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  <title>Les philosophes antiques à notre secours - Speusippe et son petit chien.  - Commentaires</title>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Tue, 26 Aug 2008 14:56:11 +0200</pubDate>
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    <title>Speusippe et son petit chien. - Nicotinamide</title>
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    <pubDate>Fri, 07 Apr 2006 22:43:21 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Nicotinamide</dc:creator>
    
    <description>&lt;p&gt;Sur la question de la filiation forcée cynisme-stoicisme, l’ouvrage incontournable a été rédigé par Isabelle Glugliermina : le cynisme de Diogène Laërce (Le livre est à paraître mais il correspond à sa thèse amaigrie). Il est de plus en plus difficile de croire qu’Antisthène fut le fondateur de l’école cynique. Il existe même une hypothèse qui place Démocrite à l’origine du cynisme. En effet, on retrouve chez Démocrite de nombreux lieux communs cynique. Démocrite se dénommait le rieur, celui « qui riait des vains efforts des Hommes.» Pour Démocrite, seule la plaisanterie s’avère sérieuse. Le rire transgresse le calme et les surfaces hypocrites pour mettre le monde à l’envers… La gloriole, les superstitions, l’esclavage des vanités ou des mœurs, s’insinuent sous la peau… démangeaisons que l’on s’acharne à entretenir. Le rire cuit les peaux d’Homme. Ses éclats rompent avec les aliénations. Il fustige le mariage. Il vante les assouvissements faciles : « la masturbation procure une jouissance comparable à l’amour » Il mord le tiède : « les gens parcimonieux connaissent le misérable sort des abeilles : ils travaillent comme s’ils allaient vivre toujours » Je l’entends rire derrière cette « généalogie de la morale » : « la loi entend être profitable à la vie des hommes, mais elle ne le peut que s’ils veulent bien s’y soumettre : car à ceux qui lui obéissent elle indique en quoi consiste leur vertu » Souvent, elle consiste en un masque de bête à cornes. &lt;br /&gt;
Le rire est la première impulsion de franchise. Démocrite parle aussi d’une langue tranchée : «  le franc-parler est le propre de la liberté  » Matérialiste et agnostique, Démocrite abolit la divinité en la retranchant dans l’asile de l’ignorance ou des superstitions reconnaissant que « les choses divines sont conçues par la raison humaine.» Sa sagesse refuse les arrières mondes, le dogme et les paroles en l’air : « Il faut dire la vérité et ne pas trop parler.» Ainsi, l’aphorisme concentre sa pensée et défie les verbiages sourds, ses gestes dénient l’inflation des mots vides ; l’ironie brise l’illusion ; et enfin le rire méchant éclate les hypocrisies… L’acte est roc et la langue est tranchée : parole, orage, glace et sang finissent par former un givre commun : le cynisme.&lt;br /&gt;
Sa philosophie ne se nourrit que de la concrétisation de ses expériences : « C’est dans les actes et dans la conduite qu’il faut rechercher la vertu.»&lt;br /&gt;
Parallèlement, il prône l’apathie : « Pour vivre tranquillement, s’occuper le moins possible ; ne pas se mêler d’affaires public ou privée» ; l’autarcie : « s’accoutumer à prendre plaisir de soi-même» ; le dénuement vertueux : « le bonheur ne réside ni dans le troupeau, ni dans l’or.» &lt;br /&gt;
L’apathie, l’autarcie, l’agnosticisme, le franc-parler, la méchanceté du rire et la liberté traversent Démocrite et définissent le cynisme…  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et si je peux me permettre, tant que j’y suis, il nous manque ce rire déployé exercé par les philosophes antiques… En effet, si on compte les morts : y’a Dieu d’abord, puis l’Homme et enfin le rire de la conscience solitaire. Aujourd’hui, en riant, on a l'impression d'adhérer à un cercle de lutte alors qu'on ne reproduit qu'un châtiment lubrifié. L'humour assure la banalisation de l'oppression et des manipulations... Ce n'est pas une conscience critique, c'est un divertissement anesthésiant, la colère se transforme en joie, l'indignation en jubilation... Le rire n'est absolument plus subversif. L'insolence a changé e côté... Le rire critique et subversif est fini, il est mort avec le dernier souffle de grelot du bouffon céleste… Oh oui… Philosophes antiques au secours&lt;br /&gt;
&lt;/p&gt;</description>
  </item>
      
    
    <item>
    <title>Speusippe et son petit chien. - philalethe</title>
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    <pubDate>Thu, 06 Apr 2006 23:10:53 +0000</pubDate>
    <dc:creator>philalethe</dc:creator>
    
    <description>&lt;p&gt;Puisque vous êtes pointilleux, il faut aussi préciser que de Fontenay dit tirer sa citation non du texte de Rimbaud lui-même mais de &amp;quot;Dyonisos mis à mort&amp;quot; de Marcel Détienne; il faudrait donc vérifier si elle n'a pas recopié en fait une erreur de Détienne lui-même...&lt;br /&gt;
Quant au cynique se torchant le c... avec de la neige en aboyant, vous ne manquez pas là d'imagination; la seule chose dont je me souviens, c'est que Diogène se roulait dans la neige et l'été embrassait les brûlantes statues de pierre, ce qui n'était qu'une manière de cultiver l'endurance et la résistance. &lt;br /&gt;
Vous avez en revanche raison de souligner que c'est discutable de voir le stoïcisme comme un développement du cynisme; je ne trouve dans le cynisme ni une cosmologie providentialiste, ni ce qui en découle, je veux dire, le respect des devoirs et des ordres établis. Mais, à ce propos, ça vaut la peine de lire attentivement dans les Entretiens d'Epictète les passages consacrés aux cyniques.&lt;/p&gt;</description>
  </item>
      
    
    <item>
    <title>Speusippe et son petit chien. - Nicotinamide</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2006/04/03/258-le-chien#c404672</link>
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    <pubDate>Wed, 05 Apr 2006 22:38:38 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Nicotinamide</dc:creator>
    
    <description>&lt;p&gt;Juste sur une virgule et les chiens chez Fontenay&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Fontenay cite Rimbaud pour illustrer quel sera le ton de son livre sur la bête… Rimbaud veille sur les pages à venir : « Voleur de feu. Il est chargé de l’humanité des animaux mêmes. (p. 26) » Difficile de lui passer la ponctuation qu’elle n’a pas respectée. La phrase originale est :&lt;br /&gt;
« Il est chargé de l’humanité, des animaux mêmes. » La virgule arrache le sens et montre que Fontenay ne craint pas de déformer pour se faire aimer des animaux... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elisabeth de Fontenay arrache aussi le sens de la philosophie cynique. Elle décrit ces philosophes comme des « stoïciens en puissance » qui cherchent vainement à se métamorphoser en chien. Pourtant, il me parait évident que se torcher le cul avec de la neige en aboyant n’est qu’un moyen. Faire le chien n’égale pas vouloir « être » un chien… (Puis, il suffit de lire comment les stoïciens traitent du cynisme pour comprendre qu’il y a eu déformation pour se l’accaparer.&lt;/p&gt;</description>
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