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jeudi 17 juillet 2014

Une illusion parmi d'autres : identifier des raisons là où il n'y a que des causes.

Clarisse, amie d'Ulrich, est dans L'homme sans qualités de Robert Musil un des personnages enclins à réviser à la hausse la valeur de la folie. Après beaucoup de tractations difficiles, elle parvient à visiter la clinique où elle pense pouvoir voir un célèbre fou criminel, Moosbrugger. Elle est accompagnée par le général Stumm von Bordwehr, militaire désireux de mettre sa compétence militaire au service de projets nobles et pleins d'âme. Le Dr Friedenthal, qui pilote les visiteurs, leur présente d'abord d'autres cas :
" Clarisse se trouva en face d'un vieux monsieur qui avait dû appartenir, selon toute apparence, à la meilleure société. Il était assis dans son lit, très droit, pouvait avoir cinquante ans, la peau du visage très blanche. Une chevelure abondante, non moins blanche, encadrait son visage soigné, intelligent, d'une noblesse invraisemblable, telle que l'on n'en voit que dans les très mauvais romans. " Ne pourrait-on le faire peindre ? demanda Stumm von Bordwehr. C'est la beauté spirituelle incarnée ! J'aimerais offrir le portrait à ma cousine ! " dit-il à Ulrich. Le Dr Friedenthal sourit mélancoliquement et dit : " La noblesse de l'expression n'est due qu'au relâchement des muscles faciaux." Il montra encore à ses visiteurs, d'un geste discret de la main, la rigidité pupillaire, et les entraîna plus loin." (Tome 2, 33, p. 389-390)

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