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jeudi 20 janvier 2005

Criton, un petit tour et puis s'en va.

Dans le dialogue de Platon qui porte son nom, Criton ne manque pas d’arguments pour persuader Socrate de fuir de la prison en achetant le silence du gardien. On n’entendrait presque que lui dans les premières pages, même s’il se réduit finalement vite, c'est le coup classique avec Socrate, au rôle de muet approbateur de la leçon de morale que lui fait son maître. Il est aussi très présent chez Diogène Laërce mais, d'une autre manière, comme un fidèle dévoué et soucieux avant tout de l'intendance :
« C’est lui surtout qui portait à Socrate une très grande affection (ce début est ambigu : dois-je comprendre que, parmi tous les disciples, il se détache par son extrême attachement ou que Socrate ne lui rendait pas l’affection que Criton lui portait ?) et il s’occupait tellement de lui que jamais Socrate ne manquait de quoi que ce soit dont il pouvait avoir besoin » (II, 121)
Je retrouve cette image d’un Socrate soigné aux petits oignons par ses proches, qu’Aristippe avait déjà évoquée (« il avait pour assurer son approvisionnement les premiers des Athéniens », avait-il rétorqué à qui lui reprochait de faire payer ses élèves). Socrate d’autant plus détaché des biens que ses amis étaient attachés à lui ! Et Criton dans ce cadre apparaît comme le premier des fournisseurs ! Mais il a su produire aussi des enfants qui, je n'en doute pas, auront relayé le père dans l'assistance au Philosophe en danger. C'est congénital le socratisme chez les Criton !
« Et les enfants de Criton : Critobule, Hermogène, Epigène et Ctésippe, furent les auditeurs de Socrate. » (ibid.)
Mais le papa n’assure pas seulement l’intendance, il joue aussi à Platon et écrit comme lui des dialogues, 17, tous perdus comme c'est l'usage, et assez minces pour tenir dans un seul volume. Les érudits rectifient : ils n’auraient en fait rien écrit. Peu importe. Je n'ai jamais pris Diogène Laërce pour un archiviste ! Malheureusement les titres, bien qu'imaginaires, ne font ni méditer ni rêver. C’est du classique, du solide, du traditionnel, pour tout dire : Sur le beauSur la sagesseSur le divin etc. Rien à rajouter. Exit Criton, au premier plan chez Platon, figurant éphémère chez Diogène Laërce.

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