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mardi 5 juin 2007

Démocrite: les dieux, les hommes, les animaux.

David, philosophe arménien de la fin du cinquième siècle, cite dans ses Prolégomènes à Aristote le texte suivant de Démocrite :
« Et de même que dans l’univers nous voyons d’une part des êtres qui, comme les dieux, ne font que gouverner, d’autre part, des êtres qui à la fois gouvernent et sont gouvernés, comme les êtres humains (ceux-ci en effet sont gouvernés par les dieux en même temps qu’ils gouvernent les bêtes brutes), et enfin des êtres qui ne font qu’être gouvernés, comme les bêtes brutes, de la même façon nous observons dans l’homme qui est un microcosme, cette même répartition. Certaines parties gouvernent exclusivement, comme la raison ; d’autres sont gouvernées et gouvernent, comme le cœur (…) ; d’autres sont simplement gouvernées comme la passion. » (38, 14)
Je ne peux pas ne pas penser à La République de Platon : l’homme juste est celui dont la raison alliée au courage gouverne les passions ; au microcosme individuel Platon fait correspondre le macrocosme social : les gardiens philosophes, les gardiens guerriers et les hommes du peuple, analogues respectivement de la raison, du courage, de la passion.
Sauf qu' ici le macrocosme n’est pas polis mais cosmos, qui s’analyse alors en divin, humain, animal.
Pas de maître parmi les hommes : tous gouvernés par les dieux ; et s’ils ont tout de même des subordonnés, c’est marque de nature et non preuve d’excellence.
Pas de place ici pour l’animal en tant que sauvage: essentiellement il est virtuellement domesticable.
Bénéfice de ce petit texte : faire voir sous un autre aspect l’expression : « les désirs animaux ».

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