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jeudi 27 janvier 2011

La métaphore du pâtre chez Rousseau et Diderot : le souverain-pâtre n'est même pas un pâtre de bestiaux !

On connaît très bien ces lignes de Rousseau, Contrat social (1762), livre I, chapitre II :
" Il est donc douteux, selon Grotius, si le genre humain appartient à une centaine d'hommes, ou si cette centaine d'hommes appartient au genre humain, et il paroit dans tout son livre pancher pour le premier avis ; c'est aussi le sentiment de Hobbes. Ainsi voilà l'espece humaine divisée en troupeaux de bétail, dont chacun a son chef, qui le garde pour le dévorer.
Comme un pâtre est d'une nature supérieure à celle de son troupeau, les pasteurs d'hommes, qui sont leurs chefs, sont aussi d'une nature supérieure à celle de leurs peuples."
On connaît moins celles-ci de Diderot, tirées d'une lettre à Sophie Volland du 10 novembre 1765 :
" Et voilà cet admirable gouvernement anglois, dont le président de Montesquieu a tant dit de bien sans le connoître. Songez, mon amie, que la maxime Salus populi suprema lex esto (que le salut du peuple soit la loi suprême) est une belle ligne, et rien de plus. Celle qui s'observe, s'est observée et s'observera en tous tems, c'est Salus dominantium suprema lex esto (que le salut de ceux qui dominent soit la loi suprême). C'est du pâtre et non du troupeau que la loi est la sauvergarde, avec cette différence que le pâtre de bestiaux a l'attention de mener dans de gras pâturages le boeuf qu'il doit dévorer ; au lieu que le souverain-pâtre nous conduit étiques à la boucherie ".

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