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  <title>Les philosophes antiques à notre secours - Carnéade, petit joueur face à la mort ?  - Commentaires</title>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Thu, 24 Jul 2008 21:41:38 +0200</pubDate>
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    <title>Carnéade, petit joueur face à la mort ? - Nicotinamide</title>
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    <pubDate>Sun, 04 Jun 2006 23:48:17 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Nicotinamide</dc:creator>
    
    <description>&lt;p&gt;Nietzsche,  Montaigne, un moraliste, la mort ratée me rappellent Chamfort :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« M. qui voyait la source de la dégradation de l’espèce humaine dans l’établissement de la secte nazaréenne et dans la féodalité, disait que pour valoir quelque chose, il fallait se défranciser et se débaptiser, et redevenir Grec par l’âme. » (n°807, toutes tirée de Maximes et pensées, caractères et anecdotes, Chamfort, Folio.) &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
«  Si Diogène vivait de nos jours, il faudrait que sa lanterne fût une lanterne sourde. » (n°123)&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
 « Un homme d’esprit est perdu s’il ne joint pas à l’esprit l’énergie de caractère. Quand on a la lanterne de Diogène, il faut avoir son bâton. » (n°277)  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Si on pouvait mettre ensemble les plaisirs, les sentiments ou les idées de la vie entière, et les réunir dans l’espace de vingt-quatre heures, on le ferait ; on vous ferait avaler cette pilule ; et on vous dirait : allez-vous en. » (n°259)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Le caractère naturel du français est composées qualités du singe et du chien couchant. Drôle et gambadant comme le singe, et dans le fond très malfaisant comme lui ; il est comme le chien de chasse, né bas, caressant, léchant son maître qui le frappe, se laissant mettre à la chaîne, puis bondissant de joie quand on le délie pour aller à la chasse. » (474)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chamfort est une maladie de peau. La lecture de ses aphorismes laisse sous les ongles un goût de sang mêlé au pus. Chamfort, le prodigieux, l’insoumis… Bâtard non avorté d’un curée. Issu du jus de la populace. Le collet blanc des jeunes abbés lui ceinturait déjà le cou quand il noya les espoirs d’une vie d’ecclésiastique en déclarant : « Je ne serais jamais prêtre ; j’aime trop le repos, la philosophie, les femmes, l’honneur, la vraie gloire ; et trop peu les querelles, l’hypocrisie, les honneurs et l’argent. » &lt;br /&gt;
Le toucher des hommes le cuit. C’est pourquoi il choisit les vociférations d’une pensée instantanée, blasphématoire et calomnieuse. Les cris aphoristiques fouettent les débiles au travail. Un mot gouailleur étouffe les camisoles des pouvoirs. Son suicide raté appelle une vie héroïque. Son courage se moque encore des vies merdiques et pourrissant sous le joug. Lorsqu’il est menacé d’être emprisonné à cause de sa verve désenchantée ; il raille sans vergogne la fraternité des bouchers révolutionnaires ; il s’écrie : « c’est que j’ai peur de mourir sans être libre ! » Les gendarmes lui ordonnent de faire ses paquets. Il s’isole dans son cabinet. Il enfonce un revolver dans le mou de sa tempe. L’arme lui brûle seulement les tympans… Surpris d’être sourd mais encore vivant, il se plante le cœur et dans un dernier boitement, il se coupe le sang des poignets. Les coulures de sang passent sous la porte. La fluidité du boudin alerte les secours… A peine émergé de son suicide, Chamfort dicte une déclaration : « Moi, Sébastien Roch Nicolas Chamfort, déclare avoir voulu mourir en homme libre, plutôt que d’être reconduit en esclave dans une maison d’arrêt. Jamais on ne me fera rentrer vivant dans une prison. » Et en s’adressant aux gens venu l’arrêter, il se vante d’une mort imminente : « Je sens que la balle est restée dans ma tête, j’échapperai au cachot car personne ne pourra aller la chercher. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi le bon millier de fragments abominables se dégage un personnage. Une simple initiale, M., traverse les labyrinthes taraxiques de l’œuvre. M. est mis en scène pour briser les idoles en terre-cuite, jeter le fanatisme du curée, piauler à l’injustice et chier les mœurs corrompues ou aliénantes. Est-ce que derrière cette initiale ne se cacherait pas le pessimisme enchanté de Chamfort lui-même ? Lire Chamfort condamne à ne jamais connaître la tranquillité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Je vous prie de croire, disait M. à un homme très riche, que je n’ai pas besoin de ce qui me manque. » (963) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Je demandais à M. pourquoi il avait refusé plusieurs places ; il me répondit : je ne veux rien de ce qui met un rôle à la place d’un homme. » (1006) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« M. me disait : « j’ai renoncé à l’amitié de deux hommes : l’un, parce qu’il ne m’a jamais parlé de lui ; l’autre parce qu’il ne m’a jamais parlé de moi. » (672)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« M. qu’on voulait faire parler sur différents abus publics ou particuliers, répondit froidement : Tous les jours j’accrois la liste des choses dont je ne parle plus. Le plus philosophe est celui dont la liste est la plus longue. » (988)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Une mère, après un trait d’entêtement de son fils, disait que les enfants étaient très égoïstes. Oui, dit M. en attendant qu’ils soient polis. » (978)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et pour finir, une mort qui ne ressemble pas à celle d’un Carnéade :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Chamfort, homme riche en profondeurs et en arrière-fonds de l’âme, sombre, douloureux, ardent, – penseur qui jugeait le rire nécessaire comme un remède à la vie et qui se croyait presque perdu le jour où il n’avait point ri, – apparaît comme un italien, un parent de Dante et de Leopardi beaucoup plus que comme un français ! On connaît le dernier mot de Chamfort : « Ah ! mon ami, dit-il à Sièyes, je m’en vais enfin de ce monde où il faut que le cœur se brise ou se bronze. » Paroles qui ne sont certainement pas d’un français mourant. »&lt;br /&gt;
Nietzsche Gai savoir §95&lt;/p&gt;</description>
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