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  <title>Les philosophes antiques à notre secours - Les Mauriac aux prises avec Socrate et Jésus.  - Commentaires</title>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Sun, 07 Sep 2008 15:42:01 +0200</pubDate>
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    <item>
    <title>Les Mauriac aux prises avec Socrate et Jésus. - julien dutant</title>
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    <pubDate>Tue, 30 Jan 2007 02:08:28 +0000</pubDate>
    <dc:creator>julien dutant</dc:creator>
    
    <description>&lt;p&gt;Bonjour,&lt;br /&gt;
J'ai repris et développé les idées de ces commentaires dans un billet sur mon blog, où j'ai indiqué quelques réponses à votre dernier commentaire.&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://julien.dutant.free.fr/blog/index.php?2007/01/29/134-socrate-et-focrate&quot; title=&quot;http://julien.dutant.free.fr/blog/index.php?2007/01/29/134-socrate-et-focrate&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;julien.dutant.free.fr/blo...&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Merci pour la discussion! &lt;/p&gt;</description>
  </item>
      
    
    <item>
    <title>Les Mauriac aux prises avec Socrate et Jésus. - philalethe</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2007/01/07/336-mauriac-socrate-et-jesus#c404707</link>
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    <pubDate>Fri, 12 Jan 2007 19:18:53 +0000</pubDate>
    <dc:creator>philalethe</dc:creator>
    
    <description>&lt;p&gt;Votre réponse éveille beaucoup de réflexions. Je vous les livre à chaud en suivant votre ordre.&lt;br /&gt;
La première position qui présente le Socrate platonicien comme une approximation  du Socrate réel me paraît tout à fait défendable ; c’est à travers une telle position qu’on jugera le film allemand « La chute » mettant en scène Hitler. On comparerait alors le portrait d’Hitler selon les meilleures sources historiques à cette reconstitution cinématographique. On dira alors : « le Hitler de la Chute est partiellement fidèle au personnage historique ». Cet énoncé me paraît défiguré si on remplaçe le Hitler de la Chute par un nouveau nom propre, du genre Fitler. Car je ne peux juger la valeur (sur le plan historique ) du personnage cinématographique que si je l’identifie à une représentation du personnage historique (je veux dire par là que c’est une représentation cinématographique d’un personnage historique : c’est Hitler vu par…, ce n’est pas un nouveau personnage Fitler).&lt;br /&gt;
Je ne vois pas clairement la différence entre la deuxième position et la première : quand vous parliez de Focrate, n’invoquiez-vous pas déjà un statut de personnage « littéraire » ? Mais c’est un détail. Je relève plutôt votre insistance alors à l’immatérialiser. On peut en effet identifier alors Socrate à un ensemble de textes qui ont le statut immatériel  d’une œuvre (ou plus exactement ici) d’un fragment d’œuvre allographique. « Socrate vit en moi » veut dire alors que je connais par cœur des passages de Platon où il parle. Si j’imagine que je suis un des résistants de Fahrenheit 451, quand je dis cela, ça signifie que le dernier endroit où se trouve l’œuvre platonicienne, c’est dans ma mémoire. Ce n’est pas le Socrate réel qui vit en moi, c’est le Socrate traité par Platon (encore une fois je fausse tout si je dis « Focrate vit en moi »).&lt;br /&gt;
Je ne suis pas choqué par l’idée qu’un être humain puisse être transformé en fiction (c’est le mythe Napoléon, le mythe Einstein etc). Un homme devient légende. &lt;br /&gt;
Je m’explique mieux sur ce que j’ai voulu dire par « qu’il le veuille ou non » ; quand on écrit une œuvre qui ne prétend pas être historique, même si l’intention de l’auteur est d’être le plus fidèle possible au personnage réel, la simple insertion du personnage dans un récit supposément fictif le fait considérer (à juste titre) comme un personnage littéraire (quitte à s’apercevoir qu’en réalité il n’a rien du personnage littéraire). Le lecteur peut faire l’expérience inverse : réaliser que dans un texte prétendument historique un personnage a beaucoup de traits fictifs (ce qui invalide le texte alors que le texte fictif n’est pas invalidé par la découverte des traits historiques réels).&lt;br /&gt;
Je ne pense donc pas que le texte de Diogène Laërce fasse partie des textes qui donnent ipso facto aux noms propres historiques un statut fictionnel. A la différence de l’insertion de Socrate dans le texte d’Aristophane par exemple, la référence à Socrate dans le texte de DL bénéficie d’un effet de réalité vu le genre auquel appartient Les vies (compilation historique). Ce n’est pas la présence du nom propre Socrate dans le texte qui le fictionnalise, que DL le veuille ou non, c’est la contradiction éventuelle entre cette source prétendument historique et d’autres sources effectivement historiques.&lt;br /&gt;
Concernant Mauriac et sa casquette, ne faut-il pas faire la différence entre celui qui imagine et le spectateur de l’œuvre imaginée (un tableau, une photo, un film etc) ? C’est François Mauriac que j’imagine dans une situation invraisemblable, certes. Mais le spectateur se tromperait s’il disait : « c’est un portrait de F.Mauriac », il doit réaliser que même si je me réfère à l’individu historique François Mauriac, j’ai produit un François Mauriac imaginaire (si je devais préciser, je dirais que cet individu peint a à peu près les mêmes propriétés que FM plus quelques propriétés imaginaires, ici le port de la casquette. On voit ici qu’il y aurait une multiplicité d’individus à l’identité indéterminée : le haut du visage de FM suffit-il à défendre la thèse que c’est un FM imaginaire ? La présence d’un seul bouton de veste différent suffit-il pour soutenir que c’est aussi un FM imaginaire ?).&lt;br /&gt;
Ne voyez pas dans ces lignes plus qu'un essai de clarification à usage personnel dont vous m'avez donné aimablement l'occasion !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;/p&gt;</description>
  </item>
      
    
    <item>
    <title>Les Mauriac aux prises avec Socrate et Jésus. - julien dutant</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2007/01/07/336-mauriac-socrate-et-jesus#c404706</link>
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    <pubDate>Wed, 10 Jan 2007 18:58:31 +0000</pubDate>
    <dc:creator>julien dutant</dc:creator>
    
    <description>&lt;p&gt;&amp;quot;Quand on écrit un certain genre de texte, l'individu qu'on vise en tant qu'historique est, qu'on le veuille ou non, métamorphosé en personnage littéraire.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mmm... Cela me semble ambigü entre deux positions. La première serait: Platon a voulut parler de Socrate (lui-même, le vrai), mais il a échoué, et celui qui parle dans ses dialogues est quelqu'un d'autre, appellons-le &amp;quot;Focrate&amp;quot;. Focrate n'est pas Socrate, il est &amp;quot;littéraire&amp;quot; alors que Socrate est réel, mais Focrate ressemble beaucoup à Socrate, et il est une création inspirée de Socrate. La seconde serait: quand Platon écrit les dialogues, Socrate subit une &amp;quot;métamorphose&amp;quot;, il est transformé en qqch de non-humain (un &amp;quot;personnage littéraire&amp;quot;). C'est donc bien Socrate qui est là, mais ses propriétés ont radicalement changé: par exemple, ce peut être une idée, sans poids, taille, épaisseur, location unique (&amp;quot;il vit en chacun de nous&amp;quot;), etc. Ou alors, il a les propriétés que la fiction lui attribue: par ex, il prononce les discours que la République lui fait dire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les deux versions de la position &amp;quot;métamorphose&amp;quot; sont étranges. Selon la seconde, il est faux de dire que Socrate n'a pas prononcé les discours de la République: depuis que Platon a écrit le dialogue, et que Socrate a subit sa métamorphose littéraire, il est vrai que Socrate a prononcé les discours. (Ou alors, on admet la contradiction: il est à la fois faux et vrai que Socrate a prononcé ces discours.) Selon la première, il est possible à un être humain d'être transformé en idée ou en fiction. (C'est la Rose Pourpre du Caire à l'envers!)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De l'autre côté, la première option, &amp;quot;Focrate&amp;quot; revient à dire que Platon ne peut pas mettre en scène Socrate lui-même. &amp;quot;Qu'il le veuille ou non&amp;quot;, c'est quelqu'un d'autre. Mais on revient alors à la thèse de l'homonyme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;J'ai l'impression que, si j'accepte ce que vous dites, je ne pourrais plus faire la différence entre un texte de fiction et un texte historique.&amp;quot; C'est en effet la principale question qu'on peut se poser à propos de ma position. Mais la réponse est: pas du tout!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Commençons avec les croyances fausses. Supposons que Diogène Laërce croie à tort telle légende à propos de Socrate (il va falloir que vous trouviez un ex à ma place, désolé!). Est-ce qu'il suit pour autant que, &amp;quot;qu'il le veuille ou non&amp;quot;, sa croyance ne porte pas sur Socrate lui-même, mais un être de fiction? Non, par que sinon, sa croyance serait *vraie* à propos de cet être de fiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais les croyances fausses sont juste les analogues des textes historiques faux; ne suis-je pas amené à traiter les oeuvres littéraires comme des textes historiques erronés? Non, parce que les oeuvres de fiction ne sont pas présentés comme des choses à croire, mais des choses à imaginer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prenez les imaginations ou suppositions &amp;quot;fausses&amp;quot;, ou, comme on préfère dire, &amp;quot;contrefactuelles&amp;quot; (qui sont contraires aux faits). Par exemple, imaginez François Mauriac avec une casquette &amp;quot;I love NY&amp;quot;. François Mauriac n'a probablement jamais porté de casquette de ce genre; mais est-ce qu'il suit pour autant que ce n'est pas Mauriac lui-même, mais un certain Fauriac, que vous imaginez? De même vous pouvez supposer, envisager, décrire, etc. des situations fausses qui mettent en scène des personnages réels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La différence est que une croyance fausse est un état mental déficient: les croyances sont les états mentaux qu'on doit s'efforcer d'avoir vraies, et non fausses. Par contre, il n'y a rien de déficient à une fausse imagination, une supposition contrefactuelle, etc. C'est précisément le but de l'imagination, de la supposition, etc., que d'envisager des situations qui pourraient ne pas se produire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De façon similaire, il n'y a rien de déficient à un texte qui dit des choses fausses de personnages réels, pourvu que le but du texte n'était pas de dire des choses vraies, mais d'imaginer ces personnages réels (eux-mêmes, les vrais!) dans d'autres situations que celles qu'ils ont réellement vécues. De la même façon qu'il est parfaitement normal de s'imaginer en couple avec la personne de ses rêves, même si cela ne devait par malheur ne jamais arriver, *pourvu* que vous ne confondiez pas rêve et réalité.  (Et ce genre d'imagination peut avoir d'autres bénéfices que le simple plaisir: cela peut vous faire changer d'avis, ou envisager des moyens d'y parvenir, etc.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;/p&gt;</description>
  </item>
      
    
    <item>
    <title>Les Mauriac aux prises avec Socrate et Jésus. - franssoit</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2007/01/07/336-mauriac-socrate-et-jesus#c404701</link>
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    <pubDate>Tue, 09 Jan 2007 22:38:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>franssoit</dc:creator>
    
    <description>&lt;p&gt;Bonjour,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La différence entre les dialogues avec Socrate et l'enfer avec Dante c'est que dans le premier cas, le littéraire et un &amp;quot;récit de dialogue réel&amp;quot; peuvent éventuellement être confondus. Dans le cas de l'enfer, ça parait plus difficile à imaginer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et aussi un homonyme de Socrate EST Socrate, mais pas le même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Franssoit&lt;/p&gt;</description>
  </item>
      
    
    <item>
    <title>Les Mauriac aux prises avec Socrate et Jésus. - philalethe</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2007/01/07/336-mauriac-socrate-et-jesus#c404724</link>
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    <pubDate>Tue, 09 Jan 2007 21:42:21 +0000</pubDate>
    <dc:creator>philalethe</dc:creator>
    
    <description>&lt;p&gt;Certes c'est Dante qui visite  l' Enfer mais comme Dante lui-même n'a jamais visité l'Enfer, soit je soutiens une contradiction: &amp;quot;Dante a visité et n'a pas visité l'Enfer&amp;quot;, soit je distingue le personnage littéraire Dante (comme le Marcel de la Recherche) de l'individu historique Dante. Maintenant je comprends qu'il est correct de dire: &amp;quot;Platon met en scène Socrate dans ses dialogues&amp;quot; (c'est insensé de dire: &amp;quot;Platon fait parler un homonyme de Socrate&amp;quot; - car en effet, au sens strict, un homonyme de Socrate n'est pas Socrate- ou &amp;quot;Dante s'imagine lui-même en Enfer&amp;quot;; le référent (est-ce le bon mot ?) est Socrate, mais le personnage des dialogues n'est pas Socrate, plutôt un avatar littéraire. Quand on écrit un certain genre de texte, l'individu qu'on vise en tant qu'historique est, qu'on le veuille ou non, métamorphosé en personnage littéraire (certes d'un statut tout à fait différent de celui de Madame Bovary).&lt;br /&gt;
Je suis gêné aussi parce que j'ai l'impression que, si j'accepte ce que vous dites, je ne pourrais plus faire la différence entre un texte de fiction et un texte historique ( quand un historien se réfère à Socrate, je ne peux tout de même pas dire qu'il aborde les dialogues socratiques comme des documents sur le Socrate qui, lui, l'intéresse et qui est l'individu historique). Vous abordez en tout cas une question très intéressante.&lt;/p&gt;</description>
  </item>
      
    
    <item>
    <title>Les Mauriac aux prises avec Socrate et Jésus. - julien dutant</title>
    <link>http://www.philalethe.net/post/2007/01/07/336-mauriac-socrate-et-jesus#c404723</link>
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    <pubDate>Tue, 09 Jan 2007 20:11:50 +0000</pubDate>
    <dc:creator>julien dutant</dc:creator>
    
    <description>&lt;p&gt;Moi aussi, en lisant: &amp;quot;il s'était senti exister, non pas en tant que surhomme, mais avec ses faiblesses d'homme&amp;quot;, j'ai penser que Claude se démarquait de François, mais ce n'est finalement pas clair. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mon grain de sel d'externaliste/référentialiste à propos des concepts: je ne pense pas que Socrate n'est pas Socrate, i.e. qu'on doive considérer le thème de l'oeuvre et l'homme lui-même comme deux objets distincts. Par exemple, les dialogues de Platon ne mettent pas en scène un personnage fictif qui s'appelle &amp;quot;Socrate&amp;quot; et qui ressemble beaucoup à Socrate et parle un peu comme lui, mais n'est pas Socrate. Non: les dialogues de Platon mettent en scène Socrate dialoguant avec divers interlocuteurs. De même, dans la Divine Comédie, ce n'est pas un homonyme, mais Dante lui-même, qui est présenté comme visitant l'Enfer, et les personnes qu'il y rencontre ne sont pas des homonymes non plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il me semble essentiel au sens, au propos et à l'intérêt de ses oeuvres qu'elles mettent en scène les personnes réelles elles-mêmes. Un étudiant qui n'aurait pas compris que Dante dans le récit est Dante l'auteur aurait manqué qqch de crucial!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Mais comme ce point a peu à voir avec Socrate, Jésus et les Mauriac, j'en garde le développement de côté pour un prochain billet sur mon blog...)&lt;br /&gt;
&lt;/p&gt;</description>
  </item>
      
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