Mais pourquoi donc prêter tant d'attention aux vies des philosophes telles que Diogène Laërce les a rapportées ? Pourquoi lire de près les conseils de maîtrise que Sénèque donne à Lucilius ? Pourquoi écouter soigneusement les leçons d'Épictète ?
Ne serait-ce pas naïf d'imaginer y trouver des règles de vie ? Au mieux, n'inclinent-elles pas seulement à vouloir donner le change à autrui, quelquefois à se mentir à soi-même ?

" C'est devenu pour nous un besoin que nous ne pouvons satisfaire dans la réalité, d'entendre, dans les situations les plus difficiles, des hommes parler bien et tout au long : nous sommes maintenant ravis lorsque les héros tragiques trouvent encore des paroles, des raisons, des gestes éloquents et en somme un esprit clair, là où la vie s'approche des gouffres et où l'homme réel perd généralement la tête et certainement le beau langage. Cette espèce de déviation de la nature est peut-être la pâture la plus agréable pour la fierté de l'homme ." (Nietzsche, Le Gai savoir, II, 80)

Qui peut en effet accepter totalement de n'être rien de mieux qu'un homme réel ?