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jeudi 29 juin 2017

Marc-Aurèle croyait-il en ses pensées ?

Dans le premier volume de La mise en scène de la vie quotidienne (1959), Erving Goffman distingue l'acteur sincère de l'acteur cynique :
" Quand l'acteur ne croit pas en son propre jeu, on parlera alors de cynisme par opposition à la "sincérité " qu'on réservera aux acteurs qui croient en l'impression produite par leur propre représentation." (Les Éditions de Minuit, 1973, p. 25)
Les cyniques sont alors divisés en deux groupes : ceux qui trompent leur public " dans le dessein de satisfaire leur " intérêt personnel " ou d'en tirer un bénéfice privé " et ceux qui trompent leur public " pour le bien présumé de ce public ou pour le bien de la collectivité, etc." (ibid. p.26). En vue de donner des exemples de ce cynisme que j'appellerai altruiste, Goffman ajoute :
" Il est facile d'en donner des exemples, sans avoir même à évoquer le cas de comédiens très célèbres tels que Marc-Aurèle ou Hsun Tzu. "
Mais quels sont les exemples ordinaires pris à la suite destinés à faire comprendre ce qu'est le cynisme altruiste ?
" (...) Médecins amenés à prescrire des placebos ; pompistes résignés à contrôler plusieurs fois de suite la pression des pneus pour des conductrices inquiètes ; marchands de chaussures qui vendent à leurs clients des souliers dont la pointure est la bonne mais qu'ils présentent comme étant celle (trop grande ou trop petite) que souhaite la cliente ; autant d'exemples d'acteurs cyniques à qui leurs publics ne permettent pas d'être sincères."
Trois types de professionnels rendant donc un excellent service au client tout en le trompant pour son bien. Voyons donc Marc-Aurèle sous ce jour : cela conduit en premier lieu à inférer que les Pensées ne sont pas des textes écrits par l' empereur en vue de se modifier mais en vue de modifier le lecteur. Pourquoi pas ? Mais Marc-Aurèle est-il médecin ou pompiste ou chausseur ?
Les Pensées comme placebo ? C'est cruel pour le stoïcisme, mais concevable : Marc-Aurèle aurait su que la seule efficacité de ses conseils vient de la croyance dans leur efficacité. Sauf qu'on aurait affaire à un médecin qui n'aurait prescrit de toute sa carrière que des placebos... Il aurait fait semblant de transmettre des vérités sur la bonne vie en sachant que la bonne vie est produite par la croyance en l'existence de règles de bonne vie. Cette révision à la baisse de Marc-Aurèle dépasse de loin celle à laquelle a procédé Pierre Vesperini et pourrait conduire à mettre dans le même panier les moralistes de tout bord...
Dois-je alors plutôt voir Marc-Aurèle en pompiste ? Il est vrai que l'auteur se répète beaucoup. Ne serait-ce que pour s'adapter à l'anxiété supposée de ses lecteurs ? Le retour des mêmes thèmes aurait -il pour fin non d'assurer son auteur de la vérité de ses croyances mais de rassurer des lecteurs craignant d'avoir mal compris ?
Quant au Marc-Aurèle, chausseur, comment le comprendre ? Marc-Aurèle ne parle pas directement de son texte dans les Pensées. Où dirait-il sur son oeuvre quelque chose de faux dans le but de communiquer les vérités à son public ?
La suite du texte de Goffman va-t-elle m'éclairer ? Le sociologue y évoque deux exemples de cynisme altruiste, distincts des précédents, puisqu'il s'agit désormais non plus de conduites d' "experts" mais de conduites, disons, de "dominés" :
" De même, dans les hôpitaux psychiatriques, des malades compatissants feignent parfois, me semble-t-il, de présenter des symptômes bizarres afin de ne pas décevoir les élèves-infirmières par un comportement normal. De même encore, des subordonnés qui réservent à des supérieurs en visite la réception la plus somptueuse qu'ils puissent offrir, peuvent dans ce cas ne pas obéir seulement au désir égoïste de gagner leur faveur mais s'efforcer par délicatesse de mettre le supérieur à l'aise en reconstituant le genre de vie auquel il est censé être habitué."
Il s'agit donc de dominés trompant le dominant en vue de lui faire plaisir et pas seulement avec une arrière-pensée égoïste. Cela dit, comment identifier l'empereur romain à un dominé ? Non, c'est insoutenable.
Je suis donc réduit à deux possibilités : ou bien Marc-Aurèle exposerait des pensées qu'il ne tient pas pour vraies mais qu'il présente comme vraies à ses lecteurs en vue de leur rendre service, c'est le donneur de placebos ; ou bien il exposerait des pensées qu'il tient pour vraies mais sous une forme à laquelle il ne donne de la valeur que parce qu'il sait que le public y tient : ainsi pourrait-il faire semblant de s'adresser à lui-même, sachant que la croyance du lecteur dans l'intimité des pensées contribue, en leur donnant un prix, à l'acceptation de la vérité de ces mêmes pensées (ça pourrait être le Marc-Aurèle mentant sur la pointure des chaussures).
Cela dit, Erving Goffman reconnaît qu'un comédien cynique peut se prendre à son jeu et se transformer en comédien sincère :
" Durant les quatre ou cinq dernières années, un couple marié, d'origine paysanne, avait dirigé l'hôtel touristique de l'île (de Shetland), dont il était propriétaire. Dès le début, ces personnes s'étaient imposé de faire abstraction de leurs propres conceptions de l'existence, pour offrir à la clientèle bourgeoise de l'hôtel toute la gamme des services et des commodités qu'elle pouvait attendre. Mais petit à petit, les directeurs en vinrent à considérer leur mise en scène avec moins de cynisme et se montrèrent de plus en plus conquis par la personnalité que leurs clients leur prêtaient." (p.27)
Qui sait ? Dans cette hypothèse, Marc-Aurèle en est peut-être venu à se prendre pour un philosophe stoïcien ? Mais, s'il avait été sincère, il aurait pu aussi devenir cynique, voire naviguer entre cynisme et sincérité :
" Les professions qui inspirent au public un respect religieux amènent souvent leurs agents à évoluer en ce sens ; non pas parce que ceux-ci prennent progressivement conscience de tromper leur public - en effet, leurs affirmations peuvent fort bien être irréprochables au regard des normes sociales habituelles - mais parce que cette sorte de cynisme leur permet de soustraire leur moi profond au public. On peut même s'attendre dans ce cas à une évolution typique de la croyance, depuis une certaine forme d'adhésion de l'acteur au rôle qu'il est tenu de jouer jusqu'à un va-et-vient entre la sincérité et le cynisme qui permet de passer par toutes les phases et tous les degrés de la conviction." (p.28)
Erving Goffman finit par évoquer un point d'équilibre entre cynisme et sincérité (mais n'est-ce pas plutôt le mensonge à soi-même qui est ainsi décrit ?) :
" (...) on ne peut ignorer l'existence d'une sorte de point intermédiaire où l'on peut se tenir au prix d'une relative lucidité sur soi. L'acteur peut tenter d'amener son public à juger et lui-même et la situation qu'il instaure d'une façon déterminée, et tenir l'obtention de ce jugement comme une fin en soi, sans pour autant croire vraiment qu'il mérite l'appréciation escomptée et qu'il donne une indiscutable impression de réalité." (p.29)
C'est peut-être le rapport que le professeur de philosophie entretient avec ses croyances sur la valeur de la philosophie...

Commentaires

1. Le mercredi 12 juillet 2017, 10:41 par pelle scagna
Goffman a l'air de supposer qu'on est cynique en vue d'une fin (tromper les gens et en tirer un bénéfice). Mais le cynisme e peut il être une attitude qui n'a pas pour but une filouterie, mais simplement une forme d'acceptation de la valeur d'insincérité ? Il y a des cyniques par calcul, mais aussi sans calcul. Je ne parle pas de Diogène, mais des modernes cyniques, comme Cioran ou Foucault.
2. Le lundi 31 juillet 2017, 16:25 par Philalethe
Le cynisme antique ne doutait pas de la réalité ni de la vérité et poussait la sincérité jusqu'à la provocation au service de la vérité. 
Peut-on dire de Cioran et de Foucault qu'ils ont poussé la sincérité jusqu'au doute sur la valeur de la sincérité (et de la vérité) ? Mais ont-ils donné du prix à l'insincérité ? N'ont-ils pas juste disqualifié la sincérité reposant sur la croyance dans la vérité, au prix de la contradiction ?

Mais je me demande si on peut mettre Cioran et Foucault dans le même sac. Cioran doute-t-il vraiment de la vérité ? C'est un réel inconvénient d'être né. Peut-être était-il porté à insister sur le rapport entre ses humeurs et ses textes, mais dans le sens où l'humeur mélancolique donne accès à la réalité. Foucault n'était-il pas beaucoup plus perspectiviste ?

lundi 26 juin 2017

L'impuissance des dieux.

J'ai insisté souvent sur la croyance d'Épictète dans la providence. Mais on notera tout de même que les premières lignes des Entretiens limitent clairement le pouvoir des dieux. Épictète y introduit la distinction célèbre entre ce qui dépend de nous, c'est-à-dire l'usage correct des réprésentations, de ce qui ne dépend pas de nous et qui englobe donc tout le reste. Mais au lecteur qui se demande pour quelle raison pas plus ne dépend de nous, Épictète répond :
" Est-ce parce qu'ils (les dieux) ne l'ont pas voulu ? Je crois bien qu'ils nous auraient aussi confié ce reste, s'ils l'avaient pu ; mais ils ne le pouvaient absolument pas ; séjournant sur la terre, liés à un corps tel que le nôtre et sujets à de telles compagnies, comment aurions-nous pu éviter les obstacles des choses extérieures ? "( I, 8-9)
C'est la traduction de Bréhier, revue par Aubenque. Celle, plus récente de Robert Muller, clarifie la référence aux compagnies en proposant de traduire κοινωνός par compagnon : " (...) liés à un corps tel que le nôtre et à des compagnons tels que les nôtres (...)"
Et c'est le plus grand des dieux, Zeus, qui, dans la phrase suivante, confirme qu'on ne peut pas associer l'omnipotence aux dieux stoïciens (comme on ne pouvait pas plus le faire avec les dieux de la religion ordinaire) :
" Que dit Zeus ? " Épictète, si je l'avais pu, j'aurais créé libres et sans entraves même ton petit corps, même ton petit bien. Mais songes-y bien, ce corps n'est pas à toi, c'est de l'argile joliment pétrie. Comme je ne le pouvais pas, je t'ai fait don d'une parcelle de ce qui est à nous, cette puissance de vouloir et de ne pas vouloir (...) " (trad. Bréhier)
Le fait que l'on ait à distinguer ce qui dépend de nous de ce qui n'en dépend pas ne dépend donc qu'à moitié des dieux au sens où, étant complètement incapables d'empêcher ce qu'on pourrait appeler l'interdépendance des corps (et plus généralement des biens) et donc l'essentielle vulnérablité des uns et des autres, ils ont remédié à cette "donnée" en accordant l'indépendance de la raison et de son usage. Peut-on alors aller jusqu'à soutenir que cette indépendance est donc de l'ordre du moindre bien ?
Si oui, alors, même s'il est vrai que le problème de la théodicée ne semble pas se poser dans le stoïcisme, vu qu'on n'a pas à défendre la justice de Dieu de l'accusation le rendant responsable de maux et de biens injustement distribués aux hommes - car précisément ce qui est distribué sans tenir compte de la moralité des hommes, comme par exemple la durée de la vie ou la santé n'est ni un mal ni un bien - , néanmoins ce vrai bien que Dieu donne à tout homme et qui consiste à pouvoir juger la réalité telle qu'elle est, serait, dans ces premières lignes des Entretiens, comme un bien de substitution remplaçant ce bien impossible réellement mais tout de même imaginable, un corps personnel indépendant des corps des autres.

jeudi 15 juin 2017

Trois manières de voir les défauts des corps des autres (Marc-Aurèle et Pascal)

Marc-Aurèle a écrit dans les Pensées :
" Te mets-tu en colère contre un homme qui sent le bouc ou dont l'haleine est fétide ? À quoi bon ? Il a la bouche qu'il a ou de telles aisselles émane nécessairement cette odeur. " (V,28)
À ce propos, Victor Goldschmidt cite dans une note de l'édition de la Pléiade ces lignes des Pensées de Pascal :
" Ma fantaisie me fait haïr un croasseur et un qui souffle en mangeant." (II, 86, Br.)
Il renvoie aussi à un autre texte de Marc-Aurèle :
" Comment sont-ils quand ils mangent, quand ils dorment, font l'amour ou vont à la selle, et caetera ? Et puis quand ils prennent un air viril et imposant, ou bien quand ils se fâchent et blâment autrui avec excès ? Peu avant, de combien de maîtres étaient-ils esclaves et de combien de manières l'étaient-ils ? Et peu après ils en seront au même point." (X,19)
Or, malgré que ces trois textes décrivent le corps d'autrui de manière dépréciative, ils ne convergent pas du tout au niveau de leur sens. Commençons avec les deux premiers, pour les mieux comprendre, voici d'abord en entier comment ils se terminent :
Marc-Aurèle :
" - Mais l'homme, dira-t-on, possède la raison, et il peut, en y réfléchissant, comprendre quels sont ses défauts. - À ton aise ! Pourtant, toi aussi, tu as la raison ; mets donc en mouvement ses facultés raisonnables au moyen des tiennes : guide-le, fais le penser. S'il comprend, tu le guériras, et il n'y a pas besoin de colère. " Ni tragédien ni courtisane." "
Pascal :
" La fantaisie a grand poids. Que profiterons-nous de là ? Que nous suivrons ce poids à cause qu'il est naturel ? Non. Mais que nous y résisterons..."
Certes les deux textes engagent le colérique et le haineux à cesser de l'être. Mais les raisons du changement ne sont pas les mêmes dans les deux cas : les défauts contre lesquels le colérique se met en colère sont à la fois réels et nécessaires. C'est même de la connaissance de cette réalité nécessaire que Marc-Aurèle attend qu'elle dépassionne le coléreux (Spinoza parmi d'autres reprendra cette idée). Ces défauts réels sont supprimables par la raison, qu'il s'agisse directement de la raison de l'homme qui se néglige ou indirectement de celle du colérique. Marc-Aurèle ne met donc pas plus en doute la négativité du défaut (la propreté du corps étant l'indice d'une reconnaissance de la valeur de l'homme) que la possibilité de sa suppression par la médiation d'un remède raisonnable. Les défauts, sans justifier pour autant l'émotion, n'existent pas que du point de vue du regard de qui se met en colère.
En revanche, on voit nettement que dans le texte pascalien, c'est l'imagination qui constitue en défauts insupportables deux propriétés réelles anodines. Il y a aussi remède à fournir mais il s'adresse à celui qui imagine. Cependant est-ce vraiment exact de qualifier d'anodines cette manière de parler comme cette manière de manger ? Certes qui est éduqué ne se conduirait pas ainsi mais, à la différence des défauts de l'homme négligé, ils n'indiquent pas un grave relâchement moral.
Pour résumer, le coléreux de Marc-Aurèle réagit mal à un défaut corrigible alors que le haineux de Pascal doit se corriger pour ne pas pouvoir faire abstraction d' un détail de médiocre importance.
Ainsi serais-je porté à créditer Marc-Aurèle d'une conception réaliste du défaut alors que Pascal met l'accent sur le défaut comme construction subjective (même si le haineux n'invente pas le défaut à partir de rien).
Quant au sens du second texte de Marc-Aurèle, il est tout à fait distinct. L'empereur encourage lui-même et donc son lecteur à imaginer autrui dans des conduites qui le rabaissent, soit parce qu'elles manifestent son animalité, soit parce qu'elles montrent son absence de sagesse. Mais pourquoi donc ? Je crois qu'il s'agit ici de ce que Sandrine Alexandre a appelé la "redescription dégradante". Il ne s'agit pas de prendre ses distances par rapport à une émotion déplacée, mais de prévenir une émotion dérangeante en la tuant dans l'oeuf : on peut penser qu'il s'agit d'une stratégie destinée par exemple à ne pas se laisser impressionner par des importants.
Il y a donc ici trois rapports différents avec le corps d'autrui : les deux premiers révèlent une fragilité émotive, alors que le troisième naît d'un usage maîtrisé et raisonnable de l'imagination. La fragilité émotive que dénonce Marc-Aurèle accompagne la représentation d'un défaut réel du corps d'autrui et en même temps de sa personne ; celle que pointe Pascal traduit l'obstacle que représente l'imagination du point de vue d'un jugement fondé.
Le rapport colérique avec le corps d'autrui doit donc être remplacé par un rapport pédagogique avec la raison liée à ce corps.
Au rapport haineux et imaginaire du personnage pascalien doit se subsituer un nouveau rapport du haineux avec sa propre imagination.
Enfin et bien sûr le rapport imaginé avec les corps possibles d'autrui n'a lui aucune raison de disparaître, tant il sert la bonne philosophie.

Commentaires

1. Le samedi 17 juin 2017, 08:26 par geena llapsc
Je me demande bien ce que c'était qu'être propre au temps de Marc Aurèle. Il y avait des thermes, mais seuls les riches citoyens y avaient accès. Comment se mettre en colère contre un homme qui n'a aucun moyen de se laver ?
Pierre Vesperini vous dirait que cela montre que la philosophie de Marc Aurèle est une hygiène.
2. Le samedi 17 juin 2017, 11:59 par Philalèthe
Non, lisez Carcopino, sa Vie quotidienne à Rome à l'apogée de l'Empire, être propre est possible pour les plus pauvres :
" Avec les thermes, le régime impérial a mis l'hygiène à l'ordre du jour de la Cité et à la portée des masses ; et, dans le décor féérique dont il s'est plu à les encadrer, il a fait des exercices et des soins corporels un plaisir aimé de tous, un délaissement accessible aux plus humbles." (Hachette, 1939, p.294). 
Il devait donc y avoir de la "mixité sociale" dans les bains publics, c'est pourquoi dans son digest des cours d'Épictète, Arrien introduit dès le quatrième paragraphe la question des bains : " si tu sors te baigner, représente-toi ce qui se passe au bain : on vous éclabousse, on vous bouscule, on vous injurie, on vous vole."
Quant à faire du stoïcisme, une hygième de vie... Malgré les brillants avertissements de Pierre Vesperini, je continue de voir Marc-Aurèle comme un philosophe stoïcien...
3. Le dimanche 18 juin 2017, 15:42 par geena llapsc
Carcopino se lavait aux eaux de Vichy. je doute que tout le monde avait accès aux bains. Les patriciens seuls, peut être
quelques gens du peuple.
Vesperini me semble avoir raison sur MarcAurèle. sans doute pas sur Chrysippe ou epictète
4. Le dimanche 18 juin 2017, 15:49 par Philalethe
Vous voulez dire que Carcopino, jugeant Rome, se serait laissé abuser par l'idée d'une France propre ?
5. Le jeudi 22 juin 2017, 19:41 par geena llapsc
non, mais j'aimerais savoir quelle était la possibilité réelle d'être propre dans l'antiquité. Si je comprends bien, avant Vespasien, empereur tardif, il n'y avait pas de vespasiennes. Les patriciens se nettoyaient mais le peuple , les esclaves, les citoyens ordinaires ? Quand on visie Pompéi
on voit des latrines, des lieux publics. Mais curait on ses ongles ( Socrate mentionne la crasse sous les ongles quand il s'agit des Idées) ? Plutarque parle des coiffeurs.
Et qui de l'hygiène sexuelle, dont on a des aperçus enlisant Martial ? je me dmande s'il y a une doc là dessus
6. Le vendredi 23 juin 2017, 12:21 par Philalèthe
Malheureusement le livre de Vigarello Le propre et le sale commence au Moyen-Âge, l' Histoire du corps de Corbin à la Renaissance... Je ne vois pas d'ouvrage de qualité sur ces questions mais je partage votre curiosité...

Pour introduire à une conception réaliste du beau.

" Tout ce qui est beau, de quelque manière que ce soit, est beau de soi-même et se termine à soi-même ; l'éloge qu'on en fait n'est pas une partie de lui-même; il ne devient ni pire ni meilleur pour être loué. Et je dis cela à propos des beautés les plus communes, de celle des choses matérielles, par exemple, ou des produits de l'art." (Marc-Aurèle, Pensées, IV, 20)
J'aime bien aussi cette pensée qui distingue, comme on ne fait plus guère, tort réel de tort imaginé :
" Nie l'opinion, et " on m'a fait tort " se trouve nié. Nie : " l'on m'a fait tort ", et c'est le tort qui se trouve nié." (IV, 7)