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samedi 29 septembre 2012

La Bruyère sur le stoïcisme (2)

" Combien de belles et inutiles raisons à étaler à celui qui est dans une grande adversité, pour essayer de le rendre tranquille ! Les choses de dehors, qu'on appelle les événements, sont quelquefois plus fortes que la raison et que la nature. " Mangez, dormez, ne vous laissez point mourir de chagrin, songez à vivre" : harangues froides, et qui réduisent à l'impossible. "Êtes vous raisonnable de vous tant inquiéter ?" n'est-ce pas dire : "Êtes-vous fou d'être malheureux ?" (Les CaractèresDe la société et de la conversation, 63)
Julien Benda note : " Réflexion très curieuse pour l'époque, où la position de la plupart des moralistes, élèves des stoïciens, est de refuser d'admettre que "les choses du dehors qu'on appelle les événements sont quelquefois plus fortes que la raison" (p.708, La Pléiade, éd.1941)
Ce texte est franchement plus sombre que le précédent : en effet la nature y était vue comme heureusement plus à même de nous protéger de la fortune que les leçons de la philosophie. Ici la nature elle-même n'est plus d'aucun secours.

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