Les servantes de Pénélope ne valent pas mieux que l'orge.
Par Philalèthe le mercredi 9 septembre 2009, 16:58 - Cynisme - Lien permanent
Diogène Laërce rapporte dans les Vies et doctrines des philosophes illustres (IV 49) cette anecdote concernant le cynique Bion:
" A Rhodes, alors que les Athéniens s'exerçaient à la rhétorique, il enseignait la philosophie. A quelqu'un qui l'en accusait, il répondit: " J'ai apporté du blé et je vais vendre de l'orge ?" (éd. Goulet-Cazé p. 527)
Or, lisant De l'éducation des enfants de Pseudo-Plutarque, je trouve dans la même perspective une comparaison assez savoureuse:
" Le philosophe Bion disait aussi avec finesse, que, comme les prétendants de Pénélope ne pouvant obtenir ses faveurs s'en consolaient dans les bras de ses suivantes, de même ceux qui sont incapables d'atteindre à la philosophie se déssèchent sur les autres études qui n'ont pas de valeur." (trad. Bétolaud 1870)
Ou si on préfère la traduction d'Amyot, trois siècles avant (1572):
" Or tout ainsi, disait plaisamment le philosophe Bion, que les amoureux de Penelopé, qui poursuivaient de l'avoir en mariage, ne pouvant jouir de la maîtresse, se meslerent avec les chambrieres: aussi ceux qui ne peuvent advenir à la Philosophie, se consument de travail apres les autres sciences, qui ne sont d'aucune valeur à comparaison d'elle."
Commentaires
En parcourant votre billet, je trouve l'attitude des soupirants assez cynique. En effet pourquoi courir la maitresse inatteignable alors que les bonnes font aussi affaire... Référence à Antisthène qui prétendait se contenter de la première venue.
Bonjour Nicotinamide,
Soupirer pour quelqu'un, est-ce vraiment une propriété des cyniques ? L'indépendance en prend un coup, non ?
En plus se contenter de peu faute de mieux ne revient pas à se contenter de peu par choix.