Des dehors stoïciens (sans l'intériorité correspondante)
Par Philalèthe le jeudi 19 novembre 2009, 18:17 - Stoïcisme - Lien permanent
Dans Hiéroglyphes(Calmann-Lévy 1955), Arthur Koestler décrit ainsi Alex Weissberg, un de ses amis:
" S'il a pu résister aux interrogatoires de la G.P.U., il le doit à un
mélange spécifique des qualités qui sont précisément nécessaires en pareil cas.
Grande force de résistance physique et morale - cette élasticité qui permet de
se reprendre rapidement au physique et au moral, même dans des conditions
apparemment sans espoir. Une certaine impassibilité et insensibilité pleine de
bonhomie jointe à une disposition à considérer toujours les choses extérieures
à lui-même. Un optimisme inépuisable, une attitude satisfaite dans des
situations à faire dresser les cheveux sur la tête.
Presque tous mes amis d'Europe centrale ont fait des expériences plus ou moins
pénibles dans les prisons ou dans les camps de concentration. Je n'en connais
pas un seul qui, après avoir passé trois ans aux mains de la Guépéou et été
pourchassé cinq ans par la Gestapo en soit revenu physiquement et mentalement
aussi indemne, aussi satisfait de ce meilleur des mondes, qu'Alexandre
Weissberg-Cybulski." (p.58)
Le stoïcisme réel et total (intériorité + extériorité ) ne serait-il que la rencontre contingente d'un tempérament et d'une théorie ?