l'infortune physique de laquelle on est victime. Je dis infortune physique car
l'infortune morale doit placer dans un état psychique qui rend inapte à un tel
inventaire des ressources mémorielles.&lt;br /&gt;
Les dernières lignes du texte cité mettent cependant en évidence les limites de
l'exercice : il détourne momentanément de la conscience du malheur mais
est impropre à changer l'état d'esprit du malade. Ce serait sans doute demander
beaucoup trop à un exercice spirituel que de compter sur lui pour opérer un tel
changement. On passerait alors de la réalité psychologique au mythe (sans qu'on
sache d'ailleurs tracer la frontière avec certitude, ce qui n'est pas pour
rien, je crois, dans l'attrait continuel que représentent les sagesses pour nos
vies plus ou moins réussies).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Dissoudre ou construire ? ou Wittgenstein trop subversif pour être reconnu à sa juste valeur ?</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2010/01/11/Dissoudre-ou-construire</link>
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    <pubDate>Mon, 11 Jan 2010 15:35:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Wittgenstein</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Une familiarité minimale avec ce qui se produit aujourd'hui sous le nom de
philosophie analytique met en évidence une opposition nette entre plusieurs
manières de philosopher analytiquement. Un des intérêts du dernier ouvrage de
Sandra Laugier (&lt;strong&gt;Wittgenstein. Les sens de l'usage.&lt;/strong&gt; Vrin 2009)
est de faire un tableau du champ de bataille. Est-il trop schématique ?
Fait-il la place trop belle à Wittgenstein ? En tout cas, il a le mérite
d'être clair. D'un côté Wittgenstein et la tradition qu'il a ouverte et qui en
retour l'éclaire (au premier rang Stanley Cavell), de l'autre côté la
philosophie analytique dominante (Laugier ne mentionne ici aucun nom
contemporain ni d'auteur, ni d'oeuvre mais établit une filiation entre la
philosophie analytique mainstream et Russell).&lt;br /&gt;
Sur ce champ de bataille, Sandra Laugier défend la cause de Wittgenstein: on
est en effet en droit de lire cet ouvrage comme une entreprise de
réhabilitation de Wittgenstein à l'intérieur même de la philosophie analytique.
Pour faire bref, Wittgenstein n'aurait pas la place fondamentale auquel il a
droit, Dès la deuxième phrase de l'introduction, on comprend que ce livre peut
aussi être vu comme une arme dirigée contre ce que Laugier juge être la
philosophie analytique dominante:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; Philosophe phare de la philosophie analytique, il ne cadre pas vraiment
avec elle, qu'on la considère dans le cours de son histoire ou dans ce qu'elle
est aujourd'hui devenue.&amp;quot; (Wittgenstein. &lt;strong&gt;Les sens de l'usage&lt;/strong&gt;
p.9)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Délaissant en fait le cours de l'histoire, Laugier préfère se centrer sur ce
qu'est la philosophie analytique mainstream: cette dernière prend la science
comme modèle et, suivant Russell, pense que la philosophie doit, comme la
science, se rapprocher par étapes de la vérité. Plus précisément, Laugier
identifie la philosophie analytique qu'elle veut réfuter à un &amp;quot;scientisme
naturaliste&amp;quot; et explique la position marginale de Wittgenstein dans le champ
analytique par une mise à l'écart délibérée visant à neutraliser
l'anti-scientisme de Wittgenstein. Sans qu'elle la mentionne, c'est quand même
l'idée de complot qui vient à l'esprit du lecteur. Pour témoin, un des passages
les plus significatifs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; La pensée de Wittgenstein est d'emblée &lt;em&gt;critique&lt;/em&gt;, et une critique
de la science comme de la philosophie, par une mise en évidence de différences
essentielles entre science et philosophie. Différences qui chez Wittgenstein ne
sont pas normatives, mais descriptives, et jamais associées à une
survalorisation de l'une ou de l'autre. C'est plutôt quand la philosophie veut
ressembler à la science, et y cherche la réponse à ses questions, qu'elle tombe
dans la mythologie ou dans la métaphysique. La pensée de Wittgenstein est à
contre-courant de la philosophie telle qu'elle s'est développée depuis quelques
décennies dans le champ &amp;quot;analytique&amp;quot;, dans l'exacte mesure où la philosophie
prétend s'y modeler sur la science. D'où les résistances fréquentes à
Wittgenstein dans la philosophie analytique même, et l'absence quasi complète
de Wittgenstein dans la philosophie des sciences actuelle, assez curieuse si
l'on se rappelle le caractère central de la référence au
&lt;strong&gt;Tractatus&lt;/strong&gt; dans la première moitié du XXème siècle, mais
compréhensible si l'on garde à l'esprit que la pensée de Wittgenstein est d'une
subversion redoutable, non contre la science elle-même, mais contre le
scientisme, dont il a très clairement démonté les motivations, critiqué
l'idéologie et moqué les conséquences. (Il n'est pas surprenant que la
philosophie analytique dans sa version dominante, veuille ignorer ou minorer
l'importance de ses critiques et donc le maintenir dans une forme de
marginalisation).&amp;quot; (p.74-75)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sandra Laugier reproche ainsi à la philosophie analytique dominante de
continuer à faire ce qu'a toujours fait sans succès jusqu'à présent la
philosophie en général : produire des théories vraies. À ses yeux,
Wittgenstein ne construit pas un énième système philosophique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; Ce qu'on laisse de côté dans beaucoup de discussions sur Wittgenstein,
sans doute parce que cela rappellerait à une exigence qu'elle a oubliée depuis
un moment, c'est que ce qui l'intéresse, c'est d'abord la philosophie. Ce qui
n'est pas du tout la même chose que les théories ou les thèses en philosophie.
&amp;quot;Le philosophe, écrit Wittgenstein, n'est pas citoyen d'une communauté de
pensée. C'est ce qui fait de lui un philosophe&amp;quot; (Z, 455). Un des points les
plus difficilement perceptibles, ou acceptables aujourd'hui, de la pensée de
Wittgenstein est son refus de donner la moindre importance aux opinions et
doctrines philosophiques, ou d'en soutenir aucune. Une des preuves les
remarquables du fait qu'il n'est pas un philosophe du langage est la façon,
rapportée par Wisdom, de conclure les discussions philosophiques par &amp;quot;Dites ce
que vous voulez !&amp;quot;. Tant que vous voyez ce qu'il en est.&amp;quot; (p.108-109)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi voir ce qu'il en est aurait deux sens : quand c'est dans la
bouche d'un scientifique, c'est formuler des hypothèses testables , quand c'est
dans la bouche d'un philosophe, c'est, selon Laugier, suivant Wittgenstein et
Cavell, prêter attention aux détails de la réalité que transporte notre langage
ordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me demande alors comment distinguer le langage ordinaire dont on attend
visiblement tant de ce que la philosophie a désigné sous le nom de doxa. À
première vue, ce sont désormais les constructions philosophiques qui joueraient
le rôle négatif de la doxa, consistant à cacher la réalité. Mais le langage
ordinaire n'a-t-il pas incorporé une partie des concepts philosophiques ?
Où trouver ce langage ? Ce qu'on trouve ne porte-t-il pas toujours les
marques de cultures, d'histoires, d'ethnies ? Est-ce traductible dans une
autre langue ? Je me souviens avoir fait une telle remarque en lisant les
subtiles analyses qu' Austin fait des articulations de la réalité véhiculées
par la langue anglaise.&lt;br /&gt;
En somme comment définir le langage ordinaire sans constituer un nouveau mythe,
précisément celui du langage ordinaire ?&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Philosophie antique et Wittgenstein.</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2010/01/11/Philosophie-antique-et-Wittgenstein</link>
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    <pubDate>Mon, 11 Jan 2010 05:06:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Wittgenstein</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Il est arrivé qu'on me demande s'il y a un lien entre mon intérêt pour la
philosophie antique et celui que je porte à Wittgenstein. Or, je trouve dans le
dernier livre de Sandra Laugier &lt;strong&gt;Wittgenstein. Les sens de
l'usage&lt;/strong&gt; (Vrin 2009) un passage assez bien adapté à cette question:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; P. Hadot a mis en évidence dès les années 1960 un lien entre la
philosophie antique comme pratique et exercice spirituel et la visée
thérapeutique de Wittgenstein. Le &lt;strong&gt;Tractatus&lt;/strong&gt; est bien un
exercice où l'on atteint la transformation de soi par un effort de lucidité et
un travail sur soi et ses perceptions.&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Je me suis rendu compte que j'avais essayé de proposer une attitude
philosophique qui soit indépendante, d'abord, de toute philosophie particulière
et, ensuite, de toute religion. Quelque chose qui se justifie par soi-même&lt;/em&gt;
(&lt;strong&gt;Qu'est-ce que l'éthique ?&lt;/strong&gt; Entretien avec P.Hadot, Cités, nº
5,2001)&lt;br /&gt;
En articulant l'approche de Wittgenstein à une conception de la philosophie
comme éthique du langage et perfectionnement de soi, Hadot a légitimé une
ouverture ultérieure des interprétations de Wittgenstein. Les limites du
langage sont les limites de mon monde, et de ma vie : reconnaître ma forme
de vie dans le langage, c'est reconnaître ma finitude. L'exercice spirituel
consisterait à comprendre ma situation dans le langage et est un apprentissage
de la mort, comme de la vie, dont les limites sont celles de mon monde.&lt;br /&gt;
Cette éthique wittgensteinienne définit alors une forme non religieuse
d'exercice spirituel : il n'y a pas d'en-dehors du langage, et comprendre
l'auteur du livre (TLP, 6.54) c'est comprendre que le livre est dénué de sens.
Cette insistance finale et inattendue sur l'auteur dans un ouvrage aussi
impersonnel (&amp;quot;celui qui &lt;em&gt;me&lt;/em&gt; comprend&amp;quot;) montre bien le statut du
&lt;strong&gt;Tractatus&lt;/strong&gt;, qui est de transformer le lecteur. En ce sens, la
lecture de Wittgenstein sera aussi, comme le dit Hadot dans sa préface aux
&lt;strong&gt;Exercices spirituels&lt;/strong&gt; à propos du &lt;strong&gt;Tractatus&lt;/strong&gt;,
une forme d'exercice de compréhension de soi. Il est important de noter qu'un
tel exercice de compréhension prend toute sa valeur s'il est spécifiquement
compréhension d'autrui.&amp;quot; (p.67-68)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapprochement entre la dimension thérapeutique et des philosophies
antiques et des réflexions de Wittgenstein ne doit pas cependant éclipser une
différence essentielle : scepticisme à part, les philosophies antiques
bâtissent leur éthique (dont la fonction thérapeutique est explicite par
exemple dans l'épicurisme) sur une base métaphysique alors que Wittgenstein (du
moins dans l'interprétation que donne Laugier du &lt;strong&gt;Tractatus&lt;/strong&gt;)
nie et la valeur et la nécessité de toute métaphysique (concernant le stoïcisme
j'ai développé ce point &lt;a href=&quot;http://www.philalethe.net/post/2009/11/04/Dans-quelle-mesure-peut-on-attribuer-%C3%A0-Wittgenstein-une-%C3%A9thique-d-inspiration-sto%C3%AFcienne7&quot;&gt;
ici&lt;/a&gt;).&lt;br /&gt;
D'ailleurs, sauf à me tromper, Hadot n'a jamais réduit les philosophies
antiques à des éthiques, il a juste assuré qu'elles étaient irréductibles à des
théories et que leur finalité pratique est essentielle à la compréhension des
éventuelles contradictions théoriques qu'elles renferment&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.philalethe.net/post/2010/01/11/Philosophie-antique-et-Wittgenstein#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Le rêve matérialiste d'un communiste.</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2009/12/17/Le-r%C3%AAve-mat%C3%A9rialiste-d-un-communiste.5</link>
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    <pubDate>Thu, 17 Dec 2009 18:42:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Koestler</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&amp;quot; Que se passait-il dans le cerveau du Nº1 ? Il (&lt;em&gt;il s'agit de
Roubachof, le personnage principal&lt;/em&gt;) se représentait une coupe de ce
cerveau, soigneusement peinte en gris à l'aquarelle sur une feuille de papier
fixée avec des punaises sur une planche à dessin. Les circonvolutions de la
matière grise s'enflaient comme des entrailles, s'enroulaient les unes sur les
autres comme des serpents musculeux, s'estompaient comme la spirale des
&lt;em&gt;nébuleuses&lt;/em&gt; sur des cartes astronomiques...Que se passait-il dans les
renflements de ces grises circonvolutions ? On savait tout des lointaines
&lt;em&gt;nébuleuses&lt;/em&gt;, mais sur elles on ne savait rien. Telle était sans doute
la raison pour laquelle l'Histoire était un oracle plutôt qu'une science. Plus
tard, peut-être, beaucoup plus tard, on l'enseignerait au moyen de tables
statistiques auxquelles s'ajouteraient de pareilles coupes anatomiques. Le
professeur dessinerait au tableau une formule algébrique représentant les
conditions de vie des masses d'un pays donné à une époque donnée :
&amp;quot;Citoyens, voici les facteurs objectifs qui ont conditionné ce processus
historique.&amp;quot; Et, montrant de sa règle un paysage brumeux et grisâtre entre le
second et le troisième lobe du cerveau du Nº1 : &amp;quot;Et maintenant, voici
l'image subjective de ces facteurs. C'est elle qui pendant le second quart du
XXe siècle a conduit au triomphe du principe totalitaire.&amp;quot; Tant qu'on n'en
serait pas là, la politique ne serait jamais qu'un dilettantisme sanglant, que
pure superstition et magie noire...&amp;quot; (Arthur Koestler &lt;strong&gt;Le zéro et
l'infini&lt;/strong&gt; 1945 trad. Jérôme Jenatton)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un rêve réductionniste : l'histoire est réduite à la psychologie
qui est réduite à la neurologie, plus exactement à une sorte de neuro-économie
(pas au sens où on l'entend aujourd'hui - étude des conditionnements
neurologiques de l'économie - mais au sens d'étude des conditionnements
économiques de la neurologie).&lt;br /&gt;
Le matérialisme expliquera alors les méfaits du communisme réel.&lt;br /&gt;
Marx distinguait l'histoire de la préhistoire (&amp;quot;La préhistoire de l'homme
s'achève&amp;quot; &lt;strong&gt;Contribution à la critique de l'économie politique&lt;/strong&gt;
1859)&lt;br /&gt;
La même opposition est reprise ici mais contre certains de ceux qui ont
prétendu l'incarner politiquement.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.philalethe.net/post/2009/12/17/Le-r%C3%AAve-mat%C3%A9rialiste-d-un-communiste.5#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Traquons la frime !</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2009/12/15/Traquons-la-frime-%215</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:9f41a3a8d7aa8c4bf287281d5b1e3736</guid>
    <pubDate>Tue, 15 Dec 2009 18:01:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Métablog</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Quand je cite la traduction française d'un texte latin, il m'arrive de
mettre entre parenthèses l'expression latine. C'est en général parce que la
traduction en français prête à discussion. Sûr alors de l'utilité du procédé,
j'ai bonne conscience. Reste qu'une note de Frédéric Nef à propos d'un texte de
Derrida tiré de &lt;strong&gt;Glas&lt;/strong&gt; me fait baisser les yeux. La
voici :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; L'usage entre parenthèses d'un terme allemand qui est l'exact équivalent
du terme français (&lt;em&gt;dans le cas du texte derridien, c' était Gefühl, qu'il
est usuel de traduire par sentiment&lt;/em&gt;) a une fonction purement rhétorique.
C'est un reste (ou plus qu'un reste) de Heidegger : l'allemand est avec le
grec la langue de la philosophie et il faut parsemer les textes de termes
allemands, pour signifier : &amp;quot;c'est de la vraie philosophie&amp;quot;. C'est un
usage particulier du principe d'autorité, l'autorité venant ici non d'un
auteur, ou d'un commentateur, ou d'un Livre, mais d'une langue tout entière, à
laquelle on prête la vertu de philosopher naturellement.&amp;quot; (&lt;strong&gt;Qu'est-ce
que la métaphysique ?&lt;/strong&gt; 2004 p.925)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes yeux se relèvent un peu, à réaliser que le latin n'a pas la dignité
philosophique du grec ou de l'allemand. Reste que Nef, souvent amusamment
iconoclaste, rappelle que la philosophie doit se délester, sinon de toute
rhétorique, du moins des tics rhétoriques, sujets aux modes mais immuablement
nocifs du point de la valeur de la pensée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Précision : ce modeste billet à usage personnel, si on peut dire, n'est
en rien une indirecte visant Heidegger !&lt;br /&gt;
Pas plus qu'il ne cautionne la thèse que toutes les langues sont identiquement
capables de servir la réflexion philosophique.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.philalethe.net/post/2009/12/15/Traquons-la-frime-%215#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Freud, spinoziste.</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2009/12/14/Freud%2C-spinoziste.5</link>
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    <pubDate>Mon, 14 Dec 2009 15:49:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Freud</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;em&gt;A F., qui connaît déjà bien les fins de vie.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arthur Koestler a rendu visite à Freud à Londres pendant l'automne 1938.
Rendant compte de cet entretien, il rapporte le passage suivant:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; J'avais prononcé je ne sais quel lieu commun sur les nazis. Freud
regardait d'un air lointain la fenêtre et les arbres, et avec un peu
d'hésitation dit :&lt;br /&gt;
- Vous savez, ils n'ont fait que déclencher la force d'agression refoulée dans
notre civilisation. Un phénomène de ce genre devait se produire, tôt ou tard.
Je ne sais pas si, de mon point de vue, je peux les blâmer.&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Koestler ajoute :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; Il employa probablement des mots tout différents, mais il ne pouvait y
avoir méprise sur le sens. Il n'avait fait que donner une expression normale à
la neutralité éthique inhérente au système freudien - et à toute science
strictement déterministe. Pas même &amp;quot;tout comprendre, c'est tout pardonner&amp;quot; -
car le pardon implique un jugement éthique, mais simplement : &amp;quot;Tout
comprendre, c'est tout comprendre.&amp;quot;&amp;quot; (&lt;strong&gt;Hiéroglyphes&lt;/strong&gt; 1955
p.495)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien sûr on pense à :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; Je veux revenir à ceux qui préfèrent maudire les Affects et actions des
hommes, ou en rire, plutôt que de les comprendre (intelligere). Ceux-là, sans
aucun doute, trouveront étonnant que j'entreprenne de traiter les vices et
inepties des hommes à la façon géométrique, et que je veuille démontrer de
façon certaine (certa ratione demonstrare) ce qu'ils ne cessent de proclamer
contraire à la raison (rationi repugnare), vain, absurde et horrible.&amp;quot; (Spinoza
&lt;strong&gt;Éthique&lt;/strong&gt; III Préface trad. Bernard Pautrat)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette attitude est à mettre en perspective avec la suivante, relative à
son cancer et rapportée aussi par Koestler:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; Je demandai à Freud s'il voyait à Londres beaucoup d'amis et de confrères.
Il dit que &amp;quot;les docteurs&amp;quot; ne lui permettaient pas de voir beaucoup de monde, à
cause de &amp;quot;cette chose sur ma lèvre&amp;quot;. Il continua en disant qu'on le traitait
aux rayons X et au radium. Puis le regard absent et lointain reparut dans ses
yeux. il reprit : &amp;quot;Les docteurs disent qu'ils peuvent guérir cela. Mais
sait-on s'il faut les croire ?&amp;quot;&lt;br /&gt;
Freud savait que la &amp;quot;chose&amp;quot; sur sa lèvre était un cancer. Mais le mot ne fut
jamais mentionné par lui ni dans ses discours ni sans ses lettres à des amis;
et personne ne le prononça jamais en sa présence. Il savait qu'il n'y avait pas
d'espoir et que &amp;quot;les docteurs&amp;quot; le savaient. L'homme qui, plus qu'aucun autre
mortel, connaissait les tours de la tromperie de soi-même, avait choisi
d'entrer dans la nuit un voile transparent sur les yeux.&amp;quot; (ibid. p.496)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce pesant de rapporter encore deux autres fins, bien différentes malgré
un commun silence ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Roger Vailland (1965):&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; &amp;quot;J'ai eu (&lt;em&gt;c'est Claude Roy qui parle&lt;/em&gt;) une seule et franche
conversation sur le sujet de la &amp;quot;vérité&amp;quot; avec Élisabeth (&lt;em&gt;la compagne de
Vailland&lt;/em&gt;). Je lui ai dit : &amp;quot;Tout ce qu'était, voulait et disait Roger
avant de tomber malade penche vers le choix de dire la vérité. C'est à lui
(d'une certaine manière) et à toi (en définitive) qu'incombe la responsabilité
de choisir l'illusion ou la vérité. Je t'approuverai dans l'un ou l'autre cas,
mais il faut tout bien peser.&amp;quot; Nous décidâmes que je consulterais le docteur
Mario Bianchi. Celui-ci me dit : &amp;quot;Même si un malade, avant ou après être
tombé malade, a professé et professe la volonté de &lt;em&gt;savoir&lt;/em&gt;, il ne faut
pas se fier à ce qu'il &lt;em&gt;dit&lt;/em&gt;, mais à ce qu'il &lt;em&gt;veut&lt;/em&gt;
inconsciemment. Si Roger a accepté en quelques instants une explication
&amp;quot;illusoire&amp;quot; de sa maladie, si le professeur Jean Bernard a décidé en quelques
instants de lui donner cette version, c'est que tout en Roger, malgré ses
dires, malgré sa volonté de &amp;quot;vivre et mourir en fauve de la Renaissance&amp;quot;,
montrait le refus de dévisager la réalité. Il faut donc respecter son choix
vital. Il a besoin pour vivre sa mort de ne pas la nommer. Aidons-le dans cette
voie.&amp;quot; Et jamais plus je n'ai parlé du problème avec Élisabeth, encore moins
présenté d'éternelles suppliques.&amp;quot;&lt;br /&gt;
Jamais Claude Roy n'oublia cette rencontre avec Roger Vailland au célèbre
&lt;em&gt;Bar Vert&lt;/em&gt; de la rue Jacob, une heure avant que son ami rencontrât le
professeur Jean Bernard. - Si c'est un cancer, lui dit-il, je choisirai ma
mort. Sortant de chez l'illustre cancérologue, Vailland téléphona aussitôt à
son vieux copain : - J'ai une veine inouïe... C'est bien un virus.&amp;quot;
(&lt;strong&gt;Roger Vailland ou un libertin au regard froid&lt;/strong&gt; Yves Courrière
1991 p.939)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel Foucault (1984):&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; Il n'avait pas peur de la mort, il le disait à ses amis lorsque la
conversation en revenait au suicide (en bon samouraï, il portait les deux
sabres dont le plus court sert à se donner la mort), et les faits ont prouvé
qu'il ne se vantait pas. Les tout derniers mois de sa vie, il travaillait à
écrire et récrire ses deux livres sur l'amour antique, à liquider cette dette
envers lui-même. Il me faisait quelquefois vérifier une de ses traductions et
il se plaignait d'une toux tenace et d'une légère fièvre incessante ; par
courtoisie, il me faisait demander des conseils à ma femme qui est médecin et
qui n'en pouvait mais. &amp;quot;Tes médecins vont sûrement croire que tu as le sida&amp;quot;,
lui dis-je par plaisanterie (les taquineries mutuelles sur la différence de nos
goûts amoureux étaient un des rituels de l'amitié).&amp;quot;C'est précisément ce qu'ils
pensent, me répondit-il en souriant, et je l'ai bien compris aux questions
qu'ils m'ont posées.&amp;quot; Mon lecteur aura peine à croire qu'en ce mois de février
1984 une fièvre et une toux ne donnaient de soupçons à personne ; le sida
était encore un fléau si lointain et ignoré qu'il en devenait légendaire et
peut-être imaginaire (&lt;em&gt;à cet endroit, on lit la note suivante&lt;/em&gt;: &amp;quot;aucun
de ses familiers ne s'est douté de quelque chose ; nous n'avons su qu'au
lendemain de sa mort. Au témoignage de Daniel Defert, lui-même avait noté dans
son calepin : &amp;quot;Je sais que j'ai le sida, mais, avec mon hystérie, je
l'oublie.&amp;quot;) &amp;quot;Au fait, lui demandais-je par simple curiosité, ça existe
réellement, le sida, ou c'est une légende moralisatrice ?&amp;quot; -&amp;quot;Eh bien, écoute,
me répondit-il après une seconde de réflexion, j'ai étudié la question, j'ai lu
pas mal de choses là-dessus : oui, ça existe, ce n'est pas une légende.
Les médecins américains ont étudié cela de près.&amp;quot; Et il me donna des détails
techniques en deux ou trois phrases. &amp;quot;Après tout, me dis-je, il est historien
de la médecine.&amp;quot; Des entrefilets d'origine américaine sur le &amp;quot;cancer des
homosexuels&amp;quot; paraissaient alors dans les journaux, où la réalité de ce fléau
était mise en doute.&lt;br /&gt;
Rétrospectivement, son sang-froid lors de ma sotte question me coupe le
souffle ; lui-même à dû prévoir qu'il en serait ainsi un jour, méditer la
réponse qu'il m'avait faite et compter sur ma mémoire.&amp;quot; (&lt;strong&gt;Foucault, sa
pensée, sa personne&lt;/strong&gt; Paul Veyne 2008 p.210-211)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ces trois illustres personnages, y a-t-il un candidat au titre
d&lt;em&gt;'exemplum&lt;/em&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Veyne, qui reprend dans ce livre un article paru dans le numéro spécial
de &lt;strong&gt;Critique&lt;/strong&gt;, août-septembre 1986, n'avait pas hésité alors à
ajouter immédiatement après le passage que je viens de citer:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; Donner de vivants &lt;em&gt;exempla&lt;/em&gt; était une autre tradition de la
philosophie antique.&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 ans après, il n'a pas jugé bon de reprendre la phrase. Visiblement il
préfère la figure du samouraï (le titre du dernier chapitre est en effet
&amp;quot;Portrait d'un samouraï&amp;quot;). À cause de la référence à l'hystérie ?&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Wittgenstein, Nef / Nietzsche</title>
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    <pubDate>Wed, 09 Dec 2009 15:04:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Wittgenstein</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Wittgenstein écrit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; 126. La philosophie se contente de placer toute chose devant nous, sans
rien expliquer ni déduire - Comme tout est là, offert à la vue, il n'y a rien à
expliquer. Car ce qui est en quelque façon caché ne nous intéresse pas.&lt;br /&gt;
On pourrait aussi appeler &amp;quot;philosophie&amp;quot; ce qui est possible &lt;em&gt;avant&lt;/em&gt;
toute nouvelle découverte et invention.&amp;quot; (&lt;strong&gt;Recherches
philosophiques&lt;/strong&gt; p.88 Gallimard)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai pas l'intention d'identifier Frédéric Nef à un philosophe
wittgenstein (&amp;quot;je suis un platoniste particulariste et possibiliste&amp;quot; dit-il de
lui dans son dernier livre p.206). Cependant, encore une fois, je trouve dans
cette oeuvre un passage qui fait écho aux lignes de Wittgenstein:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; Il n'y a rien de mystérieux dans les tropes; sans doute parce qu'il n'y a
rien de mystérieux dans le monde et qu'en tout cas rien n'est caché; il n'y a
pas de cachette pour un sens profond, pas de placard à double fond pour le
Grand Secret. Dieu est subtil, mais il n'est pas retors - il s'est retiré de la
table de jeu, mais il n'a pas pipé les dés. La difficulté n'est pas dans un
prétendu secret de l'essence des choses, mais dans son caractère manifeste et
dans la nature même du manifeste (cf Mark Johnston, &lt;em&gt;The Manifest&lt;/em&gt;).&amp;quot; (
&lt;strong&gt;Traité d'ontologie&lt;/strong&gt; p.224 2009)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dire que l'affaire du philosophe n'est pas de dévoiler le caché ne revient
pas à dire que c'est une entreprise facile ni à dire qu'il n'y a pas de choses
cachées à faire apparaître (mais c'est le travail de la science).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comparera avec:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; &lt;em&gt;Pour cela, attention !&lt;/em&gt; - Il n'y a rien que nous aimions autant
faire connaître aux autres que le sceau du secret - sans oublier ce qu'il y a
dessous.&amp;quot; (Nietzsche &lt;strong&gt;Le gai savoir&lt;/strong&gt; III 197)&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Les nombres et l'histoire naturelle des hommes.</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2009/12/08/Les-nombres-et-l-histoire-naturelle-des-hommes.2</link>
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    <pubDate>Tue, 08 Dec 2009 20:18:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Wittgenstein</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Wittgenstein écrit dans les &lt;strong&gt;Recherches philosophiques&lt;/strong&gt;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; 415. Ce que nous proposons, ce sont à proprement parler des remarques sur
l'histoire naturelle des hommes. Ce ne sont cependant pas des contributions
singulières, mais plutôt des constatations dont personne n'a douté, et qui
n'échappent à notre attention que parce que nous les avons constamment sous les
yeux.&amp;quot; (p.182 Gallimard)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage qui suit de Frédéric Nef me paraît éclairer les lignes
précédentes:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; Les entiers naturels ne sont certes pas coupés du monde naturel, mais il
ne faut pas confondre le nombre et sa réalisation linguistique dans des bases,
cinq, dix ou vingt en général, qui correspondent à des réalités anatomiques. En
français hexagonal par exemple, coexistent deux bases, ce qui explique
l'incohérence de l'usage : d'une part &amp;quot;soixante-dix&amp;quot; (base dix) et d'autre
part &amp;quot;quatre-vingts&amp;quot; (base vingt). Même si nous ne comptons plus sur nos doigts
d'enfants, nous le faisons comme des créatures qui ont dix ou vingt doigts (et
orteils) et pas comme des ordinateurs, qui ne pensent que par présence ou
absence, ou des dieux qui ont dix mille bras.&amp;quot; (&lt;strong&gt;Traité d'ontologie pour
les non-philosophes - et les philosophes -&lt;/strong&gt; 2009 p.178)&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.philalethe.net/post/2009/12/08/Les-nombres-et-l-histoire-naturelle-des-hommes.2#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Arthur Koestler a-t-il lu Jean-Paul Sartre ? ou Arthur Koestler en lâche (au sens sartrien)</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2009/12/06/Arthur-Koestler-a-t-il-lu-Jean-Paul-Sartre-ou-Arthur-Koester-en-l%C3%A2che-%28au-sens-sartrien%292</link>
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    <pubDate>Sun, 06 Dec 2009 18:47:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Koestler</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&amp;quot; Ainsi, au nom de cette volonté de liberté, impliquée par la liberté
elle-même, je puis former des jugements sur ceux qui visent à se cacher la
totale gratuité de leur existence, et sa totale liberté. Les uns qui se
cacheront, par l'esprit de sérieux ou par des excuses déterministes, leur
liberté totale, je les appellerai lâches.&amp;quot; (&lt;strong&gt;L'existentialisme est un
humanisme&lt;/strong&gt; Sartre 1945)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; Ce jour-là, la querelle devint particulièrement aigre (&lt;em&gt;il s'agit de sa
relation avec une amie&lt;/em&gt;). Le déterminisme était déjà une position perdue
dans mon univers croulant. la physique moderne avait, quelques années
auparavant (&lt;em&gt;la scène se passe en 1935-1936&lt;/em&gt;), abandonné le concept d'un
univers exactement déterminé et réglé par la loi de causalité. Mais abandonner
le déterminisme, au sens qu'il avait eu pour la science classique, ne
signifiait pas nécessairement que l'on dût accepter le postulat du libre
arbitre. Il y avait d'autres solutions, telles que le remplacement des lois de
causalité par les lois de probabilité, et l'interprétation de ces dernières de
façon étroitement rationaliste. Car, admettre le concept du libre arbitre,
c'était accepter l'ultime responsabilité de toutes nos actions passées et
présentes, conscientes ou non. C'était accepter un fardeau insupportable de
culpabilité et de honte - sans la consolation d'une science éthiquement neutre
qui permît de se considérer soi-même comme un mécanisme chimique sans liberté
ni responsabilité, obéissant aveuglement aux poussées du milieu interne et
externe. Je n'étais pas prêt à assumer les charges de la liberté.&amp;quot; (
&lt;strong&gt;Hiéroglyphes&lt;/strong&gt; p.355-56 1955)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; Évidemment, cette pensée peut paraître dure à quelqu'un qui n'a pas réussi
sa vie.&amp;quot; (Sartre ibid.)&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.philalethe.net/post/2009/12/06/Arthur-Koestler-a-t-il-lu-Jean-Paul-Sartre-ou-Arthur-Koester-en-l%C3%A2che-%28au-sens-sartrien%292#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Deux manières de juger les anomalies: Quine et Reichenbach (vu par Koestler) ou y a-t-il des phénomènes absolument inexplicables dans le cadre du matérialisme ?</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2009/12/06/Deux-mani%C3%A8res-de-juger-les-anomalies%3A-Quine-et-Reichenbach-%28vu-par-Koestler%29-ou-y-a-t-il-des-ph%C3%A9nom%C3%A8nes-absolument-inexplicables-dans-le-cadre-du-mat%C3%A9rialisme2</link>
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    <pubDate>Sun, 06 Dec 2009 18:00:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Digressions</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&amp;quot; &amp;quot;Une difficulté est une lumière, écrivait Paul Valéry. Une difficulté
insurmontable est un soleil.&amp;quot; Tout phénomène occulte avéré - un cas établi de
télépathie, téléportation ou voyance, une soucoupe volante - ravirait l'esprit
scientifique. On verrait des meutes de chercheurs se ruer tout joyeux vers leur
planche à dessin ou leur accélérateur linéaire. Les mécanismes du phénomène
occulte en question mériteraient d'être étudiés, ce serait le début d'une
révolution fondamentale en physique.&amp;quot; (W.V. Quine in &lt;strong&gt;Quiddités&lt;/strong&gt;
p.16 1987 Seuil)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; En 1952, je rencontrai à Princeton un vieil ami, Hans Reichenbach, mort
depuis, logicien mathématique de premier ordre et professeur de philosophie à
l'université de Californie. Je ne l'avais pas vu depuis vingt ans. Fort âgé
(&lt;em&gt;en réalité Reichenbach n'avait que 61 ans&lt;/em&gt;) et devenu assez sourd, il
se servait, au lieu d'un appareil moderne, d'une vieille trompe acoustique. Il
me demanda à quoi je m'intéressais à présent, et je lui parlai des travaux de
Rhine sur les perceptions extra-sensorielles. Il traita tout cela de sornettes.
Je lui dis que je n'étais pas de cet avis et lui fis remarquer que les
évaluations statistiques des phénomènes semblaient prouver des résultats réels
(autrement dit: ils semblaient confirmer l'existence de la télépathie et autres
phénomènes du même genre ). Reichenbach sourit et demanda : &amp;quot; Qui a
contrôlé ces statistiques ? - R.A. Fisher &amp;quot; répondis-je. (Fisher est un
des plus grands spécialistes contemporains du calcul des probabilités.)
Reichenbach ajusta son appareil : &amp;quot; Qui, dites-vous ? &amp;quot; Je hurlai
dans la trompe : &amp;quot; Fisher ! Fisher en personne ! &amp;quot; Reichenbach
changea de visage. Il pâlit, laissa tomber sa trompe et dit : &amp;quot; Si c'est
vrai, c'est terrible, terrible. Dans ce cas, il faudra effacer tout et
recommencer au commencement.&amp;quot; En d'autres termes : si la perception
extra-sensorielle existe, tout l'édifice de la philosophie matérialiste
s'écroule. Et, pour un philosophe matérialiste de profession, cela représente
l'écroulement de l'oeuvre de sa vie.&amp;quot; ( Arthur Koestler
&lt;strong&gt;Hiéroglyphes&lt;/strong&gt; p.354 1955)&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.philalethe.net/post/2009/12/06/Deux-mani%C3%A8res-de-juger-les-anomalies%3A-Quine-et-Reichenbach-%28vu-par-Koestler%29-ou-y-a-t-il-des-ph%C3%A9nom%C3%A8nes-absolument-inexplicables-dans-le-cadre-du-mat%C3%A9rialisme2#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>L'allégorie de la caverne interprétée par Arthur Koestler ou de qui donc suis-je l'ombre ?</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2009/12/05/L-all%C3%A9gorie-de-la-caverne-interpr%C3%A9t%C3%A9e-par-Arthur-Koestler-ou-de-qui-donc-suis-je-l-ombre2</link>
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    <pubDate>Sat, 05 Dec 2009 23:30:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Platon</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&amp;quot; Nous avions tous les deux la passion de l'eau. Nageant côte à côte dans la
fraîcheur du petit matin, nous étions séparés et unis par quelques centimètres
de liquide transparent, sans le contact physique direct que Maria redoutait et
que je ne désirais pas. Les courses haletantes avaient elles aussi leur
signification, comme les ombres qui s'agitent dans la grotte de Platon :
les véritables personnages à l'extérieur de la grotte étaient peut-être une
Maria de dix ans plus jeune, moi-même de dix ans plus âgé, et tous deux sains
d'esprit. Puis, tandis que nous reposions côte à côte dans l'herbe à un mètre
l'un de l'autre, il y avait ces éclairs sur un visage transfiguré, presque
terrifiant dans sa beauté non réalisée - éclairs de l'être véritable qui
passait vivement devant l'entrée de la grotte.&amp;quot; (&lt;strong&gt;Hiéroglyphes&lt;/strong&gt;
p.352 Calmann-Lévy 1955)&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.philalethe.net/post/2009/12/05/L-all%C3%A9gorie-de-la-caverne-interpr%C3%A9t%C3%A9e-par-Arthur-Koestler-ou-de-qui-donc-suis-je-l-ombre2#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Est-il donc vain de vouloir être poli ? ou Qu'est-on en droit d'attendre d'un enseignement des humanités ?</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2009/11/29/Est-il-donc-vain-de-vouloir-%C3%AAtre-poli-ou-qu-est-on-en-droit-d-attendre-d-un-enseignement-des-humanit%C3%A9s</link>
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    <pubDate>Sun, 29 Nov 2009 12:51:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Bergson</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Le 30 Juillet 1885, Henri Bergson prononce le discours de la Distribution
des Prix au lycée de Clermont-Ferrand. Il a choisi de faire réfléchir les
élèves sur la politesse. Il termine son introduction ainsi:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; Demandons-nous donc, mes amis, en quoi consiste la politesse vraie :
s'apprend-elle comme une leçon ou bien, chez un esprit nourri aux fortes
études, ne viendrait-elle pas d'elle-même, se surajouter à tout le reste, comme
le parfum à la fleur éclose ?&amp;quot; (&lt;strong&gt;Mélanges&lt;/strong&gt; p.318)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La thèse de Bergson est que seule s'apprend la civilité ou politesse
artificielle et que sur ce point le civilisé (traduisons: l'Européen) en sait
bien peu, comparé au sauvage (le non-Européen, précisément &amp;quot;les peuplades à
moitié sauvages de l'Asie septentrionale&amp;quot; - en 1892, reprenant cette première
version pour un deuxième discours de Distribution des Prix mais au lycée Henri
IV cette fois (!), il tourne son regard désormais vers le Chili et &amp;quot;les Indiens
d'Araucanie&amp;quot;). La vraie politesse est identifiable à trois types de politesse:
la politesse des manières, la politesse de l'esprit, la politesse de coeur.
Mais comment les faire siennes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politesse des manières est &amp;quot;un certain art de témoigner à chacun, par son
attitude et ses paroles, l'estime et la considération auxquelles il a droit&amp;quot;
(p.320). Bergson l'identifie à une expression de &amp;quot;l'amour de l'égalité&amp;quot;.
Peut-on alors aller jusqu'à soutenir que cette politesse est un effet
essentiellement secondaire de l'amour de l'égalité ? On laisse de côté la
question de savoir si l'amour de l'égalité est à son tour un effet
essentiellement secondaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politesse de l'esprit, &amp;quot;politesse raffinée&amp;quot;, est &amp;quot;la faculté de se mettre
à la place des autres, de s'intéresser à leurs occupations, de penser de leur
pensée&amp;quot; (p.322) Supposant &amp;quot;certaines qualités de coeur et beaucoup de qualités
de l'esprit&amp;quot; (p.324), elle peut être vue aussi comme un effet essentiellement
secondaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politesse du coeur, qui n'est plus &amp;quot;talent&amp;quot; mais &amp;quot;vertu&amp;quot; est &amp;quot;la charité
s'exerçant dans la région des amours-propres, là où il est aussi difficile
parfois de connaître le mal que de le vouloir guérir&amp;quot;. C'est aussi un effet
essentiellement secondaire: &amp;quot; une grande bonté naturelle en est le fond; mais
cette bonté resterait peut-être inefficace si la pénétration de l'esprit ne s'y
joignait, la finesse, et une connaissance approfondie du coeur humain&amp;quot;
(p.326)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours se terminant, Bergson se fait encore plus clair en précisant à
propos de la politesse quelle que soit sa forme:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; La politesse ainsi entendue réclame le concours de l'esprit et du
coeur ; c'est dire qu'elle ne s'enseigne guère ; mais si quelque
chose y pouvait prédisposer, ce seraient les études désintéressées, et en
particulier celles que vous faites ici, jeunes élèves, les études classiques.&amp;quot;
(p.329)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de surprise à lire la question rhétorique du dernier paragraphe:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; Ajouterai-je que la philosophie complète heureusement sur ce point les
études littéraires ?&amp;quot; (p.330)&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.philalethe.net/post/2009/11/29/Est-il-donc-vain-de-vouloir-%C3%AAtre-poli-ou-qu-est-on-en-droit-d-attendre-d-un-enseignement-des-humanit%C3%A9s#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Est-il donc vain de vouloir le bonheur ?</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2009/11/25/Est-il-donc-vain-de-vouloir-le-bonheur5</link>
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    <pubDate>Wed, 25 Nov 2009 15:01:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Philosophie antique</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Jon Elster conclut son article intitulé &lt;strong&gt;States that are essentially
by-products&lt;/strong&gt; -1983- (Le laboureur et ses enfants -1986-) par les lignes
suivantes:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; On dit que les bonnes choses de la vie sont gratuites : en fait, on
pourrait dire que les bonnes choses de la vie sont des effets essentiellement
secondaires &amp;quot; (p. 98 de l'édition française)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il a raison, les philosophes antiques se sont trompés, qui faisaient des
&amp;quot;bonnes choses de la vie&amp;quot; la fin de leur éthique. Comme se tromperait également
toute philosophie qui ferait du bonheur une fin de l'activité humaine. La
condition nécessaire d'obtention des &amp;quot;bonnes choses&amp;quot; en question serait de ne
pas les viser mais de viser très sérieusement, on pourrait dire de tout son
coeur, les fins qui, une fois atteintes, produisent lesdites &amp;quot;bonnes
choses&amp;quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ensemble des philosophies hellénistiques, on doit pourtant mettre à
part le scepticisme car il semble bien que le bonheur ait été atteint par
hasard:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; En fait il est arrivé au sceptique ce qu'on raconte du peintre Apelle. On
dit que celui-ci, alors qu'il peignait un cheval et voulait imiter dans sa
peinture l'écume de l'animal, était si loin du but qu'il renonça et lança sur
la peinture l'éponge à laquelle il essuyait les couleurs de son pinceau ;
or quand elle l'atteignit, elle produisit une imitation de l'écume du cheval.
Les sceptiques, donc, espéraient aussi acquérir la tranquillité en tranchant
face à l'irrégularité des choses qui apparaissent et qui sont pensées, et,
étant incapables de faire cela, ils suspendirent leur assentiment. Mais quand
ils eurent suspendu leur assentiment, la tranquillité s'ensuivit fortuitement,
comme l'ombre suit un corps.&amp;quot; (Sextus Empiricus &lt;strong&gt;Esquisses
pyrrhoniennes&lt;/strong&gt; I, 12, 28-29 trad. Pellegrin Points p.71)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut faire cependant deux réserves: d'abord, c'est de l'échec d'une
entreprise que naît l'effet essentiellement secondaire (alors qu'Elster se
centre plutôt sur les effets essentiellement secondaires des succès); ensuite
l'effet secondaire en question ayant eu lieu au stade de la découverte de la
philosophie en question, la doctrine qui en naît est présentée comme ayant,
elle, comme effet principal et intentionnel les &amp;quot;bonnes choses de la vie&amp;quot; (dans
la mesure où on peut interpréter non dogmatiquement l'expression en
question).&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Le retour au langage ordinaire a-t-il les vertus politiques que certains  lui supposent ?</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2009/11/21/Le-retour-au-langage-ordinaire-a-t-il-les-vertus-politiques-que-certains-lui-supposent3</link>
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    <pubDate>Sat, 21 Nov 2009 20:00:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Wittgenstein</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&amp;quot; Lorsque le propriétaire d'esclave veut être servi à table par une main
noire, il ne se satisferait pas d'être servi par une patte noire. Lorsqu'il
viole une esclave ou la prend pour concubine, il n' a pas le sentiment d'avoir
fait un acte de zoophilie. Lorsqu'il donne un pourboire à un chauffeur de taxi
noir (chose qu'il ne fait jamais avec un chauffeur blanc), il ne lui vient pas
à l'idée qu'il aurait été plus approprié de flatter affectueusement la créature
d'une tape dans le cou. Il ne fait pas non de grands efforts pour convertir ses
chevaux au christianisme ni pour les empêcher d'en avoir connaissance. Tout,
dans la relation qu'il a avec ses esclaves, montre qu'il les traite comme plus
ou moins des humains&amp;quot; (&lt;strong&gt;Les voix de la raison&lt;/strong&gt; Stanley Cavell
p.541)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vais-je convertir l'esclavagiste à plus d'humanité en lui expliquant que ce
qu'il fait avec les hommes qu'il domine, il ne voudrait pas le faire avec des
animaux ?&lt;br /&gt;
Va-t-il, soucieux de ne pas se contredire, réaliser que les êtres qu'il
maltraite sont des hommes comme lui, qui ne méritent donc pas les mauvais
traitements qu'il leur fait subir ?&lt;br /&gt;
Quand les nazis parlaient des Juifs comme de microbes, les aurait-on fait
progresser éthiquement en leur faisant prendre conscience qu'ils ne traitaient
pas (exactement) comme des microbes leurs victimes (ils leur donnaient des
ordres par exemple) ?&lt;br /&gt;
Les bourreaux auraient-ils été déconcertés et auraient-ils retrouvé le sens
commun ou bien échapperaient-ils à la contradiction en disant quelque chose
comme: &amp;quot; bien sûr ce sont des hommes mais ils sont si nuisibles etc. qu'il faut
les traiter comme nous les traitons&amp;quot; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant Andrew Norris, dans l'article d'où je tire le texte de Cavell,
semble accorder un certain poids politique à la pratique de &amp;quot;rendre les mots
utilisés à leur usage ordinaire&amp;quot; (&amp;quot;&lt;strong&gt;La chaîne des raisons a une fin&amp;quot;.
Wittgenstein et Oakeshott sur le rationalisme et la pratique&lt;/strong&gt; in
&lt;strong&gt;Cités&lt;/strong&gt; 38 2009 p.107). Il reconnaît certes que &amp;quot; si, par
exemple, l'on était ouvert à la possibilité de dépecer et manger son esclave,
de traiter véritablement l'esclave comme une vache ou un cochon, on inclinerait
peut-être plus à affirmer, même après mûre réflexion, que l'esclave est un
animal.&amp;quot; Cependant il ajoute immédiatement: &amp;quot; Mais l'esclavagiste est-il
préparé à cela ? Et, sinon sa répugnance est-elle la même qu'à la pensée
de manger son chien ou son chat ?&amp;quot;&lt;br /&gt;
Il poursuit:&lt;br /&gt;
&amp;quot; La critique immanente (&lt;em&gt;il veut dire par là que &amp;quot;c'est quelqu'un
d'immanent qui parle à un membre d'une communauté particulière&amp;quot;&lt;/em&gt;) ne
requiert pas seulement que la forme de vie de la communauté juge les actes de
ses membres individuels: elle sert également à juger la communauté elle-même
dans ses propres termes, termes qu'elle peut aussi ne comprendre que
confusément.&amp;quot; (p.107)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fonction de l'article dans ce numéro de &lt;strong&gt;Cités&lt;/strong&gt; consacré à
&lt;strong&gt;Wittgenstein politique&lt;/strong&gt; est de dénoncer les lectures
conservatrices de Wittgenstein. Or, peut se demander si une telle confiance
dans la prise de conscience de ce que veut dire le langage ordinaire a le
pouvoir normalisateur qu'on lui attribue (dans un autre cadre, on dirait que
c'est une conception singulièrement idéaliste de la réalité humaine: on
dénonçerait l'idée qu' on ne modifie pas les choses en changeant les mots qui
les désignent ; dans cette perspective devrait-on croire dans l'efficacité
politique d'un retour à l'usage ordinaire des mots ?). En plus, quel est le
sens ordinaire d'homme ? Peut-on vraiment s'entendre sur lui ?&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.philalethe.net/post/2009/11/21/Le-retour-au-langage-ordinaire-a-t-il-les-vertus-politiques-que-certains-lui-supposent3#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Le &quot;stoïcisme&quot; de Wittgenstein</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2009/11/21/Le-%22sto%C3%AFcisme%22-de-Wittgenstein3</link>
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    <pubDate>Sat, 21 Nov 2009 13:19:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Wittgenstein</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Un des derniers aphorismes du &lt;strong&gt;Tractatus
logico-philosophicus&lt;/strong&gt; (6.432) marque nettement les limites de qu'on
appelle le stoïcisme de Wittgenstein:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; &lt;em&gt;Comment&lt;/em&gt; le monde est, est complètement indifférent pour le
Supérieur. Dieu ne se révèle pas dans le monde.&amp;quot; (c'est la traduction par
Granger du texte allemand: &amp;quot; &lt;em&gt;Wie&lt;/em&gt; die Welt ist, für das Höhere
vollkommen gleichgültig. Gott offenbart sich nicht &lt;em&gt;in&lt;/em&gt; der Welt.&amp;quot; Je
réalise une banalité: vu qu'en allemand tous les noms communs s'écrivent avec
une majuscule, il serait seulement un peu insensé de retranscrire ainsi le
texte allemand: &amp;quot;&lt;em&gt;Comment&lt;/em&gt; le Monde est, est complètement indifférent
pour le Supérieur. Dieu ne se révèle pas &lt;em&gt;dans&lt;/em&gt; le Monde.&amp;quot; Ce n'est pas
tout à fait insensé non plus de supprimer toutes les majuscules de la
phrase.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'appui de ce passage, ce texte cité par Jacques Bouveresse dans
&lt;strong&gt;Santé et maladie dans la philosophie et dans la vie&lt;/strong&gt; (in
&lt;strong&gt;Cités&lt;/strong&gt; 38 2009 p.134):&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; J'ai peur de la maladie et de la mort, de la mienne et de celle d'un ami,
ou d'une soeur, ou de Max, ou de Paul. Et pourtant tout cela est faux et
mauvais et pour une part est même vulgaire ; et pourtant j'ai peur. Il en
va pour moi avec la vie presque comme une dame qui est allée voir &lt;em&gt;Don
Carlos&lt;/em&gt;, avec l'idée que c'était une comédie, et après quelques actes s'est
levée indignée en disant. &amp;quot; Il me semble que c'est une tragédie !&amp;quot; (&lt;em&gt;en
français dans le texte&lt;/em&gt;).&lt;br /&gt;
Je considère la vie de façon fausse, je veux avec obstination ignorer à nouveau
le difficile, au lieu d'apprendre &amp;quot;que ma vie...&amp;quot; Je suis comme un enfant qui
aimerait encore et toujours ne faire que jouer !&amp;quot; (MS 119, p.131-132)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui il y a ici de commun avec les stoïciens, la nécessité de rectifier la
perspective, de voir les choses autrement. Mais la chose à voir diffère
radicalement: aucun stoïcien n'aurait accepté de défendre qu'il faut apprendre
à voir la vie comme tragédie (pas plus que comme comédie bien sûr). Il aurait
en revanche accepté l'idée de rôle à jouer dans une pièce (Épictète est clair
là-dessus).&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.philalethe.net/post/2009/11/21/Le-%22sto%C3%AFcisme%22-de-Wittgenstein3#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Des dehors stoïciens (sans l'intériorité correspondante)</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2009/11/19/Des-dehors-sto%C3%AFciens-%28sans-l-int%C3%A9riorit%C3%A9-correspondante%292</link>
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    <pubDate>Thu, 19 Nov 2009 18:17:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Philalèthe</dc:creator>
        <category>Stoïcisme</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Dans &lt;strong&gt;Hiéroglyphes&lt;/strong&gt;(Calmann-Lévy 1955), Arthur Koestler
décrit ainsi Alex Weissberg, un de ses amis:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; S'il a pu résister aux interrogatoires de la G.P.U., il le doit à un
mélange spécifique des qualités qui sont précisément nécessaires en pareil cas.
Grande force de résistance physique et morale - cette élasticité qui permet de
se reprendre rapidement au physique et au moral, même dans des conditions
apparemment sans espoir. Une certaine impassibilité et insensibilité pleine de
bonhomie jointe à une disposition à considérer toujours les choses extérieures
à lui-même. Un optimisme inépuisable, une attitude satisfaite dans des
situations à faire dresser les cheveux sur la tête.&lt;br /&gt;
Presque tous mes amis d'Europe centrale ont fait des expériences plus ou moins
pénibles dans les prisons ou dans les camps de concentration. Je n'en connais
pas un seul qui, après avoir passé trois ans aux mains de la Guépéou et été
pourchassé cinq ans par la Gestapo en soit revenu physiquement et mentalement
aussi indemne, aussi satisfait de ce meilleur des mondes, qu'Alexandre
Weissberg-Cybulski.&amp;quot; (p.58)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le stoïcisme réel et total (intériorité + extériorité ) ne serait-il que la
rencontre contingente d'un tempérament et d'une théorie ?&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.philalethe.net/post/2009/11/19/Des-dehors-sto%C3%AFciens-%28sans-l-int%C3%A9riorit%C3%A9-correspondante%292#comment-form</comments>
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