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lundi 25 février 2013

Une lecture bubérienne de la Crise...

Dans La philosophie juive comme guide de vie (2008), Hilary Putnam cite un passage de Martin Buber tiré de Je et Tu. Ces lignes, bien qu’écrites entre 1919 et 1922, ne peuvent-elles pas être lues comme une possible interpellation, adressée aux hommes politiques à l’époque de la Crise ?
« Discoureur, ton discours vient trop tard. Naguère encore tu pouvais y croire ; à présent tu ne le peux plus. Car tu viens de reconnaître comme moi que l’État n’est plus conduit, (…) les chefs font semblant seulement de diriger les machines en pleine course. Et dans cet instant où tu parles, tu entends comme moi que la machinerie de la vie économique se met à bourdonner de façon insolite ; les contremaîtres sourient d’un air supérieur, mais ils ont la mort dans l’âme. Ils te disent qu’ils adaptent leur machinerie aux circonstances ; mais tu t’aperçois qu’ils ne peuvent plus que s’adapter eux-mêmes à leur machinerie tant qu’elle le leur permet encore. Leurs porte-paroles t’expliqueront que l’économie recueille l’héritage de l’État ; mais tu sais qu’il n’y a rien à hériter que la tyrannie du Cela foisonnant sous laquelle le Je, de plus en plus incapable de maîtriser le Cela, rêve encore qu’il en est le maître. » (p.95, Cerf, 2011)

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