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lundi 30 septembre 2019

Greguería n° 162

" Desnudez mísera : la de ponerse frente a los rayos X."
" Misérable nudité : se placer face aux rayons X."

dimanche 29 septembre 2019

Greguería n° 161

" Al barrer la peluquería se mezclan todos los pelos caídos y se forma el gris verdaderamente humano."
" Quand on balaie le salon de coiffure, tous les cheveux tombés au sol se mélangent et cela donne le gris vraiment humain."

samedi 28 septembre 2019

Greguería n° 160

" Los corderos llenan de B B B B B el paisaje."
" Les moutons remplissent le paysage de B B B B B."

vendredi 27 septembre 2019

Greguería n° 159

" Se le iba el ángel de la guarda dejándolo sin custodia, y entonces decidió cortarle un poco un ala."
" Son ange gardien s'en allait, le laissant sans surveillance, alors il a décidé de lui couper un peu une aile."

jeudi 26 septembre 2019

Greguería n° 158

" Hay quienes se acuestan en las playas tomando posturas de fósiles."
" Il y en a qui se couchent sur les plages en prenant des postures de fossiles."

mercredi 25 septembre 2019

Greguería n° 157

" Aquella mujer me miró como a un taxi ocupado."
" Cette femme m'a regardé comme on regarde un taxi occupé."

Commentaires

1. Le jeudi 26 septembre 2019, 13:53 par gerardgrig
Il existe une version populaire, avec les toilettes publiques pour décor, de cette blague de café, qui est une sorte de revanche des femmes, parce que l'humour les prend habituellement pour cible. Dans les deux versions de la blague, faire du lieu occupé une métaphore de l'homme au cœur déjà pris manifeste une causticité un peu cavalière, mais de bon aloi. Le deuxième terme de l'alternative est la punchline de l'histoire. On imagine qu'il sera beaucoup plus assassin, dans la version française, avec la comparaison entre un lieu vide, dans un état plutôt négligé, et un homme assez répulsif, qui s'attire un qualificatif scatologique dans le registre de la familiarité. Heureusement, Ramón n'était pas Céline. Il ne donnait jamais dans le populisme.
2. Le dimanche 27 octobre 2019, 19:51 par Philalethe
Certaines greguerías sont très souvent violemment misogynes. Comme je ne cherche pas à travers ma sélection minuscule à donner d'elles une image représentative, je ne souhaite pas les traduire. Cette gregueria, elle, est d'une misogynie modérée.

mardi 24 septembre 2019

Greguería n° 156

" Su coincidencia telefónica era tal, que ella y él marcaban al mismo tiempo los números respectivos de sus teléfonos y siempre se encontraban con que estaban comunicando."
" Ils coïncidaient tellement téléphoniquement qu'elle et lui faisaient au même instant le numéro de l'autre et trouvaient toujours le téléphone occupé."

lundi 23 septembre 2019

Greguería n° 155

" No viajo por no caer en el engaño de creerme en otro sitio al despertar."
" Je ne voyage pas pour ne pas tomber dans l'illusion de me croire dans un autre endroit en me réveillant."

Commentaires

1. Le lundi 28 octobre 2019, 11:33 par gerardgrig
Cette gregueria semble être d'inspiration platonicienne. Il y a une Hypothèse du "Parménide" sur la stabilité du mouvement et sur le mouvement de la chose qui reste au même endroit.
2. Le lundi 4 novembre 2019, 19:47 par Philalèthe
Je crois que cette greguería fait douter non du mouvement du cerveau et de l'homme dont il est le cerveau, mais du changement de l'esprit qui va avec et des situations qu'il vit.

dimanche 22 septembre 2019

Greguería n° 154

" El queso de Gruyère nos esta diciendo : " ¡ Hay que tener mucho ojo !"
" Le fromage de Gruyère nous dit : " Il faut être tout yeux !"

Commentaires

1. Le mercredi 25 septembre 2019, 10:43 par gerardgrig
On connaît depuis peu l'explication de la présence de trous dans le fromage de gruyère. On est heureux pour le progrès de la science, mais comme dans le cas de la démonstration du théorème de Fermat, on est déçu qu'une énigme de plus, qui a occupé de nombreuses générations, soit résolue. Ramón a encore de la chance, et il peut se livrer sans retenue aux joies de la pensée pré-logique, sur un fond d'exercice pataphysique plutôt drôle, car il mélange l'animisme ou l'anthropomorphisme à une production humaine, dans le registre familier de l'alimentation. Les Suisses, qui continuent à faire de l'agriculture un peu inutilement, avaient remarqué qu'il y avait de moins en moins de trous dans le gruyère, ce qui compliquait l'énigme. Aujourd'hui, les chercheurs disent que les trous sont dûs à la production de gaz par les brins de foin, tombés dans le lait lors de la traite, pendant la fermentation.
2. Le jeudi 26 septembre 2019, 13:11 par gerardgrig
Et Ramón nous gratifie d'une superbe gravure, qui pourrait servir pour une affiche publicitaire. Il avait peut-être des rêves secrets d'épicerie. Quant au nombre de trous qui diminuent dans le gruyère, c'est dû à l'amélioration de l'hygiène de la vache.
3. Le dimanche 27 octobre 2019, 20:02 par Philalethe
Ce fromage est comme La Bruyère : il nous pousse à prêter attention !

samedi 21 septembre 2019

Greguería n° 153

" Era tan ostentoso, que ponía dos sellos de cinco en vez de uno de diez."
" Il était tellement dans l'ostentation qu'il mettait deux timbres de cinq à la place d'un de dix. "

vendredi 20 septembre 2019

Greguería n° 152

" Era tan pobre, que tenía que soñar sueños de segunda mano."
" Il était si pauvre, qu'il ne pouvait pas faire autrement que rêver des rêves d'occasion."

mercredi 18 septembre 2019

Greguería n° 150


" Estaba tan bella porque se había puesto como pendientes dos lágrimas antiguas."
" Pour avoir mis en boucles d'oreilles deux larmes du passé, elle était si belle."

mardi 17 septembre 2019

Greguería n° 149

" Lo que más indigna al lavaplatos es que lleguen como besos muertos las huellas del rouge."
" Ce qui indigne le plus le plongeur est que les traces de rouge à lèvre arrivent comme des baisers morts."

lundi 16 septembre 2019

Greguería n° 148

"Hay unos aficionados a los hoteles Términus que acaban en un manicomio, el hotel Términus por excelencia."
" Il y a des amateurs d'hôtels Terminus, qui finissent à l'asile, hôtel Terminus par excellence."

dimanche 15 septembre 2019

Greguería n° 147

" Un discurso, como un buen traje, tiene que estar hecho a la medida del auditorio. ¡Eso es lo malo!"
" Un discours, comme un bon costume, doit être fait à la mesure de l'auditoire. C'est le problème ! "

samedi 14 septembre 2019

Greguería n° 146


" Levántate y lávate."
" Lève-toi et lave-toi."

Commentaires

1. Le mardi 15 octobre 2019, 20:42 par gerardgrig
Il est intéressant de repérer les pulsions de philosophie antique chez Ramón. Ici, il fait un tropisme diogéniste.
2. Le dimanche 27 octobre 2019, 20:41 par Philalèthe
Diogène, lui, ne se levait pas, même quand il l'aurait dû.
3. Le lundi 28 octobre 2019, 14:34 par gerardgrig
Le problème du jeu de mots, ce jeu formel si fascinant auquel on ne sait pas résister, c'est qu'il a toujours une signification qui nous dépasse, un fond que l'on n'a pas voulu. Ramón ne cherchait peut-être qu'à faire de l'esprit, mais on ne peut s'empêcher de voir dans son bon mot un léger syndrome diogéniste. On peut faire pire, quand par exemple on dit en société qu'il ne faut pas confondre un percussionniste israélien et un percu sioniste. On prend parti, sans trop savoir où ni comment, dans la géopolitique du Proche-Orient.
4. Le lundi 4 novembre 2019, 19:22 par Philalèthe
Oui, la musique verbale à la différence de l'autre a toujours du sens...

Les aveux du professeur de philosophie : que vaut un enseignement sincère ?

Dans Courrier Sud (1929), Antoine de Saint-Exupéry décrit la rencontre du narrateur et de Jacques Bernis, deux pilotes aguerris de l'aviation civile, avec leurs anciens professeurs :
" Ils étaient faibles car ils devenaient indulgents, car notre paresse d'autrefois, qui devait nous conduire au vice, à la misère, n'était plus qu'un défaut d'enfant, ils en souriaient ; car notre orgueil, qu'ils nous menaient vaincre avec tant de fougue, ils le flattaient, ce soir, le disaient noble." (La Pléiade, 1959, p. 10).
Bien sûr, face à la possibilité de l'échec on ne dit pas la même chose qu'en présence de la réalité du succès. On enseigne la prudence aux apprentis et on félicite de leur audace les vainqueurs courageux. Mais c'est le discours du professeur de philosophie qui retient particulièrement mon attention :
" Nous tenions même des aveux du maître de philosophie.
Descartes avait, peut-être, appuyé son système sur une pétition de principe. Pascal... Pascal était cruel. Lui-même terminait sa vie, sans résoudre, malgré tant d'efforts, le vieux problème de la liberté humaine. Et lui, qui nous défendait de toutes ses forces contre le déterminisme, contre Taine, lui, qui ne voyait pas d'ennemi plus cruel dans la vie, pour des enfants qui sortent du collège, que Nietzsche, il nous avouait des tendresses coupables. Nietzsche... Nietzsche lui-même le troublait. Et la réalité de la matière... Il ne savait plus, il s'inquiétait..." (p. 11)
Ce professeur prépare les lycéens au bachot. Ces derniers découvrent la philosophie pour la première fois. Manifestement leur professeur n'a pas enseigné en toute sincérité : d'abord, il a présenté Descartes et Pascal non comme il les jugeait mais comme eux-mêmes se présentaient, le premier comme construisant une philosophie fondée sur une première vérité indubitable, le second comme animé par un esprit chrétien ; ensuite il a fait comme si les problèmes philosophiques pouvaient être réglés : plus exactement il a prétendu donner de bonnes raisons de croire à la supériorité de l'idéalisme indéterministe sur le matérialisme déterministe ; enfin, jugeant certains penseurs dangereux éthiquement et peut-être eudémoniquement (ici il s'agit de Nietzsche), il a détourné ses élèves de la lecture de leurs oeuvres.
Autrement dit, à des fins autant didactiques que morales, le professeur de philosophie a donné à ses cours un ton plus dogmatique et assuré que celui que dans son for intérieur il pensait justifié. Ce professeur applique à ses cours l'esprit de Platon tel qu'on le connaît dans La République, selon lequel la philosophie est bien dangereuse pour les jeunes esprits et que si on la livre à eux, ils s'en serviront moins pour fortifier leur pensée que pour en aiguiser leurs armes.
Presque un siècle plus tard, le professeur de philosophie éduquant des jeunes gens ayant désormais comme idées reçues certains legs de l' herméneutique du soupçon, peut être enclin à juger que les réticences à explorer en classe par exemple le dessous des choses, même si on pense une telle exploration épistémiquement légitime, ont pédagogiquement quelque chose de bon. Certes la distinction entre un enseignement qui se censure à des fins à première vue pédagogiques mais au fond épistémiques et un enseignement dégoulinant de moraline doit être toujours fermement maintenue.
En tout cas, plus largement encore, on ne doit pas confondre ne pas être sincère par respect de la vérité (précisément par souci de faire respecter la vérité par les élèves), ne pas être sincère par souci de la moralité des élèves et ne pas être sincère par souci du bonheur des élèves. Certes ces trois insincérités sont également nobles mais elles n'ont pas nécessairement la même valeur.

vendredi 13 septembre 2019

Greguería n° 145

" El niño grita : " ¡ No vale !..." " ¡ Dos contra uno ! " y no sabe que toda la vida es eso : dos contra uno."
" L'enfant crie : " Ça ne va pas ! ", " Vous êtes deux contre un ! ", il ne sait pas que toute la vie, c'est ça : deux contre un."

Commentaires

1. Le mercredi 18 septembre 2019, 13:14 par gerardgrig
Ramón était féru de psychanalyse. Cette gregueria est assez œdipienne. Elle triangule, avec un scénario familial qui s'applique à toute la vie d'un individu. Il y a du Freud, mais il y a aussi Adler, avec le complexe d'infériorité de celui qui a toujours le dessous. En outre, la gregueria décrit une situation stéréotypée, alors que la vie nous montre fréquemment le contraire, à savoir l'enfant désobéissant et agité, qui n'écoute pas, qui fait ce qu'il veut, et surtout des caprices, parce que les parents ne s'entendent pas sur son éducation, et qu'ils se critiquent réciproquement devant lui. Nous sommes beaucoup à avoir un peu raté notre éducation à cause de cela, si sympathiques qu'aient été nos parents.
2. Le dimanche 27 octobre 2019, 20:11 par Philalethe
Oui, c'est l'enfant d'antan avec un désir oedipien impossible à réaliser.

jeudi 12 septembre 2019

Greguería n° 144

" El amor nace del deseo repentino de hacer eterno el pasajero."
" L'amour naît du désir soudain de rendre éternel l'éphémère."

Commentaires

1. Le vendredi 18 octobre 2019, 16:06 par gerardgrig
Les Greguerias sont un travail d'ingéniérie littéraire passionnant. Ce n'est pas un hasard si Paul Valéry, qui notait aussi ses pensées en vrac de bonne heure le matin dans des cahiers, tenait Ramon pour l'un des grands auteurs du XXème siècle. Les Greguerias sont une oeuvre en train de se faire sous nos yeux. Dans cette gregueria, Ramon part volontairement d'un poncif éculé. Il est captivant de voir ensuite ce qu'il va en faire, s'il y revient.
2. Le dimanche 27 octobre 2019, 20:30 par Philalethe
Je doute que cette greguería nous livre le matériau brut d'une future démystification. Elle est plutôt d'une lucidité mélancolique.

mardi 10 septembre 2019

lundi 9 septembre 2019

Greguería n° 142

" ¡ Pobre ! Hasta la memoria le era infiel."
" Le pauvre ! Même la mémoire lui était infidèle."

dimanche 8 septembre 2019

Greguería n° 141

" Dejamos la ropa en la oscuridad de la alcoba como para ir a bañarnos en el río del sueño ; pero un día nos robarán el cuerpo y nos dejarán la ropa."
" Nous laissons nos vêtements dans l'obscurité de l'alcove comme pour aller nous baigner dans la rivière du rêve mais un jour on nous volera le corps et on nous laissera les vêtements."

samedi 7 septembre 2019

Greguería n° 140


" Buen turista : el que sabe dónde perdió los botones que le faltan al acabar el viaje."
" Le bon touriste est celui qui, le voyage fini, sait où il a perdu les boutons qui lui manquent."

Commentaires

1. Le mercredi 11 septembre 2019, 00:01 par gerardgrig
Si Ramón veut évoquer la bêtise touristique par le biais de son contraire, qui serait l'apanage du bon touriste, on est surpris. On s'attendrait plutôt à ce que le bon touriste oublie ses petits soucis de garde-robe, pour mieux s'immerger dans d'autres cultures afin de s'enrichir par leur découverte.
2. Le lundi 16 septembre 2019, 10:30 par Philalèthe
Mais si on sait où on a perdu les boutons, on a nécessairement identifié avec précision les lieux traversés. Certes on ne s' est pas immergé en eux au point de s'y oublier.

vendredi 6 septembre 2019

jeudi 5 septembre 2019

Greguería n° 138

" Hay en los andenes unos hombres " idos " y, sin embargo, estacionados allí que esperan que llegue en un tren un niño que no nació."
" Il y a sur les quais quelques hommes " qui déménagent " et qui, pourtant, stationnent là, à attendre qu' arrive dans un train un enfant qui n'est jamais né."

mercredi 4 septembre 2019

Greguería n° 137

" En los ojos está el carrete con el número exacto de las microfotografías que podremos hacer a lo largo de la vida."
" Dans les yeux il y a une pellicule avec le nombre exact de microphotographies que nous pourrons faire au cours de la vie."

mardi 3 septembre 2019

Greguería n° 136

À Théophile, en espérant qu'il aimera mots et lettres !
" El señor I... iba tan tranquilo cuando los ladrones le asaltaron y se convirtió en el señor Y."
" Monsieur I... marchait bien tranquillement quand les voleurs l'attaquèrent, c'est alors qu'il s'est transformé en monsieur Y."

lundi 2 septembre 2019

Greguería n° 135


" El Zoológico tiene algo de manicomio de animales."
" Le zoo a quelque chose d'un asile d'animaux fous."

dimanche 1 septembre 2019

Greguería n° 134

" Los nietos destiñen a los abuelos."
" Les petits-enfants déteignent sur les grands-parents."