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  <title>Les philosophes antiques à notre secours - Sénèque (5): être pauvre, est-ce croire qu'on est pauvre ?  - Commentaires</title>
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  <pubDate>Mon, 06 Oct 2008 17:08:34 +0200</pubDate>
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    <title>Sénèque (5): être pauvre, est-ce croire qu'on est pauvre ? - Nicotinamide</title>
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    <pubDate>Sun, 10 Feb 2008 20:55:01 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Nicotinamide</dc:creator>
    
    <description>&lt;p&gt;Il dit dans cette lettre : &amp;quot;je n’estime point pauvre l’homme qui, si peu
qu’il lui demeure, est content.&amp;quot; Comme vous l'avez écrit : &amp;quot;pauvreté : c’est
l’incapacité de se contenter de ce qu’on a.&amp;quot; ou &amp;quot;le pauvre est celui qui ne se
considère pas riche.&amp;quot; (à condition que se considérer riche puisse contenter.)
Néanmoins il me semble que la richesse ne relève pas seulement d'un &amp;quot;moi j'suis
content avec ce j'ai, que ferais-je d'un 4x4 en ville ?&amp;quot; mais aussi d'un
contentement lié au mépris de la richesse : &amp;quot;tu vois la boule blanche que tu
portes à l'annuaire là, eh bien c'est de la merde d'huitres.&amp;quot;&lt;br /&gt;
Ainsi pour Sénèque, la pauvreté possède des agréments. Héritage de Démétrius,
cynique illustre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Démétrius, le meilleur des hommes, me suit partout, et je laisse de côté ces
gens empourprés, pour causer avec cet homme demi-nu et l'admirer. Et pourquoi
ne l'admirerais-je pas? je vois qu'il ne lui manque rien. On peut tout
mépriser; mais posséder tout est impossible. La plus courte voie pour être
riche, c'est le mépris de la richesse. Mais telle est la manière d'être de
notre Démétrius, qu'il semble moins professer le mépris de la fortune, qu'en
abandonner la possession aux autres.&lt;br /&gt;
Lettre 62&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;je prends encore Epicure pour mon trésorier: « Croyez-moi, dit-il, vos
discours seront plus imposants, si vous les prononcez sur un grabat, et sous
les haillons : en cet état, on fait plus que parler, on prouve. » Quant à moi,
les paroles de notre Démétrius me font une bien autre impression, depuis que
j'ai vu ce philosophe nu et couché sur un lit qui eût fait honte à de la
litière ; ce n'est plus à mes yeux l'interprète, c'est le martyr de la
vérité.&lt;br /&gt;
Lettre 20&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce Demetrius si quelque dieu voulait livrer la possession de toutes nos
propriétes, à la condition expresse qu'il ne pût donner à son gré, j'ose
affirmer qu'il les rejetterait en disant : &amp;quot;Non, je ne me chargerai pas d'un
fardeau si embarrassant, et je ne plongerai point un homme libre dans cette
fange profonde. Pourquoi m'apporter les maux réunis de tous les peuples? Je
n'accepterais pas même vos richesses avec la permission de les distribuer,
parce que je vois bien des choses qu'il ne me convient pas de donner. Je veux
embrasser d'un coup d'oeil ces objets qui éblouissent les yeux des peuples et
des rois. Je veux voir les objets que vous achetez au prix de votre sang et de
votre existence. Présentez-moi d'abord les dépouilles du luxe étalées
méthodiquement, ou, ce qui vaut mieux, accumulées en masse, je vois l'écaille
de la tortue artistement découpée en lames déliées ; je vois l'enveloppe des
animaux les plus lents et les plus difformes achetée des sommes énormes, et
cette bigarrure qu'on admire, imitée au naturel à l'aide de couleurs composées.
Je vois plus loin des tables dont la valeur est estimée égale à la fortune d'un
sénateur, et faites d'un bois d'autant plus précieux, que l'arbre, plus
maltraité de la nature, s'est contourné en un plus grand nombre de noeuds. Je
vois des vases de cristal, dont la fragilité augmente le prix car le péril, qui
devrait mettre en fuite le plaisir, en est pour les insensés le principal
assaisonnement. Je vois des vases murrhins: c'eût été, en effet, trop peu pour
la fureur du luxe, si l'on ne se passait à la ronde dans d'immenses pierres
précieuses les breuvages qu'on va bientôt vomir. Je vois des perles qui ne sont
pas uniques pour chaque oreille; car déjà les oreilles sont accoutumées à
porter des fardeaux. On les accouple deux à deux, et, par-dessus, on en met
d'autres. Les hommes ne se croiraient pas assez asservis à la folie des femmes,
s'ils ne suspendaient deux ou trois de leurs patrimoines à chaque oreille de
leur maîtresse. Je vois des vêtements de soie, si l'on doit nommer vêtement ce
qui ne protège ni le corps, ni la pudeur; des habillements avec lesquels une
femme ne pourrait jurer qu'elle n'est pas nue. Voilà ce qu'on cherche à grand
prix, ce qu'on va demander à des nations dont le commerce nous était inconnu,
afin que, dans leur chambre à coucher, nos matrones ne puissent pas montrer à
leurs amants plus qu'elles ne montrent au public&amp;quot; (…)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est pourquoi, lorsque l'empereur Caïus offrit à Démétrius deux cent mille
sesterces, il les refusa en riant, ne pensant pas même qu'une pareille somme
méritât qu'on se fit honneur du refus. Grand dieux! à quel bas prix on voulait
honorer ou corrompre cette âme ! Rendons hommage à ce grand homme. Je
l'entendis prononcer une belle parole, lorsque, étonné de la folie du prince,
qui avait cru pouvoir le gagner à si bon marché, il dit: &amp;quot;Si l'empereur avait
résolu de m'éprouver, ce n'eût pas été trop que l'offre de tout son
empire&amp;quot;.&lt;br /&gt;
Des bienfaits, VII&lt;/p&gt;</description>
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